Archives mensuelles : mars 2017

Du côté de l’objectif…

Après la grisaille persistante de ces derniers jours, grand besoin d’évasion, pas vous? Et pour cela, rien de tel que la promesse d’un soleil couchant…

Nouvelle photographie, nouveau texte… 

 

Océan minéral...


Sur le mont Chiran, il y a un observatoire astronomique.  Mais  il n'est pas forcément nécessaire d'avoir la tête dans les étoiles pour se sentir tout petit et émerveillé. 
Sensation grisante d'être sur le toit du monde, l'immensité du ciel au-dessus de soi. Les nuées qui se teintent d'or. 
Partout où porte le regard, l'illusion d'une mer démontée avec ses vagues impressionnantes, figées dans leur élan.
Un océan minéral, à perte de vue.
Alors, il y a ce désir, vieux comme l'humanité: aller voir au-delà de l'horizon. Et comme les explorateurs d'autrefois, oser l'aventure, lâcher les amarres. 

(Commentaires du photographe: Cette photographie a été prise entre chien et loup - à cet instant magique où le soleil couchant cisèle les silhouettes des montagnes. Camaïeu de gris infinis, le paysage qui se fond peu à peu dans l'obscurité tandis que le ciel s'embrase.)

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Miamouuuurrrrr (Une histoire de chat…)




Cela ne vous aura pas échappé, le printemps commence à s'installer, la nature qui se réveille, les fleurs, les oiseaux, ça fait trop du bien ... et il y a les chats. 
Donc, une fois n'est pas coutume, cet article ne parlera ni d'enfants ni de mon actualité littéraire mais... de chat! Bonne lecture!

 

Miamooooouuurrr.... (c'est sensé être un miaulement)

Grosse inquiétude ce jour-là en voulant prendre ma voiture: le chat de nos voisins s'est vautré juste derrière mes pneus et semble très mal en point: poils ternes, une petite tête toute chiffonnée, yeux mi-clos, complètement flagada et surtout des miaulements plaintifs comme il n'a jamais fait. Que se passe-t-il ? Est-il malade? A-t-il avalé quelque chose de nocif, mal quelque part? Je le caresse et il me répond avec un miaulement à déchirer l'âme qui semble dire (clairement dans ma tête d'humaine) : "aaaahhhhh si tu savais...comme j'agonise...comme je souffre...." Bah alors! Et moi qui dois m'en aller, s'il ne bouge pas, je vais l'écraser! Je mets le moteur en route pour lui faire comprendre qu'il serait bien de se déplacer un peu et je redescends pour vérifier s'il a compris. (Manquerait plus que j'écrase le chat de nos voisins!)

Mais ce gros bêta n'a pas bougé d'un pouce, au contraire, il semble plus désespéré que jamais, redoublant de miaulements à vous briser le coeur (et moi pauvre humaine, j'entends: "non, laisse-moi, pas grave, ne fais pas attention à moi, c'est la fin de toute façon, je le sens...") Me voilà bien, je ne savais pas que les chats pouvaient avoir des tendances suicidaires!

Alors, hop, je le soulève comme un gros paquet tout mou et amorphe. Je commence vraiment à être inquiète, c'est qu'on s'attache à ces petites bêtes et lui, on le connait depuis tout petit quand il essayait d'escalader le grillage pour nous rejoindre et qu'il dégringolait systématiquement en faisant un roulé-boulé. Je le dépose avec précaution  loin de ma voiture. Avachi, il m'adresse un espèce de miaulement accablé, "je suis tellement triste...si tu savais...." puis, sidérée, je le vois qui se lève lentement et titube , pareil à un zombie, chaque mouvement esquissé au ralentis comme s'il était perclus de rhumatismes, épuisé, au bout du rouleau, prêt à s'écrouler! Et ces petits miaulements qui me racontent maintenant: "aïe ouille, trop tard...c'est fini..." pour aller se recoucher... pile derrière ma voiture!

Je commence à échafauder diverses stratégies (devrais-je carrément le déposer sur son paillasson devant chez lui? )  Lorsque subitement, un autre miaulement aussi lancinant  me fait redresser la tête. Saperlipopette! Un autre mourant dans mon jardin? Je découvre alors la tête d'une adorable petite chatte angora qui nous lorgne, cachée derrière les feuilles d'iris, tout aussi alanguie que mon grand malade! Alors là, c'est la révélation, la lumière qui jaillit dans ma tête!   Ce que je pensais être une douloureuse agonie (hum!) serait une  sérénade amoureuse, un gros numéro de charme?!

De fait, nos deux tourtereaux s'observent en chats de faïence, à distance respectable. Ce sacré Fifi, quel gentleman, si respectueux des convenances! En amoureux transi, il redouble d'éloquence et maintenant, comme une évidence,  j'entends: "Tu es trop belle, quel poil soigneux...et ces si beaux yeux bleus, je m'y noie, je m'y perds...moi qui ne suis hélas qu'un gros matou orange...pas digne d'une reine comme toi..." Et la belle de minauder sur le même ton, toute pâmée: "je suis gênée, je ne sais pas...je me tâte...on ne se connait pas trop encore...et je suis si timide". (Bon, oui, je sais, pure extrapolation d'humaine, je m'emballe, mais on se croirait tellement dans les Aristochats!)

Incroyable! Notre Fifi qui est amoureux; il est pourtant coupé et moi, je croyais (naïvement?) que cela le rendait indifférent à la gente féminine!

Hé bien, que nenni, mais faut dire aussi qu'elle est drôlement jolie cette petite chatte... Et comme dirait ma fille, qui va maintenant les écouter dès qu'ils se font la sérénade  (toujours sous les pneus de ma voiture, leur coin favori, allez savoir pourquoi): "Dis donc, c'est drôlement dur l'amour..."

 

Du côté des maîtresses, par le petit bout de la lorgnette…

 

 

Voici cette semaine de nouvelles petites anecdotes (toujours aussi authentiques!)  à ranger aux lettres E, H et M dans l’ABECEDAIRE « des maitresses vues par le petit bout de la lorgnette »! Où quand les quiproquos prêtent à sourire… 

 

 

E comme Esprit mal tourné, es-tu là?

Ceci est une petite anecdote un peu malicieuse arrivée récemment à une collègue, enseignante et directrice d’une école maternelle.  Au moment du conseil d’école, elle présente aux parents les divers projets et interventions prévus cette année. Pour finir, elle annonce toute fière, qu’ils accueilleront aussi  la visite d’un professeur du conservatoire,  Mr Untel qui viendra dans les classes pour présenter son cor aux élèves.  A peine a-t-elle fini sa phrase, qu’elle réalise le quiproquo. Mais déjà des parents de glousser et elle de rougir:  « Commet ça? Monsieur Untel vient présenter son corps?! » Mais qu’est-ce qu’on enseigne en maternelle à nos enfants? Pressée de rattraper sa bévue, la collègue enchaine alors précipitamment: « Euh, je voulais dire qu’il vient présenter son instrument!« . Gros éclats de rire pleins de sous-entendus, la pauvre enseignante qui s’empêtre, de plus en plus rouge:  « Oh mais vous avez compris, il vient présenter son instrument de musique, qui est un cor, voilà! »

H comme l’Hélicoptère est passé!

Quand on est maîtresse, on peut parfois vraiment vraiment vraiment tomber des nues… L’anecdote se déroule dans une école du quartier de la Goutte d’Or à Paris. Samira, 8 ans, annonce toute contente à sa maîtresse qu’elle vient d’avoir un petit frère, dernier d’une fratrie de quatre enfants déjà, mais le premier garçon aussi, d’où cette grande joie. Elle continue: Il est arrivé samedi dernier! Mes parents sont allés le chercher à l’hôpital parce que c’est là qu’on distribue les bébés. Ah… Distribuer? Comment ça? Samira explique alors que ses parents ont commandé le petit frère sur catalogue. La maitresse est de plus en plus perplexe et se demande si elle a bien tout compris: « Sur catalogue? Mais… Tu n’as pas vu si maman avait un gros ventre ces derniers temps? » La petite secoue la tête en riant, l’air de trouver la réflexion de sa maîtresse très drôle et bizarre aussi: Bah non!  (C’est vrai aussi, quelle idée, franchement?) « Mais…  maman a quand même été à l’hôpital? » insiste la maîtresse qui a décidé d’enfiler ses gros sabots. Oui, parce que les livraisons de bébés se font par hélicoptère, sur le toit de l’hôpital! explique patiemment la petite. Ah ! La maîtresse un peu sidérée réalise enfin: dans certaines familles, apparemment, l’hélicoptère a remplacé les cigognes, les choux et les roses… Normal, il faut bien vivre avec son temps ! Enfin, c’est se demander, quand même? De quoi rester sans voix, non?

M comme Menace

Une fois n’est pas coutume, les maîtresses étant souvent aussi des mamans, voilà une petite anecdote qui déroge un peu à la règle, mais à peine… Ce soir-là, à la sortie des classes, une maman (qui est donc aussi maîtresse) récupère sa petite fille très inquiète. D’emblée, l’enfant explique son tourment: les parents de son copain Arthur ont dit à celui-ci que s’il n’était pas sage à l’école et s’il ne travaillait pas bien, hé bien « ils l’enverraient dans un endroit horrible où on abandonne les enfants« !  Ah, tiens! Ces parents auraient-ils par hasard brandi la menace d’envoi en pension? Et dans la tête d’un enfant plein d’imagination, pension rimant peut-être avec … orphelinat??? Allez savoir!  Quelle histoire! La maman tente donc de rassurer et de relativiser,  mais sa petite fille insiste, vraiment alarmée: « Mais tu ne te rends pas compte! Arthur a eu une croix dans le orange aujourd’hui! Ses parents vont pas être contents du tout! Dis maman, tu  veux pas adopter Arthur?  »

 

 

Du côté de l’objectif…

 

Bonjour à tous! Voici une nouvelle photo qui m’a particulièrement touchée et inspirée, par sa poésie, sa mélancolie aussi.

Alors bien sûr, j’aurais pu imaginer et raconter la scène pas très glorieuse d’un abandon volontaire: une histoire qui se passerait dans les années 60,  un propriétaire indélicat pressé de se débarrasser d’un vieux véhicule devenu encombrant, et qu’il aurait emmené, ni vu ni connu, dans ce lieu perdu loin de toute habitation. Cinquante ans plus tard, qui saurait dire à qui ce vieux tacot appartenait autrefois?

Mais non. J’ai préféré me laisser porter par ce que pouvait raconter cette vieille carcasse. Et voici ce que j’ai « entendu »…

 

Par un étrange  et ironique mimétisme, une vieille épave  a adopté les couleurs géologiques des « ruffes » ( roche rouge dont la couleur est due à la présence d’oxyde de fer, remontant à la fin de l’ère primaire, entre 280 et 225 millions d’années) comme si elle cherchait à se fondre  dans le paysage et gagner en honorabilité, culpabilisant d’avoir été abandonnée sans égard au milieu de cette nature  majestueuse. Depuis quand est-elle là? Quelle est son histoire? Plus personne ne sait, comme si elle n’avait jamais existé. Tôle arrachée, moteur éventré, elle se la joue alors caméléon, petit à petit digérée, grignotée, érodée.  Carcasse de métal  qui n’a, hélas, que la rouille pour se camoufler.
PS: cette photographie a remporté l'adhésion des suffrages lors d'une exposition. 

photographie: Dominique Chavy Texte: Isabelle Chavy

 

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