Des héros ordinaires

Récemment j’ai dû faire une petite escale en chirurgie ambulatoire, à l’hôpital. Ce n’est pas de moi toutefois dont je parlerai ici. Mais plutôt l’envie de « raconter » ce monde qu’est l’hôpital, tel que je l’ai côtoyé durant une longue journée.

Un écosystème à lui tout seul, où tout le monde dépend de tout le monde, dans une interaction permanente. Sans répit. En non-stop. Et en équilibre tellement précaire.

J’ai découvert des gens admirables. Tous rassurants et assurant sans faillir – secrétaires, aide-soignantes, infirmières, brancardiers, anesthésistes, médecins – afin d’accompagner au mieux des patients forcément inquiets, démunis, vulnérables ou stressés.

Un personnel pourtant lui-même malmené, surmené, sans cesse sur la corde raide et pressé comme un citron.

Pour commencer, cette infirmière d’une gentillesse infinie, s’excusant de n’être que deux collègues ce jour-là, plus deux aides-soignantes, pour gérer 34 patients. Et que c’était comme ça tout le temps. Puis racontant que son fils avait voulu faire médecine, avant de craquer au bout de quelques mois et d’appeler au secours avec cette phrase terrible : « Maman, je n’y arrive pas, c’est trop dur, je ne suis qu’une merde. »

Que dire de cette façon de sélectionner, de trier nos futurs médecins… alors qu’on en manque aujourd’hui si cruellement. Des personnes qui soigneraient autant par l’acte médical que par l’empathie et la bienveillance. En n’étant ni des robots, ni des machines. Encore moins des surhumains.

En revanche, j’ai vu des « héroïnes et des héros du quotidien », donnant tout, en dépit de leurs rudes conditions de travail.

Emmenée au bloc, il a fallu patienter quelques temps sur un brancard, dans une sorte de pièce qui faisait office de gare de triage, au milieu d’autres brancards. Une fourmilière en hyperactivité, des blouses blanches, bleues, vertes, qui allaient dans tous les sens, dans un ballet bien rodé, connu d’eux seuls.

Pour compenser la promiscuité et l’inconfort de la situation, un accueil humain extraordinaire. Une couverture chauffée posée délicatement pour qu’on ne prenne pas froid en attendant. Puis la venue de l’anesthésiste, souriant et détendu, en qui il faut avoir sacrément confiance pour se laisser sombrer dans le néant de l’anesthésie générale, ce trou insondable de plusieurs heures dans votre vie, dont on ne gardera aucun souvenir.

Une dame âgée, sur un brancard à côté du mien, était fort angoissée à l’idée de son opération. On devait lui retirer la vésicule biliaire. Pas anodin. L’anesthésiste puis les infirmières ont pris tout le temps nécessaire pour la calmer, la rassurer et lui expliquer comment ils allaient procéder.

Deux infirmières sont venues se présenter à moi, m’annonçant que ce seraient elles qui s’occuperaient de moi au bloc. Mais très vite, l’une d’elles a dû partir, appelée pour une urgence, ailleurs. Un jeune infirmier l’a alors remplacée. Adorable, drôle et plein d’énergie. Tout pour détendre l’atmosphère et la patiente !

Il était plus de midi. Ma chirurgienne est passée dire bonjour. Elle n’avait pas encore mangé alors l’infirmière lui a proposé d’aller grignoter quelque chose pendant qu’on me préparait au bloc. Tout le monde veillant sur les uns et les autres, seule façon de tenir la cadence… Et se serrer les coudes.

Puis la salle d’opération, froide comme un frigo. Et les infirmières, toutes en petites blouses légères, manches courtes. L’une d’elle, toute jeune, m’a confiée que ce n’était pas facile à supporter tandis que sa collègue, plus expérimentée, répondait en riant qu’elles n’avaient pas le temps d’avoir froid de toutes façons, tellement elles couraient sans arrêt, dans tous les sens. Le jeune infirmier a confirmé : ils couraient en effet tout le temps, pour preuve, il était encore de garde ce soir, des heures supplémentaires apparemment. Grimace blasée de la collègue. Il souffrait également de la gorge et d’un début d’extinction de voix. Passer du chaud au froid en permanence, ça ne pardonne pas…

Voilà ce dont j’avais envie de témoigner aujourd’hui…

Et pour conclure, juste deux mots : respect et merci.

Belle année 2020

Pour cette nouvelle année, je vous adresse mes meilleurs voeux, santé, bonheur, amour et pleins de projets à rêver et à concrétiser. Et ce magnifique poème de Gabriel Garcia Marquez, à partager, à chuchoter et à méditer… A tous, belle année 2020. et à bientôt !

Si pour un moment Dieu pouvait oublier que je suis une marionnette de chiffon et me donner en cadeau une parcelle de vie, j’en profiterais le plus possible.
Je ne dirais probablement pas tout ce que je pense mais sûrement je penserais tout ce que je dis. Je donnerais une valeur aux choses, non pas pour ce qu’elles représentent, mais plutôt pour ce qu’elles signifient.
Je dormirais peu, je rêverais davantage, sachant que pour chaque minute pendant laquelle nous fermons les yeux nous perdons soixante secondes de lumière.
Je marcherais alors que les autres s’arrêtent ; je me réveillerais quand les autres s’endorment.

Si Dieu me faisait cadeau d’un petit peu de vie je m’habillerais simplement, je m’allongerais à plat ventre sur le sol mettant à nu non seulement mon corps mais aussi mon âme.
Aux hommes, je leur prouverais combien ils se trompent en pensant qu’ils cessent d’être amoureux en vieillissant, sans savoir qu’ils vieillissent quand ils cessent d’être amoureux.
A un enfant je lui donnerais des ailes, mais je le laisserais apprendre à voler tout seul.
Aux vieux je leur apprendrais que la mort ne vient pas avec la vieillesse mais plutôt avec l’oubli.

J’ai tant appris de vous, les hommes…
J’ai appris que tout le monde veut vivre au sommet de la montagne sans savoir que le vrai bonheur est dans la manière de l’escalader.
J’ai appris que lorsqu’un nouveau-né serre pour la première fois dans sa petite main le doigt de son père, il le garde attrapé pour toujours.
J’ai appris qu’un homme a seulement le droit d’en regarder un autre en bas quand il faut l’aider à se relever. Dis toujours ce que tu ressens et fais ce que tu penses.
Garde auprès de toi ceux que tu aimes; dis-leur à l’oreille que tu as besoin d’eux; aime-les et soigne-les bien; prends le temps de leur dire “je te comprends”, “pardonne-moi”, “s’il te plaît”, “merci” et tous les autres mots d’amour que tu connais .

Gabriel Garcìa márquez : La rue des petites perles .

Quelques jolis retours de lecture… Merci !

3 commentaires client

mokuenko 5,0 sur 5 étoiles roman historique passionnant Quel plaisir de lecture. Qualité du style riche et souple à la fois. Aventures haletantes avec la dose de suspense qui nous fait tourner avidement les pages. Tout cela dans les remous de l’histoire à l’époque des cathares .Combien de fois je me suis dit au cours de la lecture  » comme c’est bien écrit, comme c’est intéressant » …vivement le prochain de cette auteure remarquable !

Philippe Meisburger5,0 sur 5 étoiles Une histoire d’amour et de fureur, mais aussi une ode à la force et au courage des femmes.Pourtant plus friand de thrillers et de SF, j’ai décidé de me plonger dans la lecture de ce secret d’Alix qu’une amie m’a offert pour Noël (le roman a connu une première vie dans un célèbre club de lecture). Force est de constater que je n’ai pas été déçu du voyage.

Porté par la plume très riche d’Isabelle Chavy, ce livre nous fait découvrir une époque que personnellement je ne connaissais que peu (le 13e siècle en Occitanie, terre des cathares, poursuivis pour hérésie par l’Église Catholique). Porté par des personnages forts (Alix est une vraie féministe avant l’heure), ce roman superbement écrit nous fait vivre cinquante ans d’histoire vue à travers les yeux d’une famille de nobles, dont la vie sera tout sauf un long fleuve tranquille.

Tous les ingrédients pour faire un grand succès de librairie sont là : du dépaysement, de l’aventure, de l’action, des rebondissements, de la violence, et surtout des personnages d’une très grande force, auxquels on s’attache immédiatement, le tout au service d’une histoire d’amours impossibles qui durera ad vitam aeternam.
Un grand roman d’aventures historique qui n’a rien à envier aux ténors du genre, une histoire d’amour et de fureur, mais aussi une ode à la force et au courage des femmes. Une très belle lecture.

Suzanne5,0 sur 5 étoiles Quelle plume ! Une plume magnifique, des descriptions riches et vivantes, un contexte historique passionnant, des personnages attachants et une intrigue prenante qui ne nous épargne rien ! Une vraie réussite pour cette fresque historique !U

A vos agendas !

Bonjour à tous !

A tous ceux qui n’habiteraient pas trop loin et à ceux qui souhaiteraient en profiter pour s’octroyer une petite escapade dans le golfe du Morbihan, sachez que j’aurai le plaisir de participer au salon du livre de Saint-Philibert dans le Morbihan, le dimanche 8 décembre, à partir de 10h. A bientôt!!

Une petite Souris à l’école en deuil.

La petite Souris a une pensée émue pour Christine Renon, que l’on enterre aujourd’hui. Une enseignante et directrice d’une école à Pantin, que le métier (ou le sacerdoce? ) a tellement usée, démoralisée, moralement et physiquement, qu’elle a fait le choix d’en finir de façon radicale…

Cette dame avait 58 ans. La retraite était pour bientôt, un repos amplement mérité, après tant d’années consacrées, dévouées, à l’école et à ses élèves. Sur le papier, il ne restait que quelques petites années à tenir, encore, la tête hors de l’eau, tant bien que mal… avant de pouvoir enfin souffler et passer le flambeau.

Mais c’étaient encore quelques longues années de trop.

58 ans et combien d’années accomplies consciencieusement, tel un bon petit soldat, au service de l’éducation nationale, pour en arriver là… ? De longues années durant lesquelles elle a assisté, impuissante, comme tous ses collègues, à l’inexorable dégradation des conditions de travail. Pour finir broyée…



Après un long silence…

… je viens enfin vous donner quelques nouvelles.

Plusieurs projets sont sur le feu pour les mois à venir ! Je vous tiendrai au courant au fur et à mesure.

Mais pour commencer, cette annonce, pour tous ceux qui me le demandaient et qui patientaient : la parution en librairie, partout en France, de mon roman Le secret d’Alix est fixée au 17 octobre 2019 !

A très bientôt!

Mon prochain roman…


Mon prochain roman (en cours d’écriture – je flâne, je prends mon temps…) vient de rencontrer « sa » mélodie… Comme un coup de coeur, une évidence… Une musique entendue pour la première fois pendant le magnifique concert des Orchestries à Niort, début juillet. Et tandis que j’écoutais, toute mon histoire a défilé…

A écouter, les yeux fermés…