L’orpheline de Saint Aubin

L’orpheline de Saint Aubin

Genèse de « L’orpheline de Saint Aubin »

Ce roman a été écrit en janvier 2005 puis fut rangé dans un tiroir dans lequel il a dormi 9 ans. Seuls quelques intimes le lurent à l’époque.

L’écriture a toujours été un besoin vital pour moi : un besoin d’évasion, le plaisir immense de raconter des histoires, encore et encore. Une façon de voyager, de changer de vie, de personnalité, de destin, à l’infini…

« L’orpheline de Saint Aubin », qui à l’origine s’intitulait « Entre-Deux » (car l’histoire se passe entre les deux guerres) est né d’un besoin viscéral de garder une trace de mes années de jeunesse qui s’éloignaient lentement mais sûrement. J’étais à l’aube de mes trente ans, maman de deux jeunes enfants qui m’occupaient bien. Les nuits courtes, la fatigue du quotidien, le boulot… C’était l’hiver, froid et humide. Ma grand-mère, que j’adorais, venait de mourir. De son côté, ma meilleure amie m’annonçait dans la foulée le naufrage de son couple. Les temps n’étaient pas à l’euphorie. Nettement, une page était en train de tourner dans ma vie. Alors j’ai rêvé d’une histoire qui se dégusterait comme un bonbon, une petite bulle de soleil dans ce gris infini, une parenthèse de bonheur, pour mieux reprendre pied et rebondir.

Avec cette histoire, résolument optimiste, j’ai voulu rendre hommage aux jeunes filles que nous étions, mes amies et moi, à quinze ans : rêveuses, idéalistes, naïves et passionnées et montrer surtout, que l’enfant en nous ne disparaît jamais complètement, qu’il suffit d’une petite flamme pour raviver un sentiment, une émotion que l’on croyait relégués au passé. Comme si vieillir n’était qu’un mirage alors qu’au fond de soi, on ne change pas…

Pendant la rédaction de cette histoire, qui s’est faite d’une traite, impérative, j’ai beaucoup pensé à ma première petite fille, qui n’avait que deux ans à l’époque mais qui un jour, serait elle aussi une jeune fille de quinze, seize ans, avec des rêves et des idéaux intemporels… Comme une sorte de transmission…

Et surtout, cette histoire n’aurait jamais existé sans ma grand-mère, Jeanne. Elle était une formidable conteuse. Elle adorait nous raconter ses années d’enfance dans le Paris d’entre deux guerres, son histoire d’amour avec mon grand-père, évoquant ceux qu’elle avait côtoyés, avec un sens aigu du pittoresque qui me ravissait. Elle savait si bien évoquer les personnages, toujours pleine d’humour, que j’avais l’impression de les avoir connus personnellement. Ils revivaient tous, étaient présents avec nous dans la cuisine où nous étions assises et le temps était aboli. Toutes ces anecdotes étaient un trésor, un témoignage d’une valeur infinie, relevant de la légende familiale. Quand Jeanne est morte, vieille dame très âgée, ce fut une évidence : rien ne devait être oublié. Je devais transmettre à mon tour.

« L’orpheline de Saint Aubin » est une œuvre de fiction qui n’est en rien autobiographique. Cependant, elle fourmille d’anecdotes authentiques cachées à l’intérieur…

 

Quand la réalité se mêle à la fiction…

 

Dans le roman de «  L’Orpheline de Saint Aubin », certaines anecdotes sont authentiques. En voici quelques exemples…

Jeanne et sa cousine ont bien répondu à une petite annonce d’une voyante quand elles étaient jeunes filles. Elles reçurent chacune une réponse identique mot pour mot.

 

L’histoire du chat d’Alphonsine qui se jette dans la poubelle est réellement arrivée : mon arrière grand-mère avait un chat noir qui s’appelait Pompon. Un jour, en voulant jeter ses épluchures de patates à la poubelle, elle y a trouvé le pauvre chat, qui sentant la mort venir s’y était couché!

 

L’histoire de la grosse Catherine qui meurt, le visage collé à la vitre, en quête d’air est aussi véridique. C’est arrivé au frère de ma grand-mère dont c’était la logeuse. Un jour qu’elle ne répondait pas, il décida de grimper sur une échelle pour frapper à la fenêtre et tomba nez à nez avec les gros yeux de Mémé Catherine, morte. Il en fut si choqué, qu’il en tomba de l’échelle…

 

Il y en a beaucoup d’autres encore… sortes de petits clins d’œil qui émaillent le récit.

 

Comment le roman est sorti de son tiroir :

 

Depuis quelques années, j’étais titillée par plusieurs amis qui tentaient de me convaincre de tenter ma chance dans le monde de l’édition. J’avais peu à peu élargi l’horizon de mes lecteurs (bien que toujours triés sur le volet… dur, dur de se faire confiance et d’oser…)

Tenter l’édition ? Pour être honnête, je n’y croyais pas.

Mais il y avait peut-être une nouvelle étape à franchir, avant : offrir la lecture de cette histoire à un plus grand nombre de lecteurs, notamment des inconnus. Leurs commentaires ne pouvaient être que constructifs, ce serait toujours intéressant et enrichissant d’avoir un regard extérieur du cocon protecteur de la famille et des amis.

C’est ainsi que j’ai découvert le site des « Nouveaux Auteurs ». J’y ai déposé mon manuscrit dans l’idée qu’il serait au moins lu par quelques personnes et qu’il aurait enfin sa vie propre, hors de son tiroir obscur. Ce qui devait arriver ensuite relève alors du rêve, de l’incroyable. Six mois plus tard, en juillet 2014, l’éditeur Jean-Laurent Poitevin me contacte pour m’annoncer que mon histoire a été plébiscitée par ces premiers lecteurs inconnus à qui je dois énormément… Et c’est le début d’une grande et merveilleuse aventure…

 

C’est un rêve inavoué qui se réalise et je suis fière que ce rêve se réalise avec cette histoire précisément. Comme un signe du Destin. C’est tout naturellement que je l’ai dédié à ma grand-mère.