Biographie

 

A l’origine…

Le virus de l’écriture m’a contaminée dès mon plus jeune âge. Enfant déjà, je pouvais passer des heures, enfermée dans ma chambre à noircir des pages de cahiers, imaginant sans cesse de nouvelles histoires. Au début, mon lectorat était très limité et surtout trié sur le volet car il m’était très difficile de montrer mes écrits. Il me fallut des années pour accepter de me faire lire, enfin. De fait, un bon nombre de manuscrits, une fois achevés, furent rangés au fond d’un tiroir, pour ne jamais plus en ressortir.

L’orpheline de Saint Aubin  est l’un d’entre eux et connut dix longues années de sommeil…

Depuis que je suis mère de famille, il est beaucoup plus dur, voire impossible de s’isoler et de s’accorder du temps pour se consacrer à l’écriture. Qu’importe, quand le besoin est là, il faut savoir s’adapter : écrire dans le bruit, assise au milieu des jouets, n’importe où, par terre, dans la cuisine, dans la chambre… (vive les ordinateurs portables !), voler quelques minutes de tranquillité inespérée avant d’être à nouveau dérangée, se laisser happer et oublier les heures de bain et de repas et se lever aux aurores, quand tout est encore calme dans la maison… Dans mon cas, la solitude de l’écrivain, le besoin de silence pendant la création, relève du mythe… ou d’un vœu pieu… Mais c’est tant mieux!

La vie est courte et on n’en a qu’une.

Ecrire alors, pour se donner la possibilité d’en vivre mille autres, comme les poupées russes, à l’infini.

 

Isabelle Chavy et ses histoires de familles

Publié le | Mis à jour le

Isabelle Chavy : « Etre publiée m’a donné un début de légitimité… »
Isabelle Chavy : « Etre publiée m’a donné un début de légitimité… »
© Photo NR

Isabelle Chavy invente et écrit des histoires depuis qu’elle est enfant. Elle prend enfin son envol avec les éditions “ Nouvelles Plumes ”. Rencontre.

Des histoires plein la tête, des carnets pleins d’histoires… Niortaise d’adoption, native de Bourgogne, Isabelle Chavy, 44 ans, a dans son sillage des milliers de lignes. Ses parents le savent bien qui, dans la maison familiale de Bourgogne, conservent dans des cartons une partie de son œuvre, cahiers qu’elle noircissait quand elle était gamine. « Des quantités astronomiques », sourit-elle, faisant remonter sa passion pour l’écriture aux temps scolaires où l’on découvre les cursives, sorte d’urgence vitale qui ne l’a jamais quittée.
“ Pour moi, écrire est comme une promenade ” Aujourd’hui professeur des écoles à Edmond-Proust, dans le quartier de Souché, installée avec mari et enfants à Niort depuis une dizaine d’années, Isabelle Chavy ne cesse jamais d’écrire. Tôt le matin, seule dans le silence de la maisonnée encore endormie quand il s’agit d’un ouvrage au long cours. Et au fil des journées, quand le quotidien lui souffle les courtes saynètes qui nourrissent son blog (isabellechavy.fr). L’exercice relève de l’hygiène. « C’est un moyen de m’évader. Et de vivre plusieurs existences. »
Tous les jours, amoureuse des mots jusqu’à l’obstination, elle peut s’amuser d’une seule phrase pendant des heures, la malaxer comme on pétrit de la matière vivante, la réinventer jusqu’à lui trouver la tournure qui fera sens et puissance.
Si elle griffonne tous les jours (« Même sur des bouts de papier qui finissent à la corbeille. »), elle n’a longtemps écrit que pour elle, s’interdisant d’ouvrir aux autres ce champ lexical qu’elle souhaitait garder secret.
Une fois, pourtant, la timide Isabelle a osé soumettre sa prose à un éditeur, une petite maison de Bourgogne dont elle a oublié le nom. Le refus qu’on lui a retourné l’a persuadée que ses histoires n’intéresseraient définitivement personne d’autre qu’elle. Elle qui n’envisageait ni gloire, ni notoriété s’était accommodée de cette déconvenue.
Du tiroir Sauf que, rassurante au début, l’idée de rester dans l’anonymat est devenue décourageante. « Je me suis dit qu’il était peut-être dommage que personne ne lise ces histoires… » Il y a deux ans, elle a ressorti d’un tiroir un manuscrit qu’elle avait écrit des années plus tôt. Ce roman allait devenir son premier livre publié : l’histoire de l’orpheline de Saint-Aubin…
« J’avais écrit cette histoire en 2004 après la mort de ma grand-mère, une merveilleuse conteuse dont j’avais appris à noter les récits. Après sa disparition, j’ai eu besoin d’écrire une histoire qui ferait du bien. Un baume, en quelque sorte… »
Coup de théâtre Ainsi est née « l’orpheline de Saint-Aubin », fille d’un père tué par la guerre de 14 et d’une mère emportée par la grippe espagnole, recueillie chez une grand-mère acariâtre… Le roman raconte le télescopage de ces deux solitudes qui vont s’apprivoiser dans une résilience commune.
« Je ne m’attendais pas à une réponse des éditions “ Nouvelles Plumes ”, j’ai d’abord pris leur mail pour un spam. Qu’ils retiennent mon roman a été un vrai coup de théâtre. » Ce début de légitimité lui a donné des ailes et du souffle. « Peut-être que je pouvais prétendre à devenir écrivain… »
Troisième roman Re-boostée, elle a écrit dans la foulée, une histoire que lui a inspirée un coup de fil reçu par son père : « Un notaire le recherchait depuis des années pour lui annoncer qu’il allait hériter d’une maison en Bourgogne… » L’annonce, inattendue, autorisait tous les fantasmes… L’écrivaine n’a eu qu’à tirer le fil et Nouvelles Plumes a aussitôt validé « Le choix d’une vie », publié en 2016, la confortant dans l’idée que ses histoires méritent bien quelque intérêt. Au point qu’elle travaille en ce moment sur son troisième roman, une nouvelle histoire familiale qu’elle a cette fois installée en pays cathare au temps de l’Inquisition…

à savoir

Questions-piège…

> Quels livres sur votre table de chevet ?
« “ No Home ” de Yea Gyasi, ” La voix des vagues ” de Jackie Copleton et “ Toute la lumière que nous ne pouvons voir ” de Anthony Doerr. »
> Vos livres préférés ?
« “ L’affaire Jane Eyre ”, de Jasper Fforde, un vrai régal de lecture, surprenant, intelligent et brillant. “ La horde du contrevent ” de Alain Damasio, une histoire et un style d’écriture incroyables. “ Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur ” de Harper Lee, magnifique, tendre, bouleversant… »
> Vos trois auteurs préférés ?
« Colette, pour le personnage qu’elle était et ses textes magnifiques, Henri Gougaud pour sa force d’évocation, à la fois simple et très poétique, et Arturo Perez-Reverte pour son écriture magnifique et ses histoires passionnantes. Ils sont pour moi de vraies sources d’inspiration.
Et je pourrais ajouter Daniel Pennac, Fred Vargas, Carlos Ruiz Zafon, Carole Martinez, Zola, Victor Hugo… »
> Le livre qu’il est indispensable d’avoir lu ?
« Ouille… Je dirais “ Les misérables ” de Victor Hugo, un chef-d’œuvre à mes yeux… »

TOURON

Emmanuel TOURON

Journaliste, rédaction de Niort

 

Emission à réécouter en podcast! Merci les Pipelettes pour ce bon moment!

 

 

 

 

6 réflexions au sujet de « Biographie »

  1. Actuellement, je lis « L’orpheline de Saint-Aubin ». je suis à la page 221 et je dois me forcer à fermer le livre pour faire autre chose!
    A chaque fois que je lis, je me retrouve dans l’ambiance comme si je faisais un saut dans un passé et un lieu que je n’ai pourtant pas connus.
    Les descriptions, les images sont tellement belles, on y est…
    Merci pour ce beau roman et les moments que l’on passe avec Pauline.
    J’ai hâte de continuer à lire votre livre et peur de le terminer!

  2. Bravo pour votre livre -l’orpheline de st Aubin – c’est un excellent ouvrage que je lis en ce moment.J’ai été institutrice à Pont-à- Mousson en 1967 -68 et native de Frouard 54
    Je suis désormais en retraite en Bretagne .
    Je vous souhaite encore d’autres beaux succès littéraires
    cordialement , Clément .

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