Archives mensuelles : septembre 2017

Une petite souris à l’école: au pays des Monstrosors

Aujourd’hui, la Petite souris a envie de rendre hommage à tous ces professeurs des écoles parfois héroïques. Ou quand faire la classe n’est pas toujours une sinécure et quand certaines petites têtes blondes s’avèrent être en réalité d’affreux Monstrosors. La Petite Souris a parfois eu la tentation de prendre ses jambes à son cou, pour se cacher dans son trou et ne plus en ressortir. Tout comme il existe certaines classes où il n’y a plus de petite souris à cause de la trop grande concentration de Monstrosors… 

 

 

Bienvenue au rayon des colères chroniques et autres cacas nerveux

Nathanaël, en CE1, est LE spécialiste des grosses crises de colères. Pas question de travailler si la maîtresse ne reste pas à côté de lui, tout le temps. Les autres élèves?  Des rivaux qu’il faut évincer, et pas dans la douceur. Sa tolérance à la frustration étant proche du zéro, il part en vrille dès la moindre contrariété. Il est devenu expert en petits bruits « parasites » qui vont crescendo jusqu’à l’insupportable. C’est aussi un as du sabotage, feuilles gribouillées,  trouée puis jetée en boule à la tête des autres. Un élève indisposé ose se plaindre? Nathanaël voit aussitôt rouge! « Les autres en ont toujours après lui, c’est pas juste, il n’a rien fait »! Et maintenant, c’est le cartable du voisin et tout ce qu’il y a sur sa table qui volent dans la classe. La maîtresse se fâche et se voit obligée de le contenir avant qu’il ne fasse mal à quelqu’un. Il s’esquive et se jette sur les affiches qu’il tente d’arracher. Puis menace de balancer sa chaise sur le premier qui le regarde de travers. Cela se termine toujours de la même façon: la maîtresse qui l’attrape, le traine de force dans le couloir et  le contient physiquement, en attendant qu’un collègue arrive en renfort. La classe, restée seule, bourdonne comme une abeille désorientée. « Continuez de travailler, les enfants… la maîtresse n’est pas loin et revient dès qu’elle peut »! C’est violent; elle s’est déjà pris des coups et des tentatives de morsures. Elle a surtout compté le temps qu’elle perdait chaque jour, à gérer ces colères: mises bout à bout, plus d’une heure qui s’est encore envolée. Une heure de perdue pour les apprentissages. Usure et lassitude.

Blablabla…

Lucas, 6 ans, est rentré en CP… à reculons.  Il ne se sent pas concerné par ce qui se passe en classe. C’est encore un tout-petit dans sa tête. Apprendre à lire, écrire, compter, pour quoi faire? Il est à mille lieues de tout ça. Alors dès qu’il peut, il cherche à  » se sauver »: il file à quatre pattes dans la pièce, rampe sur le sol comme un serpent, il rigole, ça l’amuse follement,  glisse sous les chaises des copains dont il attrape les pieds. Puis se roule par terre en hurlant blablabla quand la maîtresse intervient. Et c’est comme ça tous les jours.

Langage fleuri

Gabin, 6 ans et déjà tout d’un petit dur: dans le regard, dans la posture, dans les  « Non! » qu’il braille quand il a décrété qu’il n’avait pas envie. Gabin est dans la toute puissance, depuis toujours, et son vocabulaire est déjà très fleuri. Il jure comme un vrai charretier et est un fervent adepte du doigt d’honneur. Mère convoquée; elle déboule un soir dans le couloir en remorquant son  fils, plus  une petite soeur de 3 ans qui gigote dans ses bras. Le gamin ne veut pas venir et regimbe avec humeur. Retentissent alors les charmantes remontrances maternelles : Putain de merde, tu fais chier, quel enfoiré, bordel!  Et la petite soeur, toute guillerette, de répéter en choeur: Putain-merde- chier-enfoiré- bordel!

Journée rock & roll

Après le hip hop sur sa table, le roulé boulé au sol, le saut par dessus la barrière dans la cour, le goinffrage de bonbons volés derrière la cabane, voici l’enfant  volant dans les couloirs et qui atterrit dans les bras de la psychologue scolaire… Une journée presque ordinaire pour le petit Carlos, 6 ans…

(Cette histoire a été écrite par une collègue un peu désabusée. Elle m’a bien fait rire… parce que c’est tellement ça! Et vaut mieux en rire qu’en pleurer, non?) 

Et pour finir, quelques petits savoureux échanges…

Un élève à sa maîtresse: « Je vais demander à maman qu’elle te fasse renvoyer! »

Une mère à l’enseignant de sa fille en CM2:  » Elle part complètement en vrille à la maison, faites quelque chose bon sang!!!! »

 

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Une petite souris à l’école

De nouvelles aventures pour La Petite Souris! Et pour commencer, une devinette: quel rapport y a-t-il entre un plombier et des vêtements qui ont disparu? La petite Souris, sait, elle! Mais il a fallu chercher longtemps pour comprendre…  Dernier indice: le dénominateur commun à ces deux nouvelles anecdotes, c’est… le papier toilette! Bonne lecture.

Histoires Improbables…

Inondation à l’école maternelle

Depuis quelques temps, les toilettes des maternelles sont régulièrement bouchées. Les femmes de ménage pestent. Les maîtresses expliquent à leurs élèves qu’il ne faut pas jeter autant de papier dans la cuvette. Pas simple! Les petits ont toujours tendance à dérouler le rouleau entièrement…  Or, ce jour-là, c’est le pompon. Les toilettes sont à nouveau bouchés et cette fois-ci, ça déborde, un vrai raz-de-marée, il y a de l’eau partout. Le plombier est appelé en urgence. Coupure d’eau générale, le brave artisan se rend compte que le bouchon n’est pas très loin mais qu’il a l’air très compact, comme coincé, une vraie galère. Pas le choix, va falloir démonter les tuyaux. A la fin de l’opération, qui a pris un long moment, les maîtresses n’en croient pas leurs yeux: le plombier a extirpé des canalisations plusieurs petits slips, shorts et pantalons. Mais d’où ça sort?! C’est alors qu’une maîtresse a comme une révélation. Elle est sidérée et c’est peu de le dire. Voilà des semaines qu’une maman vient régulièrement se plaindre auprès d’elle car les affaires de rechange de son fils, en petite section, disparaissent systématiquement du porte-manteau, ne restant à chaque fois qu’un sac vide. Une énigme insoluble, qui leur a valu de retourner toute l’école, de fouiller les sacs des autres enfants et d’interroger tout le monde, y compris le petit garçon en question ! Mais rien à faire, le mystère restait entier, les vêtements se volatilisaient à chaque fois et on ne les retrouvait pas. On fait venir le petit garçon qui reconnait bien, en effet, ses vêtements. Mais il n’a pas l’air particulièrement heureux de les retrouver et affiche une mine contrariée. Il finit par dire que c’est lui qui les jetait aux toilettes, chaque matin… parce qu’il n’en avait pas besoin.

Danger, pervers!

Début d’après-midi, la classe de CP est train de travailler quand le directeur déboule, la mine contrariée. Il fait signe à la jeune maîtresse de le suivre dans le couloir et en aparté, lui explique la situation:

 » Il y a un problème, va falloir faire une enquête! Les femmes de ménage ont trouvé dans les toilettes des empreintes de main couvertes de merde!!! On aurait voulu imiter la grotte de Lascaux qu’on aurait fait pareil! Il y en a  partout: sur les murs carrelés, les portes, et pas qu’un peu! Un gamin qui étale sa merde partout comme ça, c’est pas normal! La chasse d’eau n’était même pas tirée! Une puanteur ! On a déjà eu un cas semblable il y a quelques années. C’était un gosse qui avait des tendances perverses et qui nous en a fait voir de toutes les couleurs: il mettait exprès ses mains dans son caca et s’en barbouillait et il en tapissait tous les murs, un gros cas lourd!!!! Alors, on ne traine pas, je vais prévenir la psychologue scolaire et de votre côté, interrogez vos élèves, s’ils ont vu quelque chose! »

La maîtresse a tout écouté sans broncher, oscillant entre la stupeur, l’embarras et… le fou rire. Puis finit par hasarder :

« Euh... Et si ça avait plutôt un lien avec mon petit Anatole? En rentrant de cantine, il y a un quart d’heure, il est venu me voir en pleurant, il était plein de caca. Il avait la diarrhée et aux WC, il n’y avait plus de papier de toilette… Alors il s’en est mis partout! Je viens d’appeler une dame de service pour qu’elle le nettoie et j’ai aussi prévenu la maman... »

Incrédulité du directeur, qui doute encore:

 » Alors, ce n’est pas un pervers?« .

« Non, je ne crois pas… Juste une gastro…une méchante gastro… » sourit la maîtresse.

La petite souris

Rentrée des classes oblige,  La Petite Souris est de retour, fidèle au poste et heureuse de vous retrouver ! Et dans son petit cartable, de nouvelles anecdotes qu’elle a glanées ici et là! Bonne lecture!!!

 

Fête d’école

La fête d’école bat son plein, ça va bientôt être l’heure du spectacle des classes d’élémentaire. Le décors et le matériel sont en place sous le préau. Une des maîtresses vient faire les dernières vérifications lorsque perplexité: un grand-père est assis en plein sur la scène, face au public, sur l’une des chaises qui servira au spectacle. Très poliment, la maîtresse va lui expliquer qu’il ne peut pas rester là et qu’elle a besoin de la chaise pour le spectacle. Mais  le vieux monsieur, bougon, ne l’entend pas de cette oreille! Non, il ne bougera pas de sa chaise: c’est le seul endroit qui est à l’ombre et toutes les autres chaises sont déjà prises!

(Dénouement de l’histoire? Intégrer le vieux monsieur dans le spectacle n’étant pas envisageable, pas le choix, la maîtresse est vite allée chercher une autre chaise dans sa classe, a trouvé un petit coin à l’ombre sous le préau et avec beaucoup de persuasion, a réussi à faire bouger le papy…)

Un problème de colle…

(Petit instantané d’un premier jour en CP.)

« Maîtresse! Viens vite, j’ai un problèèèèèmmme! » appelle Justin,   fort désemparé. « Ma colle veut plus rentrer ! » Et pour cause ! Justin,  mains et joues généreusement tartinées de blanc, montre à l’enseignante ce qui reste de son bâton de colle: écrabouillé, aplati… et  complètement sorti de son tube jaune…

Excuse à la noix

Un lundi matin, la maman de Jonathan – short ultra moulant et talons aiguilles – demande à voir la maîtresse. Elle est « vraiment désolée mais on lui a imposé la date, vous comprenez, des mois d’attente pour avoir un rendez-vous chez ce spécialiste! Alors, est-ce  que c’est grave si son fils manque l’école jeudi prochain? »

Mercredi matin, rebelote, elle va à nouveau voir la maîtresse et confirme, toujours aussi confuse:

« Non, vraiment, rien à faire, je n’ai pas réussi à changer la date pour le spécialiste, trop compliqué! Jonathan sera donc absent demain.  »

Tant d’émoi pour un rendez-vous médical programmé, apparemment, depuis longtemps…

En classe, l’air de rien, la maîtresse demande à Jonathan si c’est pour ses lunettes qu’il doit aller voir le spécialiste demain toute la journée. Le petit garçon lève un regard étonné:

« Bah non, on va aller à Aqualand .  »

(Morale: quoi qu’il arrive, tôt ou tard, la vérité sort toujours de la bouche des enfants…)

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