Archives mensuelles : janvier 2016

Une petite souris à l’école…

color-866057__180La petite souris est de retour, gonflée à bloc, pour de nouvelles aventures!

En tant que parents, on n’imagine pas à quel point la vie d’un enfant à l’école peut être remplie de péripéties. Avec cette nouvelle histoire intitulée Une journée lambda, la petite souris n’a pas eu une seconde de répit!

Je vous invite à la découvrir sur ma page Ecrivain… et professeur des écoles. Bonne lecture!

Du côté des maîtresses, par le petit bout de la lorgnette… (4)

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Suite et fin  de l’abécédaire! La Petite souris était partie en vacances mais elle va bientôt rentrer avec des aventures inédites! Bonne lecture!

 

R comme Risques élevés!

Si vous êtes sujet à l’un de ces symptômes, le métier de professeur des écoles vous est vivement déconseillé :

Tolérance très limitée au bruit.

Nerfs à fleur de peau.

Odorat sensible et délicat.

Calvitie précoce (sous peine de vous arracher le peu de cheveux qui vous reste)

Allergie aigue aux fautes d’orthographe.

Maniaque du rangement et de l’ordre.

Besoin de tout contrôler.

Nature anxieuse, tendance à se noyer dans un verre d’eau.

Problème de circulation veineuse.

Hypocondriaque.

Sensible à la vue du sang, tendance à tourner de l’œil très vite.

S comme Surprise.

C’est la fin de l’année scolaire, bientôt les grandes vacances. C’est aussi la dernière année d’une maîtresse, car elle ne sera plus là à la rentrée : on lui a accordé sa mutation, après 10 années dans cette école. Des parents l’attendent à la grille avec des bouquets de fleurs, des chocolats, un livre, des babouches, un stylo, un cadre photo, des savons, un foulard… Autant de petits cadeaux adorables, en guise de remerciements et d’au revoir. La maîtresse est émue. Une de ses élèves, Jasmine, attend son tour, à côté de sa maman. Enfin, elle lui tend son cadeau, joliment emballé. C’est léger et tout mou. Sous les yeux intrigués des autres enfants et de leurs mères, la maîtresse déchire le papier et… Fou rire d’une maman, bientôt imitée par une autre, la maîtresse qui devient toute rouge et Jasmine de demander, un peu inquiète : « On espère qu’on ne s’est pas trompées dans la taille… »

« Euh, non… c’est la bonne taille, pas de soucis… » articule la maîtresse un peu sonnée, exhibant un soutien-gorge en fausse dentelle violette et la petite culotte assortie.

T comme Trousse de survie.

Une maîtresse d’école expérimentée a toujours dans son sac quelques pastilles pour la gorge, une boite de paracétamol ou d’ibuprofène, un flacon de menthe poivrée et du gel hydroalcoolique…

(La lettre U est tombée dans un cartable, impossible de remettre la main dessus!)

V comme Vigile.

Un nouveau maître est arrivé à l’école en septembre dernier. Cela fait maintenant trois mois. Il est grand, baraqué ; il a un blouson noir et une grosse voix. Un soir, à la grille, un parent lui demande: « Vous êtes le vigile? »

(W, X et Y n’ont pas voulu participer… tant pis, peut-être une prochaine fois?)

Z comme Zut, laissez moi tranquille!

Jamais la maîtresse n’aurait cru être si heureuse de retrouver son lit, douillet et si confortable… Et que dire de ce calme, de ce silence, tellement … irréaliste ! Presque incongru.

C’est comme si elle revenait d’une autre planète : dépaysée, lessivée, la tête farcie et en sérieux manque de sommeil… Elle ne sait même plus quel jour on est. En un mot : complètement déphasée. Elle n’a qu’une envie : dormir au moins 12 heures d’affilé, qu’on l’oublie, qu’on ne la dérange plus ! Elle n’est plus là pour personne !

Symptômes classiques d’un retour de classe de découverte, après quinze jours coupés du monde au fin fond de la Creuse.

DORMIR ! Faire le tour du cadran.

Mais ce n’est pas possible ! Enfer et damnation ! Cela n’aura donc jamais de fin ? Ils ne me lâcheront donc jamais ? Ils me colleront jusqu’à la fin de ma vie ! ? Avec horreur, elle sursaute dans son lit. Il fait nuit noire mais ils ont su trouver le chemin de sa chambre et ils sont tous autour d’elle, leurs visages implorants ou souriants, Mamadou, Mohamed, Guillaume, Samira, Julie, Arnaud, ils sont tous là et ils grimpent, rampent sur son lit, collent leurs visages contre le sien, en bêlant : Maîtresse, maîtresse, il y a une bête dans mon lit !

Ça suffit ! Je sature ! De l’air ! Ouste ! Disparaissez ! Vous êtes dans MA chambre ! Je ne veux plus vous voir ! Du balai !

De toutes ses forces, elle les pousse hors du lit ; ils résistent. Elle redouble d’efforts : elle ne cèdera pas ! C’est du vampirisme ! Hors de question qu’elle y laisse sa santé mentale !

« Mais arrête ! Tu vas me faire tomber du lit ! »

C’est la voix de son mari qui vient de se dresser d’un bond, pas content du tout, hirsute et ahuri ! Elle réalise alors qu’elle a les deux pieds et les mains posées sur son dos et qu’arc-boutée de tout son corps, c’est lui qu’elle essaie de chasser du lit ! Le pauvre s’accroche comme il peut aux draps.

« Voilà, ça recommence ! marmonne-t-il, c’est à chaque fois pareil ! »

« Mais je t’assure, mes élèves étaient là… »

« Mais oui ! Allez, dors et rends-moi les draps ! Tu as tout pris… »

Il essaie de se rendormir en bougonnant et lui tourne le dos. Elle, n’a plus sommeil. Elle peste à voix basse. Le retour à la vie normale prendra un peu plus de temps que prévu à l’évidence…

 

 

 

 

Du côté des maîtresses, par le petit bout de la lorgnette… (3)

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Suite de l’abécédaire sur le petit monde des professeurs des écoles. Que du vécu et de l’authentique… Bonne lecture!

 

 

L comme lacets mouillés.

Dix fois par jour, la même litanie en récréation :

« Maîtresse, tu pourrais refaire mes lacets s’il te plaaiiiit… »

Des lacets détrempés à souhait, tout noirs et tout dégoulinants.

« Hum… Mais bien sûr… Approche !»

M comme Manutention.

Une journée de pré-rentrée ordinaire à l’école: nouveaux effectifs, la classe qu’il faut aménager en conséquent. Partout dans les classes, un énorme chambardement. Des gros boums, des crissements stridents, des chaises qui dégringolent, des « Allez, tu vas bouger, oui ? », des « Aïe ! » et des « Qui peut venir m’aider une seconde ? ». Ce sont les enseignantes, prises de frénésie, qui bougent les tables, déplacent des armoires, font glisser sur le sol des cartons lourds comme du plomb, trimballent des piles de livres, vident les placards pour mieux les remplir dans la foulée. Le souffle est court, le regard un peu hagard, les cheveux ébouriffés. Les muscles sont endoloris. Les mains sont noires de poussière, ça éternue de partout. C’est sûr, ce soir, il risque d’y avoir des courbatures…

P comme Perles:

« Mon fils souffre d’allergie aux figues de Bulgarie… »

« Le femelle du bouc est la bouclette… »

« Comment s’appelait le roi qui a été guillotiné pendant la Révolution Française ?

–       Hilter, maîtresse ! »

« Maîtresse, pourquoi les Romains s’habillaient avec des rideaux ? »

« Maîtresse, j’ai le nez qui couille!  »   » Le nez qui quoi? »  « Qui couille!!! »

(Ici devait se trouver la lettre O. Mais elle s’est perdue dans le bazar de la classe…On la retrouvera peut-être un jour…)

P comme Poux en goguette.

Les poux aussi ont besoin de se dégourdir les pattes. A certaines heures de la journée, ces charmantes petites bêtes  quittent les chevelures pour aller prendre l’air. Certains s’aventurent sur les épaules ; les plus hardis se hasardent sur la table…

Q comme Questions récurrentes :

C’est avéré, les enfants sont des petits curieux insatiables. Voici les questions les plus posées par les élèves à leurs maîtresses…

1.Est-ce que tu es mariée ? (Et gare si la maîtresse s’adresse à un inconnu dans la rue, pire si elle lui sourit et donne l’impression de le connaître car aussitôt:  « c’est ton mari, le monsieur?« )

2. Tu as des enfants ? (et tout ce qui s’ensuit: leurs noms, leur âge…)

3. Où tu habites? (Regard perplexe: connait pas. C’est dans une autre ville? Mais non, c’est juste un autre quartier…)

4. Quel âge tu as ? (Ah ça, cela dépend de l’humeur badine ou non de la maîtresse. On va dire que cela peut être très variable!!! Entre … 22 et 42 ans??? Heureusement, les enfants ne sont pas contrariants...)

5. Comment tu sais tout ça? ( ah ah, incroyable mais vrai, la maîtresse a aussi été à l’école, avant…)

6. Pourquoi tu t’es coupée les cheveux ????  (Question qui revient bien tous les 3 mois…le crime absolu.)

7.  Est-ce que c’est nous, tes élèves préférés? ( petits moments complices quand tout le monde est content de soi…)

8.  Est-ce que mon frère travaillait bien quand il était dans ta classe ? (Jalousie ou malice, c’est selon...)

Et la question best-seller, celle qui ne loupe pas, chaque année et qui nous fait prendre un sacré coup de vieux:

9. Maîtresse, toi, tu l’as connu Louis XIV ?

 

Du côté des maîtresses, par le petit bout de la lorgnette … (2)

pencil-843568__180Voici la suite de votre abécédaire du petit monde de l’école… Merci d’ailleurs à ceux qui laissent des petits commentaires. C’est toujours agréable de vous lire.

E comme effets indésirables.

Enseigner auprès de jeunes enfants peut vous exposer à quelques petits désagréments qu’il faut savoir reconnaître: démangeaisons subite du cuir chevelu, extinction de voix ou au contraire, tendance à parler toujours très fort, crise d’autoritarisme, découragement passager, fatigue chronique, nerfs en vrille ou euphorie excessive, sautes d’humeur, envie de mordre, trous de mémoire… La liste est loin d’être exhaustive mais rassurez-vous, ce n’est pas grave… Quelques jours de vacances et il n’y paraitra plus rien !

F comme fermeture éclair récalcitrante!

« Maîtresse, maîtresse, je suis coincée ! »

Julie n’arrive plus à ouvrir son manteau dont elle a coincé la fermeture à hauteur du cou. La maîtresse s’attaque vaillamment au problème, secouant, tirant de plus en plus fort, en vain. Une collègue arrive en renfort tandis que la première continue de s’échiner, hors d’haleine. On inverse les rôles, au cas où. Mais rien à faire. Il faut se rendre à l’évidence et capituler. Derrière, la classe commence à trouver le temps long et s’agite. Il n’y a plus qu’à passer le manteau par la tête, ce n’est pas très large, attention aux oreilles et au nez, ça tire un peu mais c’est pour la bonne cause !

G comme Glissades.

« Les enfants, votre maîtresse vient de chausser ses patins à glace. Aussi, à partir de maintenant, vous êtes priés de ne pas l’approcher dans un périmètre d’au moins cinq mètres. Interdiction de se jeter à ses pieds, de se retenir à son manteau, de s’accrocher à sa capuche ou même de tourner autour, ce qui pourrait occasionner un déplacement d’air susceptible de déséquilibre. Merci.»

H comme Hommage.

De temps en temps, ça fait du bien de se dire qu’une maîtresse est bien plus qu’elle n’y parait, et qu’elle sert aussi à :

–       Consoler les chagrins.

–       Soigner les petits et gros bobos.

–       Arbitrer les conflits.

–       Remettre les boucles d’oreilles.

–       Rafistoler les chaussures.

–       Refaire tresses et couettes.

–       Couper les gâteaux d’anniversaire.

–       Apporter de la bonne humeur.

–       Faire découvrir beaucoup, beaucoup d’histoires…

–       Refaire les lacets.

–       Garder les secrets et les confidences.

–       Fermer les manteaux récalcitrants.

–       Réconcilier les copines.

–       Rassurer, encourager, féliciter.

–       Chercher le bonnet disparu.

–       Distiller ici et là quelques grains de folie, de joie et de rires.

Tout ça, tout ça mélangé.

(Les lettres I, J et K s’excusent pour leur absence)

Du côté des maîtresses, par le petit bout de la lorgnette… (1)

pencil-843568__180Pour débuter l’année 2016 dans la bonne humeur et le sourire, je vous invite à découvrir un petit abécédaire malicieux sur le quotidien des professeurs des écoles. Premier épisode aujourd’hui, la suite très prochainement!!! Bonne lecture!

A comme Alerte virale.

C’est l’hiver, les élèves tombent comme des mouches un par un. Gastro, Grippe, Rhinopharyngite, Otite, Angine sont de retour. Partout ça tousse, crachote, renifle, éternue. Coûte que coûte, les maîtresses bravent les attaques virales et tiennent bon tant bien que mal. Flanchera, ne flanchera pas ? Chacune ses grigris. L’une ne jure que par le gel pour main antibactérien, antifongique, actif sur virus, même les plus virulents, ultra décapant. Une autre se booste à l’homéopathie dès le mois de septembre, tout est planifié dans son agenda au jour près. Une autre encore s’en remet à son arsenal d’huiles essentielles aux propriétés antivirales, chacune sa spécialité. Il y a celle qui avale tous les matins de la gelée royale et du pollen. Et puis il y a la Fataliste, adviendra ce qui pourra, et qui servira de témoin. Quelles seront celles qui sortiront indemnes des attaques virales ? Suspense…

B comme Ballon.

C’est un fait avéré, les ballons s’échappent souvent des cours de récréation. Aux maîtresses alors d’accomplir l’impossible pour les ramener aux enfants éplorés:  se mettre à quatre pattes pour les débusquer sous une voiture et risquer la luxation de l’épaule. Ou bien affronter des taillis pleins d’épines, à l’aveugle, juste guidée par un chœur d’élèves agglutinés derrière le grillage : « à droite, à gauche, non, devant, non, derrière, là, là, maîtresse ! », et en ressortir toute échevelée, couverte de débris végétaux. Ou encore ramasser le ballon – pas de chance ! – qui a atterri dans la seule flaque d’eau qui se trouvait là, et le rapporter à bout de bras, spongieux et malodorant.

C comme Chocolamania.

Dans certaines écoles, les enseignants souffrent d’addictions pour le moins étranges. Comme celle pour les tablettes de chocolat par exemple… Au lait, noir, aux noisettes, aux amandes, au coulis de menthe ou d’orange, c’est bien connu, le chocolat  procure un bien-être et un plaisir dont on a du mal à se passer, une fois qu’on y a goûté.  Mais dès que le pli est pris, impossible de s’arrêter. On goûte une première tablette et puis une autre et encore une autre. Et de fil en aiguille, on se lance dans la surenchère, en quête de la perle rare, de La tablette, un peu comme Charlie dans la Chocolaterie. Et puis, insidieusement, on en arrive à des situations extrêmes et c’est ainsi que dans certaines salles des maîtres, des portes entières sont tapissées d’emballages soigneusement découpés.

D comme Drague.

La maîtresse a souhaité un rendez-vous avec les parents du petit Mathias. Elle attendait le couple mais c’est d’abord le père qui débarque, un très grand gaillard, regard bleu enjôleur, le muscle saillant sous la chemise légèrement entrouverte, dévoilant un poitrail poilu, le teint impeccablement bronzé. Il serre la main que lui tend la maîtresse et la garde plus longtemps que nécessaire, la détaillant d’un regard connaisseur. Puis, sans lui laisser le temps d’en place une, il prend la parole d’office, volubile et charmeur :

« Ma femme s’excuse pour son retard, elle arrivera d’ici cinq minutes, un contretemps professionnel. En tout cas, je comprends mieux pourquoi mon fils ne marche pas mais court pour aller à l’école ! Je peux vous dire que vous l’avez métamorphosé ! En même temps, je comprends, si j’avais eu une maîtresse aussi jolie que vous à son âge, j’aurais sans doute mieux travaillé à l’école !!! A ce propos, si vous avez le moindre de problème de comportement avec Mathias, n’hésitez pas à me contacter ; j’ai noté mon numéro de portable sur la fiche de renseignement… Mais vous préférez peut-être que je vous le redonne ? »

A cet instant, la porte s’ouvre à nouveau et la maman de Mathias, petite femme obèse au souffle court, fait enfin son apparition: « Excusez-moi pour le retard, j’ai manqué quelque chose ? »

La suite au prochain épisode…

Bonne année 2016 !

images-1A tous, je souhaite une belle et heureuse année 2016, riche de beaux moments, pleine de joies et de douceur.

Et si on commençait par…

Prendre le temps de vivre. Savourer la présence de ceux que l’on aime, apprécier les petits bonheurs du quotidien. Prendre soin de ses amis, veiller sur les siens, faire de nouvelles rencontres, se laisser surprendre, découvrir, s’émerveiller toujours et encore. Rêver de voyages, improviser des petites escapades, tomber sous le charme d’un beau paysage. Céder à la gourmandise, se laisser emporter par une mélodie, dévorer un livre, vibrer, rire, s’émouvoir.

Le bonheur, tout simplement.

Isabelle