Tribulations d’un premier roman.

Le 14 et 21 novembre prochain, je serai présente en librairie pour mes premières séances de dédicaces, un grand événement dans ma vie de premier roman, à la fois intimidant et irréaliste, avouons-le! Je serai d’abord à la librairie des Halles à Niort puis à la librairie de la Mude, à Bessines (merci d’ailleurs à Florence qui a su me mettre si bien en valeur sur son comptoir, une place de choix!) ; des dédicaces qui vont avoir lieu un an presque jour pour jour après ma sortie chez France Loisir, en octobre 2014! Aussi, j’ai envie de fêter cet « anniversaire » avec vous, en vous confiant toutes les émotions par lesquelles je suis passé durant cette dernière année: stupeur, joie, angoisse, incertitude, doute, reconnaissance, gratitude… et c’est loin d’être fini…

Qui l’aurait imaginé un an plus tôt? Pas moi! Car mon histoire est folle et imprévisible! Imaginez plutôt ce premier choc quand on m’a extirpé du tiroir dans lequel je dormais depuis plus de 9 ans. L’ombre, le silence étaient mon univers. Mais un jour de juillet 2014, on est venu m’annoncer, sous la plume de l’éditeur Jean-Laurent Poitevin, que j’avais été « plébiscité » par le comité de lecture et serai d’abord publié chez France Loisir, en avant-première. Puis peut-être dans les autres librairies, si, et seulement si les ventes s’annonçaient encourageantes… Le début d’une aventure où l’on avance pas à pas.

Pas facile pour un premier roman de percer dans le monde de la littérature, surtout lorsqu’on arrive comme moi, en catimini, sur la pointe des pieds, timidement, en se demandant si on ne rêve pas, si tout cela est bien réel; feu d’artifice ou petit pétard mouillé qui ferait vite pschitt…?

Quelle pression! La sensation de se jeter dans le vide et de s’en remettre au destin, advienne que pourra… « On n’a pas la recette et on ne sait jamais vraiment si ça plaira ou non aux lecteurs, c’est à chaque fois une prise de risque, une loterie » a dit mon éditeur. « Ce n’est que du bonus, quoi qu’il arrive! » rétorquèrent mes premiers lecteurs.

Pantin un peu déboussolé, j’ai cessé de « m’appartenir ». On m’a maquillé d’un nouveau titre. Il fallait ce qu’il fallait, ne lésiner sur aucun détail, mettre toutes les chances de mon côté!

Depuis, même si j’ai gagné un peu en confiance et me suis aguerrie, il m’arrive toujours d’osciller entre incrédulité, fierté et terreur. J’ai encore ce fichu réflexe d’avancer les yeux et les oreilles fermés, en longeant les murs. Je me sens comme un petit arbrisseau perdu au milieu d’une forêt remplie d’arbres vénérables. Car le monde de l’édition est une jungle féroce. Un livre en chasse un autre et certains sont de vrais mastodontes qui écrasent tout sur leur passage. Dans la plupart des librairies, je suis relégué dans un coin; il faut parfois me chercher pour me trouver, voire me réclamer et me commander. Zéro publicité autour de moi, je fraie mon chemin tout seul, mais précédé d’une bonne étoile, c’est indéniable car malgré mes incertitudes et ma discrétion (c’est tout moi, ça!), hé bien, je ne reçois que des échos positifs, des témoignages touchants et rassurants de lecteurs conquis. J’ai fait quelques rencontres magnifiques, côtoyé des sensibilités et des personnalités merveilleuses. Et ce sont ces lecteurs qui me donnent aujourd’hui des ailes et envie de croire et d’avancer, à petits pas, en toute modestie mais avec détermination.

Aussi, merci à tous mes lecteurs et à la vie pour cette belle aventure…