Archives mensuelles : novembre 2017

Une petite souris à l’école: les doigts rouges

Merci à tous les collègues qui glanent pour la Petite Souris quantité d’anecdotes. N’étant pas petite souris pour rien, elle en fait provision!  Voici donc une nouvelle histoire, aux faux airs d’enquête policière, suspens…

 

 

Les doigts rouges

Une maîtresse « volante » est appelée un matin pour faire un remplacement en CP.   L’enseignante de la classe a une passion rigolote: les gadgets en tout genre, décoratifs, ludiques, malicieux. Son bureau en est plein. De quoi susciter l’envie des élèves… Pour la correction du travail écrit, elle utilise des petits tampons exprimant différentes émotions pour encourager et stimuler les élèves : tête couronnée, tête avec des yeux en forme de coeur ou de fleur quand c’est très bien, tête qui grimace ou qui tire la langue quand ça laisse à désirer.  Les enfants en raffolent.

En bonne maîtresse remplaçante qui sait s’adapter, la collègue se prend au jeu et utilise les tampons pour ses corrections. Puis, le soir, les cahiers finis, elle range scrupuleusement le bureau, chaque objet à sa place, avant de partir.

Le lendemain matin, de retour dans la classe, elle perçoit un changement sur le bureau mais quoi? Impossible à dire. Ce n’est qu’au moment des corrections, sur le temps du midi, qu’elle constate avec effroi que  les tampons et l’encreur rouge ont disparu! Sueurs froides, bureau fouillé de fond en comble, impossible de remettre la main dessus. N’ayant pas pu disparaitre tout seuls, une seule explication: quelqu’un s’est servi…

Les élèves reviennent de récréation. Débute un interrogatoire serré, déballages des cartables, en vain, rien que des mines innocentes. En désespoir de cause, ultime tentative de la maîtresse: elle suggère au responsable de remettre tout le butin à sa place, ni vu ni connu, dès qu’il en aura le courage.

Une nuit passe. Et miracle, au petit matin: les tampons et l’encreur sont revenus sur le bureau! Dans un piteux état et jetés pêle-mêle, certes, mais bien là!

Dans la classe, rien que des mines  ébahies par le retour merveilleux des objets; c’est presque de la magie: abracadabra, escamotés, restitués! Incroyable!

Du voleur, on ne saura rien et il ne se manifestera pas… si ce n’est le bout des doigts tout rouges d’une certaine élève… Mais on fera comme si…

 

« Le choix d’une vie »: sortie en librairie!

 

Tadam! Mon second roman Le choix d’une vie (aux éditions Nouvelles Plumes) est sorti en librairie!! Vous pouvez le trouver partout maintenant !

 

 

Résumé de l’histoire:

Anna, jeune mère de famille parisienne, apprend avec surprise qu’elle est l’héritière d’une maison dans l’Yonne. Un héritage mystérieux et inattendu qui va inciter la jeune femme à se plonger dans son histoire familiale. Quels secrets abrite cette demeure?

Une petite souris à l’école: sexisme à tous les étages

 

Quand le sexisme s’invite à l’école, la Petite Souris en grince des dents… Petite chronique dans l’air du temps… 

 

Théophile a 6 ans. En classe, il a toujours besoin de se faire remarquer : il parle plus fort que tout le monde, attire l’attention sur lui par toutes sortes de propos souvent grossiers ou provocants. Il est habitué à exiger et tout est prétexte à râler. Ce jour-là, il est particulièrement agité, quand tout à coup, il interpelle la maîtresse (genre beuglement à faire lever toutes les têtes):

« Bon, on fait quoi maintenant femmelette? »

Inutile de préciser que la maîtresse a failli en tomber à la renverse… et que la réplique n’a pas trainé.

Femmelette, quel drôle de mot pourtant, qui  rime comme omelette, saperlipopette, pirouette et cacahuète. Cela a bien fait rire les autres enfants, certains ne le connaissaient même pas, quelle trouvaille! Quant à Théophile, tout fier de son éclat, on se demande (pour la forme) où il l’a entendu…

Le soir même, la maîtresse a rendez-vous avec la maman d’un autre enfant dont le comportement s’avère problématique: agressivité verbale et physique quotidienne envers les autres élèves, grosses colères, conflits permanents avec les adultes. Bref le vase déborde. Fatigue nerveuse, usure, exaspération.

La mère, fataliste, écoute, hausse les épaules puis confie son désarroi :

« Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise? Moi, il ne m’écoute pas de toute façon. Il me traite de pouffiasse et parfois il me tape aussi. Il y a que son beau-père qu’il craint! Avec lui, y a pas de problème, il file droit, ça oui! Mais moi,  je sais plus quoi faire! Je lui ai déjà dit que j’allais le mettre dans une famille d’accueil s’il continue comme ça! Et puis à l’école, si ça marche pas avec lui, c’est normal: les maîtresses ne sont pas assez autoritaires. D’ailleurs, il n’y a que des femmes dans les écoles…alors, forcément! »

Bah oui, tiens, forcément… Maintenant qu’on le dit – révélation! – le problème viendrait donc de là?! Aïe, pas gagné alors quand on sait que dans l’enseignement primaire, 82% des enseignants sont des femmes…

Petit débriefing  entre collègues, le soir, après les mille et unes péripéties d’une journée presque ordinaire, l’instant « SAS de décompression » avant de rempiler sur la seconde journée de travail qui les attend, maison-famille-enfant-courses-lessive etc… L’une raconte qu’elle s’est pris un coup de pied dans le tibia en voulant intervenir dans une bagarre. Une autre: qu’un de ses élèves a balancé son cahier à travers la classe, sous prétexte qu’il n’avait pas envie de faire son travail. Dans un autre classe, c’est Machin qui a renversé sa table pour manifester son mécontentement.

« Il faudrait plus de collègues masculins dans les écoles primaires, commente alors l’une d’entre elles. Malheureusement, inutile de les chercher, ils sont en voie de disparition… Ou alors il faudrait  rendre les salaires plus attractifs… »

Long silence songeur. Rendre les salaires plus attractifs…? Juste pour attirer les hommes?

En quel honneur?

Parce qu’il serait dans l’ordre des choses que les femmes se contentent, elles, de salaires non attractifs?

Sexisme ordinaire… à tous les étages.