Silence… pour cause d’écriture.

Petite chronique "clin d'oeil"...

Ouh la la, je me rends compte que je n'ai rien écrit sur mon blog depuis le 18 avril... 
Bon, j'ai une bonne excuse, je suis en pleine écriture d'une nouvelle histoire et c'est difficile de mener tout de front! 

Concernant ce futur roman, c'est encore prématuré pour vous en dévoiler le sujet, (désolée, je suis  un peu superstitieuse!)  et il faudra donc patienter  pour en savoir plus...

Mais comme je suis quelqu'un qui croit aux signes et qui est sensible aux clins d'oeil que nous réserve parfois la vie, j'avais envie de vous faire part de ce signe troublant qui m'est arrivé récemment ... 
Ou la découverte, faite complètement par hasard, des magnifiques photographies de l'artiste russe Margarita Kareva,  mettant en scène des contes traditionnels... 
... jusqu'à ce que je tombe littéralement en arrêt sur celle-ci, envoûtante et sublime,  incarnant exactement mon personnage féminin!


Et voilà, vous saurez au moins que mon éventuel prochain roman se déroulera au Moyen Age ...

(Et bientôt, promis, de nouvelles anecdotes...)

 

 

Du côté de l’objectif

Voici une nouvelle photographie, en noir & blanc cette fois-ci, prise en contre-jour alors que le ciel menaçait, quelque part en Haute-Provence… Je l’adore pour tout ce qu’elle « raconte » et laisse imaginer. Elle pourrait presque illustrer le nouveau roman que je suis en train d’écrire. Un voyage dans le temps.

 


Vestiges émouvants

Il était une fois un village médiéval tout en haut d'une colline escarpée, placé là comme pour dominer la plaine et tutoyer le ciel. 
Dire que des familles vivaient autrefois sur ces terres arides et sauvages, isolées du reste du monde! Le monastère de Ganagobie était tout proche et le son des cloches rythmait alors les journées.
Et puis un jour, les unes après les autres, les familles sont parties vivre dans la plaine plus hospitalière. A moins que le village ne se soit éteint? C'étaient en des temps troublés, à cette époque où la peste, les famines et les guerres de religion étaient de grandes faucheuses.
Le village déserté a fini par sombrer dans l'oubli et la végétation a repris ses droits, effaçant peu à peu toute trace humaine ou presque. Ne restent que ces remparts en pierres sèches, érodés par le temps, dont la grandeur de jadis gît à ses pieds, pierres retournant à la terre.

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Une petite souris à l’école

 

C’est quand même pratique d’être une petite souris, parce qu’on est toujours aux premières loges. Cette semaine, c’était la photo de classe à l’école. L’événement ! Le jour à ne pas manquer! La grande affaire! Alors vous aussi, souriez!!! (Et bonne lecture…)

 

Photo de classe

Aujourd’hui la petite souris a bien rigolé (en douce bien sûr, comme toujours!) car c’était LE  jour de photo de classe.

L’occasion de sortir le grand jeu, attention à la métamorphose! Chemise blanche avec cravate ou noeud papillon assortis,  têtes tartinées de gel où dressées d’épis conquérants. Du côté des filles, jolies robes et  belles coiffures. Mais est-ce que tout ça résistera aux sauts de cabri et à la surexcitation générale? Pas sûr… Et puis, il y a ceux qui ont oublié qu’il y avait la photo et qui tombent des nues (hé oui, il y en a toujours) ! Erreur fatale,  la grosse déconfiture, le drame! Ils sont venus en jogging ou avec le t-shirt qui a justement une tache qui ne part pas au lavage, pas de chance, on ne voit que ça, est-ce qu’un copain pourrait prêter son pull pour cacher?!

D’abord la photo de groupe. On a de la chance, il fait beau, on la fait dehors! Rapidement, la maîtresse réajuste les tenues débraillées, coiffe les mèches rebelles, replace les barrettes. Il faudra sourire naturellement, hein? Pas de grimace, pas de posture à la Quasimodo, de doigt dans le nez au mauvais moment, ni d’oreilles de lapin dans le dos du copain…Tout le monde prend la pose, on arrête de ricaner et de regarder les voisins, on bombe le torse, mais pas trop quand même, on n’oublie pas non plus de respirer. Le banc au premier plan est bancal et fait balançoire. Mais faut plus bouger! Alors on garde  l’équilibre, coûte que coûte!

Vient ensuite les photos individuelles ou avec frère et soeur. On est déjà moins emballé. Faut dire que c’est un peu le défilé-supplice. Faut passer chacun à son tour, comme à la confesse, sauf que côté intimité et discrétion… on repassera! On se dandine, on rougit sous les regards des copains-copines hilares. Le photographe insiste: il veut de beaux sourires alors on fait ce qu’on peut: sourire édenté un peu crispé, voire légèrement carnassier, rictus grimaçant, posture toute bossue ou tordue, comment se mettre? Comment se tenir? Est-on vraiment obligé de faire la photo avec son frère et sa soeur? (parce que c’est quand même un peu la honte…) Et le photographe qui dit: « on garde les yeux ouverts, on me fait un beau sourire, je veux voir TOUTES vos dents! » Alors, ça se met à loucher avec ferveur, un sourire figé plaqué aux lèvres, du 100% naturel digne d’une publicité pour dentifrice! C’est tellement drôle, la petite souris n’en peut plus de se retenir! Elle se dit que pour certains, c’est impossible, les parents ne reconnaitront pas leurs rejetons!

(Finalement, la classe s’est trouvée beaucoup plus ressemblante sur cette « photo-ci » où chacun s’est représenté tel qu’il était vraiment, au naturel, au quotidien, quoi….)

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Une petite souris à l’école…

 

Une petite souris à l’école est de retour, pour vous parler d’anniversaire et plus particulièrement de Charlotte, une petite fille que personne n’invitait jamais… Une histoire vraie, pour faire réfléchir les petits comme les grands… Bonne lecture!

 

Les anniversaires

Souvent dans les cours d’école, on assiste à des distributions d’invitations pour des anniversaires. C’est alors la ruée autour du héros du jour qu’on supplie et cajole: qui fera partie des élus?! Puis chacun s’égaille en brandissant son Sésame, triomphant et tout excité à l’idée du programme prévu : fête et goûter dans un grand parc ludique, ou alors bowling, ou encore anniversaire à MacDo! (Impossible ici d’ailleurs de ne pas faire ce  constat un peu troublant: de moins en moins de goûters d’anniversaire tout simples à la maison, mais  une surenchère, à celui qui fera l’anniversaire le plus original, toutes considérations financières mises à part, ceci relevant d’un autre débat…)

Charlotte a 8 ans. Cette fois encore,  pas d’invitation pour elle. C’est pas faute pourtant d’avoir gravité autour de l’attroupement, dans l’espoir de… peut-être…avec un peu de chance…au cas où…  Mais non. Toutes les invitations ont été distribuées, faut se rendre à l’évidence, il n’y en avait pas pour elle. Alors elle se met un peu à l’écart et regarde les heureux invités avec envie.

La sonnerie retentit, la maîtresse  peine à ramener le calme et à rassembler le rang. Elle fait ranger les invitations. Charlotte s’approche d’elle et confie : « Ils ont de la chance! Moi, on ne m’invite jamais. »     « Même pas  tes copines? »  s’enquiert la maîtresse.  Charlotte hausse les épaules avec perplexité: « J’en ai pas. Personne ne veut jouer avec moi. Et je ne sais pas pourquoi. »

C’est vrai qu’au moment des récréations, Charlotte est souvent seule. De loin, la maîtresse l’observe qui  va  de groupe en groupe, en tentant des approches, tout sourire. Mais à chaque fois on la rembarre, plus ou moins gentiment. La plupart du temps, Charlotte encaisse  sans se plaindre. Elle s’assoit dans un coin et se contente de regarder, à défaut de participer. Mais lorsque la solitude a pesé plus que d’ordinaire, c’est auprès de sa maîtresse qu’elle cherche du réconfort et à qui elle confie son désarroi: « J’ai été toute seule en récréation aujourd’hui, personne n’a voulu jouer avec moi… ».

La maîtresse s’en va alors parler avec les groupes de copines déjà constitués. Les réactions sont variées et pas toujours tendres: « Oh, bah oui mais faut dire qu’ elle nous colle tout le temps, on en a marre nous à la longue! Elle nous embête! Et puis, il n’y a plus de place dans notre jeu, tous les rôles sont pris! Elle peut aller voir les autres aussi, il n’y a pas que nous quand même dans la cour!  » Les « rejetants » devenant presque toujours les victimes, à bien les écouter.

La maîtresse persiste: aucun enfant ne devrait jamais se retrouver seul et exclu dans une cour d’école. Le sujet est évoqué en classe. Sur le moment, tous les élèves sont sensibles à la solitude ou au sentiment de rejet d’un de leur pair. Au plus profond d’eux-mêmes, ils sentent bien que c’est dur et injuste. Et la majorité promet de bon coeur d’y remédier. Mais le temps passe, et les vieilles habitudes reviennent au galop.

Et puis, un matin, au moment du « quoi de neuf », Charlotte prend  la parole: « Samedi, c’était mon anniversaire. J’ai donné pleins d’invitations (elle cite plusieurs noms de la classe, une petite dizaine.) J’ai attendu. Mais personne n’est venu. Je ne sais pas pourquoi. »

Silence de mort dans la classe. Les concernés se tortillent un peu sur leur chaise, tristes ou gênés. Quelques uns se  justifient, un peu abruptement pour certains: « occupés ou pas là, ou encore prévenus trop tard, c’est pas de leur faute,  ils n’avaient pas de temps pour acheter un cadeau et puis c’était leurs parents qui ne voulaient pas! » Personne cependant n’a pris la peine de téléphoner pour dire qu’il ne pourrait pas venir.

La petite souris, elle, est horrifiée. Elle imagine Charlotte qui a dû attendre et espérer pour rien, à côté du gâteau qu’elle avait dû faire avec sa mère… Le chagrin que cela a dû être…  Et pourtant, pas rancunière pour deux sous, Charlotte annonce que pour l’occasion, elle a quand même amené des bonbons afin de les partager avec tout le monde ! A la vue des paquets,  la classe  entière jappe de plaisir et de reconnaissance, toute gène subitement (et déjà) envolée…  Curieusement, il n’y a plus que des amis dans la classe. « Dis, c’est quoi comme bonbons, Charlotte? Trop bien, mes préférés! T’es trop gentille! »

Et Charlotte de retrouver le sourire.

Finalement, c’est peut-être la Petite Souris qui a été le plus ébranlée dans l’histoire ! Si seulement cette mésaventure pouvait servir de leçon de vie à ces petits élèves. Apprendre à se mettre à la place de l’autre, ce serait déjà ça de gagné.  Elle n’a jamais aimé ces grandes distributions d’invitations dans les cours d’école. Certes,  c’est pratique et à première vue l’occasion idéale. Tout comme il est normal et naturel de ne  pas inviter toute la classe ni  d’aimer tout le monde, évidemment. Elle-même reconnait ne pas être super super copine avec la souris indélicate qui s’amuse à faire des trous partout  dans le potager de l’école, ça non. Mais bon, un peu plus d’empathie et de retenue ne ferait pas de mal parfois.  Et pour les enfants, c’est avec ce genre d’histoire que l’apprentissage du respect d’autrui  se construit…ou pas.

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Du côté de l’objectif…

Après la grisaille persistante de ces derniers jours, grand besoin d’évasion, pas vous? Et pour cela, rien de tel que la promesse d’un soleil couchant…

Nouvelle photographie, nouveau texte… 

 

Océan minéral...


Sur le mont Chiran, il y a un observatoire astronomique.  Mais  il n'est pas forcément nécessaire d'avoir la tête dans les étoiles pour se sentir tout petit et émerveillé. 
Sensation grisante d'être sur le toit du monde, l'immensité du ciel au-dessus de soi. Les nuées qui se teintent d'or. 
Partout où porte le regard, l'illusion d'une mer démontée avec ses vagues impressionnantes, figées dans leur élan.
Un océan minéral, à perte de vue.
Alors, il y a ce désir, vieux comme l'humanité: aller voir au-delà de l'horizon. Et comme les explorateurs d'autrefois, oser l'aventure, lâcher les amarres. 

(Commentaires du photographe: Cette photographie a été prise entre chien et loup - à cet instant magique où le soleil couchant cisèle les silhouettes des montagnes. Camaïeu de gris infinis, le paysage qui se fond peu à peu dans l'obscurité tandis que le ciel s'embrase.)

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Miamouuuurrrrr (Une histoire de chat…)




Cela ne vous aura pas échappé, le printemps commence à s'installer, la nature qui se réveille, les fleurs, les oiseaux, ça fait trop du bien ... et il y a les chats. 
Donc, une fois n'est pas coutume, cet article ne parlera ni d'enfants ni de mon actualité littéraire mais... de chat! Bonne lecture!

 

Miamooooouuurrr.... (c'est sensé être un miaulement)

Grosse inquiétude ce jour-là en voulant prendre ma voiture: le chat de nos voisins s'est vautré juste derrière mes pneus et semble très mal en point: poils ternes, une petite tête toute chiffonnée, yeux mi-clos, complètement flagada et surtout des miaulements plaintifs comme il n'a jamais fait. Que se passe-t-il ? Est-il malade? A-t-il avalé quelque chose de nocif, mal quelque part? Je le caresse et il me répond avec un miaulement à déchirer l'âme qui semble dire (clairement dans ma tête d'humaine) : "aaaahhhhh si tu savais...comme j'agonise...comme je souffre...." Bah alors! Et moi qui dois m'en aller, s'il ne bouge pas, je vais l'écraser! Je mets le moteur en route pour lui faire comprendre qu'il serait bien de se déplacer un peu et je redescends pour vérifier s'il a compris. (Manquerait plus que j'écrase le chat de nos voisins!)

Mais ce gros bêta n'a pas bougé d'un pouce, au contraire, il semble plus désespéré que jamais, redoublant de miaulements à vous briser le coeur (et moi pauvre humaine, j'entends: "non, laisse-moi, pas grave, ne fais pas attention à moi, c'est la fin de toute façon, je le sens...") Me voilà bien, je ne savais pas que les chats pouvaient avoir des tendances suicidaires!

Alors, hop, je le soulève comme un gros paquet tout mou et amorphe. Je commence vraiment à être inquiète, c'est qu'on s'attache à ces petites bêtes et lui, on le connait depuis tout petit quand il essayait d'escalader le grillage pour nous rejoindre et qu'il dégringolait systématiquement en faisant un roulé-boulé. Je le dépose avec précaution  loin de ma voiture. Avachi, il m'adresse un espèce de miaulement accablé, "je suis tellement triste...si tu savais...." puis, sidérée, je le vois qui se lève lentement et titube , pareil à un zombie, chaque mouvement esquissé au ralentis comme s'il était perclus de rhumatismes, épuisé, au bout du rouleau, prêt à s'écrouler! Et ces petits miaulements qui me racontent maintenant: "aïe ouille, trop tard...c'est fini..." pour aller se recoucher... pile derrière ma voiture!

Je commence à échafauder diverses stratégies (devrais-je carrément le déposer sur son paillasson devant chez lui? )  Lorsque subitement, un autre miaulement aussi lancinant  me fait redresser la tête. Saperlipopette! Un autre mourant dans mon jardin? Je découvre alors la tête d'une adorable petite chatte angora qui nous lorgne, cachée derrière les feuilles d'iris, tout aussi alanguie que mon grand malade! Alors là, c'est la révélation, la lumière qui jaillit dans ma tête!   Ce que je pensais être une douloureuse agonie (hum!) serait une  sérénade amoureuse, un gros numéro de charme?!

De fait, nos deux tourtereaux s'observent en chats de faïence, à distance respectable. Ce sacré Fifi, quel gentleman, si respectueux des convenances! En amoureux transi, il redouble d'éloquence et maintenant, comme une évidence,  j'entends: "Tu es trop belle, quel poil soigneux...et ces si beaux yeux bleus, je m'y noie, je m'y perds...moi qui ne suis hélas qu'un gros matou orange...pas digne d'une reine comme toi..." Et la belle de minauder sur le même ton, toute pâmée: "je suis gênée, je ne sais pas...je me tâte...on ne se connait pas trop encore...et je suis si timide". (Bon, oui, je sais, pure extrapolation d'humaine, je m'emballe, mais on se croirait tellement dans les Aristochats!)

Incroyable! Notre Fifi qui est amoureux; il est pourtant coupé et moi, je croyais (naïvement?) que cela le rendait indifférent à la gente féminine!

Hé bien, que nenni, mais faut dire aussi qu'elle est drôlement jolie cette petite chatte... Et comme dirait ma fille, qui va maintenant les écouter dès qu'ils se font la sérénade  (toujours sous les pneus de ma voiture, leur coin favori, allez savoir pourquoi): "Dis donc, c'est drôlement dur l'amour..."

 

Du côté des maîtresses, par le petit bout de la lorgnette…

 

 

Voici cette semaine de nouvelles petites anecdotes (toujours aussi authentiques!)  à ranger aux lettres E, H et M dans l’ABECEDAIRE « des maitresses vues par le petit bout de la lorgnette »! Où quand les quiproquos prêtent à sourire… 

 

 

E comme Esprit mal tourné, es-tu là?

Ceci est une petite anecdote un peu malicieuse arrivée récemment à une collègue, enseignante et directrice d’une école maternelle.  Au moment du conseil d’école, elle présente aux parents les divers projets et interventions prévus cette année. Pour finir, elle annonce toute fière, qu’ils accueilleront aussi  la visite d’un professeur du conservatoire,  Mr Untel qui viendra dans les classes pour présenter son cor aux élèves.  A peine a-t-elle fini sa phrase, qu’elle réalise le quiproquo. Mais déjà des parents de glousser et elle de rougir:  « Commet ça? Monsieur Untel vient présenter son corps?! » Mais qu’est-ce qu’on enseigne en maternelle à nos enfants? Pressée de rattraper sa bévue, la collègue enchaine alors précipitamment: « Euh, je voulais dire qu’il vient présenter son instrument!« . Gros éclats de rire pleins de sous-entendus, la pauvre enseignante qui s’empêtre, de plus en plus rouge:  « Oh mais vous avez compris, il vient présenter son instrument de musique, qui est un cor, voilà! »

H comme l’Hélicoptère est passé!

Quand on est maîtresse, on peut parfois vraiment vraiment vraiment tomber des nues… L’anecdote se déroule dans une école du quartier de la Goutte d’Or à Paris. Samira, 8 ans, annonce toute contente à sa maîtresse qu’elle vient d’avoir un petit frère, dernier d’une fratrie de quatre enfants déjà, mais le premier garçon aussi, d’où cette grande joie. Elle continue: Il est arrivé samedi dernier! Mes parents sont allés le chercher à l’hôpital parce que c’est là qu’on distribue les bébés. Ah… Distribuer? Comment ça? Samira explique alors que ses parents ont commandé le petit frère sur catalogue. La maitresse est de plus en plus perplexe et se demande si elle a bien tout compris: « Sur catalogue? Mais… Tu n’as pas vu si maman avait un gros ventre ces derniers temps? » La petite secoue la tête en riant, l’air de trouver la réflexion de sa maîtresse très drôle et bizarre aussi: Bah non!  (C’est vrai aussi, quelle idée, franchement?) « Mais…  maman a quand même été à l’hôpital? » insiste la maîtresse qui a décidé d’enfiler ses gros sabots. Oui, parce que les livraisons de bébés se font par hélicoptère, sur le toit de l’hôpital! explique patiemment la petite. Ah ! La maîtresse un peu sidérée réalise enfin: dans certaines familles, apparemment, l’hélicoptère a remplacé les cigognes, les choux et les roses… Normal, il faut bien vivre avec son temps ! Enfin, c’est se demander, quand même? De quoi rester sans voix, non?

M comme Menace

Une fois n’est pas coutume, les maîtresses étant souvent aussi des mamans, voilà une petite anecdote qui déroge un peu à la règle, mais à peine… Ce soir-là, à la sortie des classes, une maman (qui est donc aussi maîtresse) récupère sa petite fille très inquiète. D’emblée, l’enfant explique son tourment: les parents de son copain Arthur ont dit à celui-ci que s’il n’était pas sage à l’école et s’il ne travaillait pas bien, hé bien « ils l’enverraient dans un endroit horrible où on abandonne les enfants« !  Ah, tiens! Ces parents auraient-ils par hasard brandi la menace d’envoi en pension? Et dans la tête d’un enfant plein d’imagination, pension rimant peut-être avec … orphelinat??? Allez savoir!  Quelle histoire! La maman tente donc de rassurer et de relativiser,  mais sa petite fille insiste, vraiment alarmée: « Mais tu ne te rends pas compte! Arthur a eu une croix dans le orange aujourd’hui! Ses parents vont pas être contents du tout! Dis maman, tu  veux pas adopter Arthur?  »

 

 

Du côté de l’objectif…

 

Bonjour à tous! Voici une nouvelle photo qui m’a particulièrement touchée et inspirée, par sa poésie, sa mélancolie aussi.

Alors bien sûr, j’aurais pu imaginer et raconter la scène pas très glorieuse d’un abandon volontaire: une histoire qui se passerait dans les années 60,  un propriétaire indélicat pressé de se débarrasser d’un vieux véhicule devenu encombrant, et qu’il aurait emmené, ni vu ni connu, dans ce lieu perdu loin de toute habitation. Cinquante ans plus tard, qui saurait dire à qui ce vieux tacot appartenait autrefois?

Mais non. J’ai préféré me laisser porter par ce que pouvait raconter cette vieille carcasse. Et voici ce que j’ai « entendu »…

 

Par un étrange  et ironique mimétisme, une vieille épave  a adopté les couleurs géologiques des « ruffes » ( roche rouge dont la couleur est due à la présence d’oxyde de fer, remontant à la fin de l’ère primaire, entre 280 et 225 millions d’années) comme si elle cherchait à se fondre  dans le paysage et gagner en honorabilité, culpabilisant d’avoir été abandonnée sans égard au milieu de cette nature  majestueuse. Depuis quand est-elle là? Quelle est son histoire? Plus personne ne sait, comme si elle n’avait jamais existé. Tôle arrachée, moteur éventré, elle se la joue alors caméléon, petit à petit digérée, grignotée, érodée.  Carcasse de métal  qui n’a, hélas, que la rouille pour se camoufler.
PS: cette photographie a remporté l'adhésion des suffrages lors d'une exposition. 

photographie: Dominique Chavy Texte: Isabelle Chavy

 

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Du côté de l’objectif…

 

Je ne sais pas vous, mais toute cette pluie et ce vent me donnent des envies furieuses de printemps. Or, il se trouve que les premiers amandiers fleurissent déjà, là-bas dans le sud! Un signe qui ne trompe pas! Voici une nouvelle photographie ( de mon photographe préféré!) accompagnée d’un petit texte, histoire de s’accorder un petit moment d’évasion…

 

Lumière diffuse d'un ciel gris de fin d'hiver.  
Quelque part en Provence,  un majestueux amandier en fleur se dresse. Isolé, exposé à tous les vents, mais tenant bon. Ses délicats pétales rose pâle frémissent comme le voile de ces mariées d'autrefois. On se demande d'où il puise une telle vitalité. 
Il est l'arbre Sentinelle, l'arbre Gardien, annonciateur du printemps qui sera bientôt là. 
Tant que les amandiers seront en fleur...

Du côté de l’objectif…

 

 

L’hiver commence à donner des signes de faiblesses, le printemps se profile lentement à l’horizon, il y a des signes qui ne trompent pas… Avec cette nouvelle photographie, je vous invite dans un monde où la magie existerait encore, comme en ces temps lointains où les hommes vénéraient et invoquaient Dame nature. 

 



Lieu enchanté

C'est un endroit secret et mystérieux, qui ne se dévoile que quelques jours par an. Pour avoir la chance de contempler ce miracle, il ne faut pas avoir peur de marcher longtemps, de quitter le sentier et de se laisser juste guider par le son de l'eau. Une mélodie vive et cristalline qui emplit tout le sous-bois.

On dirait une rivière à fées. Un lieu magique habité par des ondines. Dans les mythes d'autrefois, on attribuait l'alimentation en eau des torrents et des fontaines aux larmes des ondines. Ceux-ci se tarissaient dès qu'une de ces fées se sentait offensée. Il était alors coutume de jeter diverses offrandes dans les eaux, tels que des guirlandes de fleurs, des épingles ou des tessons de bouteilles, qui étaient pour les ondines de véritables trésors miroitant dans l'eau.

Le réveil de ce torrent éphémère dépend en fait de la résurgence qui l'alimente en amont. De grosses pluies sont tombées toute la semaine dernière. La résurgence a fini par déborder, libérant ses eaux tumultueuses du haut des falaises.

Le sous-bois résonnera pendant plusieurs jours du bruit de la petite rivière dévalant ses pentes, avant que celle-ci ne se tarisse, jusqu'aux prochaines grosses pluies hivernales. Il faudra alors à nouveau patienter pour espérer y apercevoir, peut-être, une ondine peignant sa longue chevelure d'or.

PS: Le nom de l'endroit est gardé volontairement secret à la demande du photographe, car fragile et donc à préserver...


 

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