Miamouuuurrrrr (Une histoire de chat…)




Cela ne vous aura pas échappé, le printemps commence à s'installer, la nature qui se réveille, les fleurs, les oiseaux, ça fait trop du bien ... et il y a les chats. 
Donc, une fois n'est pas coutume, cet article ne parlera ni d'enfants ni de mon actualité littéraire mais... de chat! Bonne lecture!

 

Miamooooouuurrr.... (c'est sensé être un miaulement)

Grosse inquiétude ce jour-là en voulant prendre ma voiture: le chat de nos voisins s'est vautré juste derrière mes pneus et semble très mal en point: poils ternes, une petite tête toute chiffonnée, yeux mi-clos, complètement flagada et surtout des miaulements plaintifs comme il n'a jamais fait. Que se passe-t-il ? Est-il malade? A-t-il avalé quelque chose de nocif, mal quelque part? Je le caresse et il me répond avec un miaulement à déchirer l'âme qui semble dire (clairement dans ma tête d'humaine) : "aaaahhhhh si tu savais...comme j'agonise...comme je souffre...." Bah alors! Et moi qui dois m'en aller, s'il ne bouge pas, je vais l'écraser! Je mets le moteur en route pour lui faire comprendre qu'il serait bien de se déplacer un peu et je redescends pour vérifier s'il a compris. (Manquerait plus que j'écrase le chat de nos voisins!)

Mais ce gros bêta n'a pas bougé d'un pouce, au contraire, il semble plus désespéré que jamais, redoublant de miaulements à vous briser le coeur (et moi pauvre humaine, j'entends: "non, laisse-moi, pas grave, ne fais pas attention à moi, c'est la fin de toute façon, je le sens...") Me voilà bien, je ne savais pas que les chats pouvaient avoir des tendances suicidaires!

Alors, hop, je le soulève comme un gros paquet tout mou et amorphe. Je commence vraiment à être inquiète, c'est qu'on s'attache à ces petites bêtes et lui, on le connait depuis tout petit quand il essayait d'escalader le grillage pour nous rejoindre et qu'il dégringolait systématiquement en faisant un roulé-boulé. Je le dépose avec précaution  loin de ma voiture. Avachi, il m'adresse un espèce de miaulement accablé, "je suis tellement triste...si tu savais...." puis, sidérée, je le vois qui se lève lentement et titube , pareil à un zombie, chaque mouvement esquissé au ralentis comme s'il était perclus de rhumatismes, épuisé, au bout du rouleau, prêt à s'écrouler! Et ces petits miaulements qui me racontent maintenant: "aïe ouille, trop tard...c'est fini..." pour aller se recoucher... pile derrière ma voiture!

Je commence à échafauder diverses stratégies (devrais-je carrément le déposer sur son paillasson devant chez lui? )  Lorsque subitement, un autre miaulement aussi lancinant  me fait redresser la tête. Saperlipopette! Un autre mourant dans mon jardin? Je découvre alors la tête d'une adorable petite chatte angora qui nous lorgne, cachée derrière les feuilles d'iris, tout aussi alanguie que mon grand malade! Alors là, c'est la révélation, la lumière qui jaillit dans ma tête!   Ce que je pensais être une douloureuse agonie (hum!) serait une  sérénade amoureuse, un gros numéro de charme?!

De fait, nos deux tourtereaux s'observent en chats de faïence, à distance respectable. Ce sacré Fifi, quel gentleman, si respectueux des convenances! En amoureux transi, il redouble d'éloquence et maintenant, comme une évidence,  j'entends: "Tu es trop belle, quel poil soigneux...et ces si beaux yeux bleus, je m'y noie, je m'y perds...moi qui ne suis hélas qu'un gros matou orange...pas digne d'une reine comme toi..." Et la belle de minauder sur le même ton, toute pâmée: "je suis gênée, je ne sais pas...je me tâte...on ne se connait pas trop encore...et je suis si timide". (Bon, oui, je sais, pure extrapolation d'humaine, je m'emballe, mais on se croirait tellement dans les Aristochats!)

Incroyable! Notre Fifi qui est amoureux; il est pourtant coupé et moi, je croyais (naïvement?) que cela le rendait indifférent à la gente féminine!

Hé bien, que nenni, mais faut dire aussi qu'elle est drôlement jolie cette petite chatte... Et comme dirait ma fille, qui va maintenant les écouter dès qu'ils se font la sérénade  (toujours sous les pneus de ma voiture, leur coin favori, allez savoir pourquoi): "Dis donc, c'est drôlement dur l'amour..."

 

2 réflexions au sujet de « Miamouuuurrrrr (Une histoire de chat…) »

  1. J’adore ! Tellement drôle, je t’imagine bien là, pliée en 2 au-dessus de Figaro à 7h15 du mat’ ! Décidément de vrais comédiens ces petits félins !

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