La Petite Souris au pays des Monstrosors

Aujourd’hui, la Petite souris a envie de rendre hommage à tous ces professeurs des écoles parfois héroïques. Ou quand faire la classe n’est pas toujours une sinécure et quand certaines petites têtes blondes s’avèrent être en réalité d’affreux Monstrosors. La Petite Souris a parfois eu la tentation de prendre ses jambes à son cou, pour se cacher dans son trou et ne plus en ressortir. Tout comme il existe certaines classes où il n’y a plus de petite souris à cause de la trop grande concentration de Monstrosors… 

 

 

Bienvenue au rayon des colères chroniques et autres cacas nerveux

Nathanaël, en CE1, est LE spécialiste des grosses crises de colères. Pas question de travailler si la maîtresse ne reste pas à côté de lui, tout le temps. Les autres élèves?  Des rivaux qu’il faut évincer, et pas dans la douceur. Sa tolérance à la frustration étant proche du zéro, il part en vrille dès la moindre contrariété. Il est devenu expert en petits bruits « parasites » qui vont crescendo jusqu’à l’insupportable. C’est aussi un as du sabotage, feuilles gribouillées,  trouée puis jetée en boule à la tête des autres. Un élève indisposé ose se plaindre? Nathanaël voit aussitôt rouge! « Les autres en ont toujours après lui, c’est pas juste, il n’a rien fait »! Et maintenant, c’est le cartable du voisin et tout ce qu’il y a sur sa table qui volent dans la classe. La maîtresse se fâche et se voit obligée de le contenir avant qu’il ne fasse mal à quelqu’un. Il s’esquive et se jette sur les affiches qu’il tente d’arracher. Puis menace de balancer sa chaise sur le premier qui le regarde de travers. Cela se termine toujours de la même façon: la maîtresse qui l’attrape, le traine de force dans le couloir et  le contient physiquement, en attendant qu’un collègue arrive en renfort. La classe, restée seule, bourdonne comme une abeille désorientée. « Continuez de travailler, les enfants… la maîtresse n’est pas loin et revient dès qu’elle peut »! C’est violent; elle s’est déjà pris des coups et des tentatives de morsures. Elle a surtout compté le temps qu’elle perdait chaque jour, à gérer ces colères: mises bout à bout, plus d’une heure qui s’est encore envolée. Une heure de perdue pour les apprentissages. Usure et lassitude.

Blablabla…

Lucas, 6 ans, est rentré en CP… à reculons.  Il ne se sent pas concerné par ce qui se passe en classe. C’est encore un tout-petit dans sa tête. Apprendre à lire, écrire, compter, pour quoi faire? Il est à mille lieues de tout ça. Alors dès qu’il peut, il cherche à  » se sauver »: il file à quatre pattes dans la pièce, rampe sur le sol comme un serpent, il rigole, ça l’amuse follement,  glisse sous les chaises des copains dont il attrape les pieds. Puis se roule par terre en hurlant blablabla quand la maîtresse intervient. Et c’est comme ça tous les jours.

Langage fleuri

Gabin, 6 ans et déjà tout d’un petit dur: dans le regard, dans la posture, dans les  « Non! » qu’il braille quand il a décrété qu’il n’avait pas envie. Gabin est dans la toute puissance, depuis toujours, et son vocabulaire est déjà très fleuri. Il jure comme un vrai charretier et est un fervent adepte du doigt d’honneur. Mère convoquée; elle déboule un soir dans le couloir en remorquant son  fils, plus  une petite soeur de 3 ans qui gigote dans ses bras. Le gamin ne veut pas venir et regimbe avec humeur. Retentissent alors les charmantes remontrances maternelles : Putain de merde, tu fais chier, quel enfoiré, bordel!  Et la petite soeur, toute guillerette, de répéter en choeur: Putain-merde- chier-enfoiré- bordel!

Journée rock & roll

Après le hip hop sur sa table, le roulé boulé au sol, le saut par dessus la barrière dans la cour, le goinffrage de bonbons volés derrière la cabane, voici l’enfant  volant dans les couloirs et qui atterrit dans les bras de la psychologue scolaire… Une journée presque ordinaire pour le petit Carlos, 6 ans…

(Cette histoire a été écrite par une collègue un peu désabusée. Elle m’a bien fait rire… parce que c’est tellement ça! Et vaut mieux en rire qu’en pleurer, non?) 

Et pour finir, quelques petits savoureux échanges…

Un élève à sa maîtresse: « Je vais demander à maman qu’elle te fasse renvoyer! »

Une mère à l’enseignant de sa fille en CM2:  » Elle part complètement en vrille à la maison, faites quelque chose bon sang!!!! »