Archives annuelles : 2017

Belle année 2018 !

Encore une année de passée. Au seuil d’une nouvelle qui se profile. 

En guise de voeux, j’ai envie de partager ce magnifique poème de Cocteau…  A savourer et à méditer!

Bonne année 2018 à tous, qu’elle vous soit douce et belle…

 

 

 

 

Ce que m’a dit la minute

La minute m’a dit : « Presse-moi dans ta main ;
Tu ne sais aujourd’hui si tu seras demain ;
Ainsi prends tout le suc qui m’enfle comme une outre,
Ne tourne pas la tête et ne passe pas outre,
Vis-moi !…dans un instant, je serai du passé !
Mais tu ne sais peut-être au juste ce que c’est
Qu’éteindre dans ses bras la minute qui passe,
Si tu comprends la splendeur grave de l’espace
Qui te laissait jadis indifférent et froid,
Si tu sais accepter la douleur sans effroi,
Si tu sais jouir d’un très subtil parfum de rose,
Si pour toi le couchant est une apothéose,
Si tu pleures d’amour, si tu sais voir le beau
Alors suis sans trembler la route du tombeau.
Tu vivras de chansons, de splendeurs, de murmures,
Le chemin n’est plus long si l’on cueille ses mûres,
Et je suis près de toi la mûre du chemin ! »
La minute m’a dit : « Presse-moi dans ta main. »

Jean Cocteau

 

Une petite souris à l’école: petit florilège de fin d’année…

 

Allez, pour fêter la fin de l’année 2017, riche en événements et surprises en tout genre, la Petite Souris vous a concocté un petit florilège de mots d’enfants pris au vol… 

 

 

Néologisme

Pendant la récréation:

"Maîtresse, maîtresse, viens vite! Il y a une dispussion entre Jordan et Mohamed."

Où quand la discussion s'envenime et tourne à la dispute...

 

Dialogue de sourds


Margot, 7 ans, toute excitée, annonce à son maître:

" Hé tu sais, pendant les vacances, hé ben, je va aller à Disney Land!"

" Je vais aller à Disney Land! " rectifie l'enseignant.

" ça alors! Toi aussi?"

 

Maîtresse fossilisée.


Un élève a apporté des fossiles pour les montrer à la classe. 
La maîtresse en explique l'origine, il y a des millions d'années, bien avant l'existence des dinosaures. Mamadou, éberlué, dit alors: "Même toi, maîtresse, tu n'existais pas?"

 

La diplomatie? Tout un art!

En rédaction, des enfants de CE1 doivent se décrire physiquement en donnant un maximum de détails, tout en restant anonyme. Car une fois la description terminée, les feuilles seront mélangées par la maîtresse puis redistribuées et les élèves devront essayer de deviner qui se cache derrière chaque portrait. 
Sans hésitation, Jordan se décrit comme grand et costaud. Sauf qu'en réalité, il est tout petit, c'est même le plus petit de la classe... La maîtresse lui explique que les autres ne vont pas pouvoir le reconnaître s'il ne donne pas de détails exacts. Et puis d'ailleurs, ce n'est pas grave d'être petit, chacun grandit à son rythme, regarde, elle-même est petite de taille et pourtant elle est une adulte, c'est comme ça, on est comme on est etc... etc...

Oui, mais toi c'est normal, rétorque le petit, c'est parce que tu es vieille, tu rétrécis!

 

Se fondre dans le moule...


Au retour de la cantine, la maîtresse demande à l'une de ses petites élèves ce qu'elle a mangé.

"Des radis avec du beurre, du poisson avec de la juliette de légumes, du fromage et du gâteau..."

"De la julienne de légumes. A moins que tu n'aies mangé notre Juliette à nous? " rectifie la maîtresse en riant. " En tout cas, ça avait l'air d'être bon, tu as aimé?"

La petite hoche la tête avec vigueur:

"Oui c'était trop bon mais j'ai fait comme si j'aimais pas."

"Tiens ! Et pourquoi donc?" s'étonne la maîtresse.

"Bah, parce que toutes les copines qui étaient à ma table, n'aimaient pas, elles..."

 

 

Une petite souris à l’école: le « miracle » de la neige…

Une petite histoire de saison cette semaine: le Miracle de la neige!!!

 

 

Le froid s’est installé depuis quelques temps.  Petits matins gelés qui étincellent sous le soleil, le ciel est d’un bleu intense et  la campagne toute blanche de givre. Tout comme la cour de récréation, pour le plus grand bonheur des enfants qui en arrivant à l’école s’empressent d’aller gratter la glace. Pas de quoi faire un bonhomme de neige, loin s’en faut, mais qu’importe, tels des petits bousiers affairés, tous s’amusent à faire de minuscules boules de glace. Noël approchant à grands pas, dans la tête des enfants, ces 5  millimètres de givre sont forcément de la NEIGE! Certains en glissent dans les poches, dans l’espoir de la garder jusqu’à la récréation prochaine, ce serait trop bien. C’est sans compter sur les 25°C qui règnent dans la classe…

La maîtresse explique qu’en fait, ce n’est pas de la neige mais du givre et que cela ne se forme pas de la même façon. 28 paires de yeux très sceptiques, limite contrariés, se fixent sur elle. Du givre? Qu’est-ce que c’est? Jamais entendu parlé!

Elle demande alors si quelqu’un sait comment se fabriquent les flocons de neige? Une main se lève et Gabin, 7 ans, déclare avec aplomb:

« Bah oui, c’est Jésus qui décide… »

?????

Tels les redoutables fétiches de la sorcière Karaba dans Kirikou, 28 visages hyper attentifs pivotent aussitôt en direction Gabin.

« C’est qui Jésus? » fait une autre voix, perplexe.

Hop, à nouveau changement de direction des têtes qui de concert, se tournent maintenant vers Adrien.

Arrrrrrgggghhhhh… Eh oh, hou hou, les fétiches, il est temps de briser l’envoûtement, et si nous reprenions les choses depuis le début?

La neige est un phénomène météorologique, tout ce qu’il y a de plus naturel… etc etc…

 

La petite souris à l’école: au secours, la maîtresse craque!

Parfois, les maîtresses sont à bout.  Vraiment. Tant et si bien que … Et si elles finissaient par craquer? Bref,  cette semaine, il y a comme un grain de folie du côté de la Petite Souris, avec une histoire qui part en cacahuète! GRRRRRRR !!!! 

 

Lors d’une récréation particulièrement agitée  (plaintes incessantes, jérémiades, bagarres, insultes et gros mots à gogo) c’est au tour de Mathurin de venir se plaindre à la maîtresse.

Bonjourbienvenue au bureau des réclamations, que pouvons-nous pour toi? 

« Maîtresse! Edouard m’a dit suce ta bite! »

Le dénommé Edouard, charmant petit ange de 7 ans, est appelé sur le champ. Il arrive en trainant des pieds. Il sait déjà le méga savon qui le guette, les yeux de la maîtresse lui lancent des éclairs, on ne peut plus éloquents. Et de fait la foudre s’abat sur lui illico:

Décidément mon pauvre Edouard! En plus d’être vulgaire, tu es idiot! Comment veux-tu qu’il suce lui-même sa bite, tu m’expliques comment il fait? Il se plie en quatre? Il tire dessus comme sur un élastique? Non mais, ras-le-bol à la fin! Aucun bon sens! Un pois chiche à la place du cerveau! Et si tu réfléchissais un peu avant d’ouvrir la bouche, pour une fois?!

Le vase a débordé, Edouard et ses sempiternelles grossièretés, c’était la goutte d’eau en trop. Maintenant la maîtresse est toute énervée! Alors gare aux bêtises, les élèves ont intérêt à se tenir à carreaux en classe…

Le petit Lucien lève le doigt: il n’a plus de colle. Elle lui en prête une qui est toute neuve.

Elle s’appelle Reviens, précise-t-elle.

Pas de soucis, le tube de colle revient docilement quelques minutes plus tard, à un détail près toutefois… il est complètement VIDE. Plus rien dedans! 20g de colle évaporée, disparue, pour une simple feuille à coller dans un cahier! ça dépasse l’entendement !

Où est passée la colle?!  (Voix doucereuse de la maîtresse. Trop doucereuse, pas bon signe…)

Haussement d’épaules d’un Lucien  perplexe qui fait mine de chercher, plein de bonne volonté, dans son casier, par terre, dans ses poches, dans son cartable, sous le radiateur, au cas où le bâton de colle aurait eu l’idée d’aller faire une petite promenade… En vain ! Le mystère demeure total! La classe entière retient son souffle. Trop palpitant! La maîtresse, elle, s’impatiente:

Dis-moi plutôt la vérité Lucien! Tu l’as sortie complètement de son tube, comme la dernière fois, c’est ça?  Et elle est tombée? Où est-ce qu’elle a roulé? DIS-MOI!

 » Je l’ai mangée. »

Silence de mort. La maîtresse chancèle sous le choc, incrédule.

Pardon? Comment ça, mangée? Toute entière? Les 20g d’un coup?

Hochement de tête de Lucien qui en guise de preuve, tire une langue toute blanche. Retentit alors un long cri, celui de la maîtresse qui craque:

Mais c’est pas possible, tu ne peux pas manger tes crottes de nez comme tout le monde, bon sang?!!!

 

Pour retrouver d’autres anecdotes (toutes aussi authentiques) de la Petite souris, cliquez ICI ! A bientôt pour de prochaines aventures.

 

 

Une petite souris à l’école: les doigts rouges

Merci à tous les collègues qui glanent pour la Petite Souris quantité d’anecdotes. N’étant pas petite souris pour rien, elle en fait provision!  Voici donc une nouvelle histoire, aux faux airs d’enquête policière, suspens…

 

 

Les doigts rouges

Une maîtresse « volante » est appelée un matin pour faire un remplacement en CP.   L’enseignante de la classe a une passion rigolote: les gadgets en tout genre, décoratifs, ludiques, malicieux. Son bureau en est plein. De quoi susciter l’envie des élèves… Pour la correction du travail écrit, elle utilise des petits tampons exprimant différentes émotions pour encourager et stimuler les élèves : tête couronnée, tête avec des yeux en forme de coeur ou de fleur quand c’est très bien, tête qui grimace ou qui tire la langue quand ça laisse à désirer.  Les enfants en raffolent.

En bonne maîtresse remplaçante qui sait s’adapter, la collègue se prend au jeu et utilise les tampons pour ses corrections. Puis, le soir, les cahiers finis, elle range scrupuleusement le bureau, chaque objet à sa place, avant de partir.

Le lendemain matin, de retour dans la classe, elle perçoit un changement sur le bureau mais quoi? Impossible à dire. Ce n’est qu’au moment des corrections, sur le temps du midi, qu’elle constate avec effroi que  les tampons et l’encreur rouge ont disparu! Sueurs froides, bureau fouillé de fond en comble, impossible de remettre la main dessus. N’ayant pas pu disparaitre tout seuls, une seule explication: quelqu’un s’est servi…

Les élèves reviennent de récréation. Débute un interrogatoire serré, déballages des cartables, en vain, rien que des mines innocentes. En désespoir de cause, ultime tentative de la maîtresse: elle suggère au responsable de remettre tout le butin à sa place, ni vu ni connu, dès qu’il en aura le courage.

Une nuit passe. Et miracle, au petit matin: les tampons et l’encreur sont revenus sur le bureau! Dans un piteux état et jetés pêle-mêle, certes, mais bien là!

Dans la classe, rien que des mines  ébahies par le retour merveilleux des objets; c’est presque de la magie: abracadabra, escamotés, restitués! Incroyable!

Du voleur, on ne saura rien et il ne se manifestera pas… si ce n’est le bout des doigts tout rouges d’une certaine élève… Mais on fera comme si…

 

« Le choix d’une vie »: sortie en librairie!

 

Tadam! Mon second roman Le choix d’une vie (aux éditions Nouvelles Plumes) est sorti en librairie!! Vous pouvez le trouver partout maintenant !

 

 

Résumé de l’histoire:

Anna, jeune mère de famille parisienne, apprend avec surprise qu’elle est l’héritière d’une maison dans l’Yonne. Un héritage mystérieux et inattendu qui va inciter la jeune femme à se plonger dans son histoire familiale. Quels secrets abrite cette demeure?

Une petite souris à l’école: sexisme à tous les étages

 

Quand le sexisme s’invite à l’école, la Petite Souris en grince des dents… Petite chronique dans l’air du temps… 

 

Théophile a 6 ans. En classe, il a toujours besoin de se faire remarquer : il parle plus fort que tout le monde, attire l’attention sur lui par toutes sortes de propos souvent grossiers ou provocants. Il est habitué à exiger et tout est prétexte à râler. Ce jour-là, il est particulièrement agité, quand tout à coup, il interpelle la maîtresse (genre beuglement à faire lever toutes les têtes):

« Bon, on fait quoi maintenant femmelette? »

Inutile de préciser que la maîtresse a failli en tomber à la renverse… et que la réplique n’a pas trainé.

Femmelette, quel drôle de mot pourtant, qui  rime comme omelette, saperlipopette, pirouette et cacahuète. Cela a bien fait rire les autres enfants, certains ne le connaissaient même pas, quelle trouvaille! Quant à Théophile, tout fier de son éclat, on se demande (pour la forme) où il l’a entendu…

Le soir même, la maîtresse a rendez-vous avec la maman d’un autre enfant dont le comportement s’avère problématique: agressivité verbale et physique quotidienne envers les autres élèves, grosses colères, conflits permanents avec les adultes. Bref le vase déborde. Fatigue nerveuse, usure, exaspération.

La mère, fataliste, écoute, hausse les épaules puis confie son désarroi :

« Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise? Moi, il ne m’écoute pas de toute façon. Il me traite de pouffiasse et parfois il me tape aussi. Il y a que son beau-père qu’il craint! Avec lui, y a pas de problème, il file droit, ça oui! Mais moi,  je sais plus quoi faire! Je lui ai déjà dit que j’allais le mettre dans une famille d’accueil s’il continue comme ça! Et puis à l’école, si ça marche pas avec lui, c’est normal: les maîtresses ne sont pas assez autoritaires. D’ailleurs, il n’y a que des femmes dans les écoles…alors, forcément! »

Bah oui, tiens, forcément… Maintenant qu’on le dit – révélation! – le problème viendrait donc de là?! Aïe, pas gagné alors quand on sait que dans l’enseignement primaire, 82% des enseignants sont des femmes…

Petit débriefing  entre collègues, le soir, après les mille et unes péripéties d’une journée presque ordinaire, l’instant « SAS de décompression » avant de rempiler sur la seconde journée de travail qui les attend, maison-famille-enfant-courses-lessive etc… L’une raconte qu’elle s’est pris un coup de pied dans le tibia en voulant intervenir dans une bagarre. Une autre: qu’un de ses élèves a balancé son cahier à travers la classe, sous prétexte qu’il n’avait pas envie de faire son travail. Dans un autre classe, c’est Machin qui a renversé sa table pour manifester son mécontentement.

« Il faudrait plus de collègues masculins dans les écoles primaires, commente alors l’une d’entre elles. Malheureusement, inutile de les chercher, ils sont en voie de disparition… Ou alors il faudrait  rendre les salaires plus attractifs… »

Long silence songeur. Rendre les salaires plus attractifs…? Juste pour attirer les hommes?

En quel honneur?

Parce qu’il serait dans l’ordre des choses que les femmes se contentent, elles, de salaires non attractifs?

Sexisme ordinaire… à tous les étages.

 

 

 

 

 

 

Du côté de l’objectif…

 

Automne

Près d'un lac, au petit matin. La nature qui s'éveille doucement. Le silence est troublé par le cris des foulques, dissimulées dans les hautes herbes. Au loin, des pêcheurs taquinent le brochet. Envie de saisir les dernières couleurs automnales avant le grand sommeil, tenter de capter cette incroyable  lumière qui irise  les saulaies et dont les branches se dénudent peu à peu. Jeunes saules qui ont les pieds dans l'eau et dont le reflet ondoie à la surface; où commencent et où finissent les graciles branches? Le photographe s'est fait surprendre par la vivacité de l'air, il a la piquette aux mains.



Arche végétale, entrée secrète d'un royaume mystérieux? 
Troublants jeux de miroir. 
Comme Narcisse séduit par son reflet, de toutes leurs branches, les saules semblent chercher l'étreinte, trompés par l'illusion traitresse.