« Le choix d’une vie »: sortie en librairie!

 

Tadam! Mon second roman Le choix d’une vie (aux éditions Nouvelles Plumes) est sorti en librairie!! Vous pouvez le trouver partout maintenant !

 

 

Résumé de l’histoire:

Anna, jeune mère de famille parisienne, apprend avec surprise qu’elle est l’héritière d’une maison dans l’Yonne. Un héritage mystérieux et inattendu qui va inciter la jeune femme à se plonger dans son histoire familiale. Quels secrets abrite cette demeure?

Une petite souris à l’école: sexisme à tous les étages

 

Quand le sexisme s’invite à l’école, la Petite Souris en grince des dents… Petite chronique dans l’air du temps… 

 

Théophile a 6 ans. En classe, il a toujours besoin de se faire remarquer : il parle plus fort que tout le monde, attire l’attention sur lui par toutes sortes de propos souvent grossiers ou provocants. Il est habitué à exiger et tout est prétexte à râler. Ce jour-là, il est particulièrement agité, quand tout à coup, il interpelle la maîtresse (genre beuglement à faire lever toutes les têtes):

« Bon, on fait quoi maintenant femmelette? »

Inutile de préciser que la maîtresse a failli en tomber à la renverse… et que la réplique n’a pas trainé.

Femmelette, quel drôle de mot pourtant, qui  rime comme omelette, saperlipopette, pirouette et cacahuète. Cela a bien fait rire les autres enfants, certains ne le connaissaient même pas, quelle trouvaille! Quant à Théophile, tout fier de son éclat, on se demande (pour la forme) où il l’a entendu…

Le soir même, la maîtresse a rendez-vous avec la maman d’un autre enfant dont le comportement s’avère problématique: agressivité verbale et physique quotidienne envers les autres élèves, grosses colères, conflits permanents avec les adultes. Bref le vase déborde. Fatigue nerveuse, usure, exaspération.

La mère, fataliste, écoute, hausse les épaules puis confie son désarroi :

« Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise? Moi, il ne m’écoute pas de toute façon. Il me traite de pouffiasse et parfois il me tape aussi. Il y a que son beau-père qu’il craint! Avec lui, y a pas de problème, il file droit, ça oui! Mais moi,  je sais plus quoi faire! Je lui ai déjà dit que j’allais le mettre dans une famille d’accueil s’il continue comme ça! Et puis à l’école, si ça marche pas avec lui, c’est normal: les maîtresses ne sont pas assez autoritaires. D’ailleurs, il n’y a que des femmes dans les écoles…alors, forcément! »

Bah oui, tiens, forcément… Maintenant qu’on le dit – révélation! – le problème viendrait donc de là?! Aïe, pas gagné alors quand on sait que dans l’enseignement primaire, 82% des enseignants sont des femmes…

Petit débriefing  entre collègues, le soir, après les mille et unes péripéties d’une journée presque ordinaire, l’instant « SAS de décompression » avant de rempiler sur la seconde journée de travail qui les attend, maison-famille-enfant-courses-lessive etc… L’une raconte qu’elle s’est pris un coup de pied dans le tibia en voulant intervenir dans une bagarre. Une autre: qu’un de ses élèves a balancé son cahier à travers la classe, sous prétexte qu’il n’avait pas envie de faire son travail. Dans un autre classe, c’est Machin qui a renversé sa table pour manifester son mécontentement.

« Il faudrait plus de collègues masculins dans les écoles primaires, commente alors l’une d’entre elles. Malheureusement, inutile de les chercher, ils sont en voie de disparition… Ou alors il faudrait  rendre les salaires plus attractifs… »

Long silence songeur. Rendre les salaires plus attractifs…? Juste pour attirer les hommes?

En quel honneur?

Parce qu’il serait dans l’ordre des choses que les femmes se contentent, elles, de salaires non attractifs?

Sexisme ordinaire… à tous les étages.

 

 

 

 

 

 

Du côté de l’objectif…

 

Automne

Près d'un lac, au petit matin. La nature qui s'éveille doucement. Le silence est troublé par le cris des foulques, dissimulées dans les hautes herbes. Au loin, des pêcheurs taquinent le brochet. Envie de saisir les dernières couleurs automnales avant le grand sommeil, tenter de capter cette incroyable  lumière qui irise  les saulaies et dont les branches se dénudent peu à peu. Jeunes saules qui ont les pieds dans l'eau et dont le reflet ondoie à la surface; où commencent et où finissent les graciles branches? Le photographe s'est fait surprendre par la vivacité de l'air, il a la piquette aux mains.



Arche végétale, entrée secrète d'un royaume mystérieux? 
Troublants jeux de miroir. 
Comme Narcisse séduit par son reflet, de toutes leurs branches, les saules semblent chercher l'étreinte, trompés par l'illusion traitresse.

Une petite souris à l’école: spécial « bestiaire »

Parfois, la Petite Souris a de la concurrence dans les classes. Alors aujourd’hui, la parole revient exceptionnellement à toutes ces autres petites bébêtes qui peuplent les classes. 

 

 

Le témoignage (très affecté) de Gipsy (l’araignée, forcément)

« Je vous assure, ce n’est pas faute d’avoir été discrète. J’avais déniché un petit coin tranquille au fond d’un casier rempli de fouillis, la planque idéale, j’y avais une paix royale. Je ne dérangeais personne! Alors imaginez la trouille que j’ai eue quand j’ai vu cette grosse main farfouiller vers moi! Instinct de défense, c’était soit mourir aplatie-écrasée, soit réagir. Dans ces moments, vous le savez bien, on ne réfléchit plus, on agit et hop… je me suis retrouvée sur la main.

Hélas, mal m’en a pris… et ce fut le début de mes ennuis. Une espèce de sirène s’est aussitôt déclenchée dans la classe. Branle-bas de combat, raclements de chaises, limite émeute, tous les élèves agglutinés autour de la Brailleuse qui agitait la main dans tous les sens!

Me voilà alors volant dans les airs, atterrissage un peu rude sur une autre table et surenchère de cris: Quelle horreur!  Elle est super poilue! Elle est énorme! Regardez! Elle a deux crochets rouges! On l’écrase maîtresse? Attention, elle se sauve!  Evidemment que je me carapate, bande de tortionnaires! Poilue moi? Même pas ou si peu! Je vous jure, qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre!

La maîtresse demande s’il y a un courageux dans la classe pour me mettre dehors! Qu’est-ce qu’ils croient tous? Que je vais me jeter sur eux, tous crochets brandis??? Ils en ont des bonnes, vraiment! Moi, je suis complètement affolée. Traquée, acculée! On cherche à tout prix à me faire grimper sur une pochette cartonnée. Voilà, ils ont gain de cause, j’y suis! Et bien sûr, ça hurle de plus belle.

A nouveau,  je traverse  la classe sur mon tapis volant improvisé, escortée par une bande d’excités. La maîtresse ouvre la fenêtre et à moi le vol plané, jetée comme une malpropre.

Ce jour- là, j’ai été traumatisée… et j’y ai même perdu une patte. Pas drôle tous les jours d’être une araignée…Mais bon, voyons les choses du bon côté,  cela aurait pu être pire… »

Les déboires de Gaspard le lézard

« Bah moi aussi je suis traumatisé. Je ne suis qu’un bébé lézard qui faisait sa première sortie, attiré par les rayons du soleil. J’ai vu trop tard le petit humain qui m’a chopé par la queue. Aïe! Je n’ai pas tout de suite compris que j’avais perdu ma queue toute neuve! Et là-dessus je me suis retrouvé enfermé dans une boite toute sombre, mon petit coeur battant la chamade, complètement affolé.

Le petit humain a expliqué à la maîtresse qu’il m’avait capturé pour me donner à son chat! Terrifié, je les ai entendu parlementer. Le petit humain a été long à convaincre qu’il fallait me relâcher. Mais la maîtresse a finalement eu gain de cause et d’expliquer aux autres enfants pourquoi je n’avais plus de queue. Une voix fuse alors: « Pas grave, sur le petit bout de queue, un nouveau lézard va pousser! »  Bah voyons! Dès que j’ai vu la lumière du jour, je me suis sauvé sans demander mon reste. Désormais ça me servira de leçon et je me méfierai aussi des petits humains. »

Huguette, Bob, Gudule, Albert, Josette, Philibert, Ursule, Léon etc etc etc…

« Viens mon chou, mon bijou, mon joujou, sur mes genoux, et jette des cailloux à ce hibou plein de poux »

Nous, on ne craint rien ni personne! Plus coriaces que nous, y a pas. En classe nous sommes les rois! On pullule, on se multiplie, on se propage. C’est qu’on n’est pas difficiles: toutes les chevelures font l’affaire même si nous avons une préférence pour les bouclées, les épaisses, bien sûr. Parfois, on n’est pas contre une petite sortie improvisée, faut comprendre, tellement d’autres territoires à conquérir! A bien y réfléchir, nous sommes des Aventuriers, des Explorateurs, des vrais de vrais! »

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Une petite souris à l’école: au pays des Monstrosors

Aujourd’hui, la Petite souris a envie de rendre hommage à tous ces professeurs des écoles parfois héroïques. Ou quand faire la classe n’est pas toujours une sinécure et quand certaines petites têtes blondes s’avèrent être en réalité d’affreux Monstrosors. La Petite Souris a parfois eu la tentation de prendre ses jambes à son cou, pour se cacher dans son trou et ne plus en ressortir. Tout comme il existe certaines classes où il n’y a plus de petite souris à cause de la trop grande concentration de Monstrosors… 

 

 

Bienvenue au rayon des colères chroniques et autres cacas nerveux

Nathanaël, en CE1, est LE spécialiste des grosses crises de colères. Pas question de travailler si la maîtresse ne reste pas à côté de lui, tout le temps. Les autres élèves?  Des rivaux qu’il faut évincer, et pas dans la douceur. Sa tolérance à la frustration étant proche du zéro, il part en vrille dès la moindre contrariété. Il est devenu expert en petits bruits « parasites » qui vont crescendo jusqu’à l’insupportable. C’est aussi un as du sabotage, feuilles gribouillées,  trouée puis jetée en boule à la tête des autres. Un élève indisposé ose se plaindre? Nathanaël voit aussitôt rouge! « Les autres en ont toujours après lui, c’est pas juste, il n’a rien fait »! Et maintenant, c’est le cartable du voisin et tout ce qu’il y a sur sa table qui volent dans la classe. La maîtresse se fâche et se voit obligée de le contenir avant qu’il ne fasse mal à quelqu’un. Il s’esquive et se jette sur les affiches qu’il tente d’arracher. Puis menace de balancer sa chaise sur le premier qui le regarde de travers. Cela se termine toujours de la même façon: la maîtresse qui l’attrape, le traine de force dans le couloir et  le contient physiquement, en attendant qu’un collègue arrive en renfort. La classe, restée seule, bourdonne comme une abeille désorientée. « Continuez de travailler, les enfants… la maîtresse n’est pas loin et revient dès qu’elle peut »! C’est violent; elle s’est déjà pris des coups et des tentatives de morsures. Elle a surtout compté le temps qu’elle perdait chaque jour, à gérer ces colères: mises bout à bout, plus d’une heure qui s’est encore envolée. Une heure de perdue pour les apprentissages. Usure et lassitude.

Blablabla…

Lucas, 6 ans, est rentré en CP… à reculons.  Il ne se sent pas concerné par ce qui se passe en classe. C’est encore un tout-petit dans sa tête. Apprendre à lire, écrire, compter, pour quoi faire? Il est à mille lieues de tout ça. Alors dès qu’il peut, il cherche à  » se sauver »: il file à quatre pattes dans la pièce, rampe sur le sol comme un serpent, il rigole, ça l’amuse follement,  glisse sous les chaises des copains dont il attrape les pieds. Puis se roule par terre en hurlant blablabla quand la maîtresse intervient. Et c’est comme ça tous les jours.

Langage fleuri

Gabin, 6 ans et déjà tout d’un petit dur: dans le regard, dans la posture, dans les  « Non! » qu’il braille quand il a décrété qu’il n’avait pas envie. Gabin est dans la toute puissance, depuis toujours, et son vocabulaire est déjà très fleuri. Il jure comme un vrai charretier et est un fervent adepte du doigt d’honneur. Mère convoquée; elle déboule un soir dans le couloir en remorquant son  fils, plus  une petite soeur de 3 ans qui gigote dans ses bras. Le gamin ne veut pas venir et regimbe avec humeur. Retentissent alors les charmantes remontrances maternelles : Putain de merde, tu fais chier, quel enfoiré, bordel!  Et la petite soeur, toute guillerette, de répéter en choeur: Putain-merde- chier-enfoiré- bordel!

Journée rock & roll

Après le hip hop sur sa table, le roulé boulé au sol, le saut par dessus la barrière dans la cour, le goinffrage de bonbons volés derrière la cabane, voici l’enfant  volant dans les couloirs et qui atterrit dans les bras de la psychologue scolaire… Une journée presque ordinaire pour le petit Carlos, 6 ans…

(Cette histoire a été écrite par une collègue un peu désabusée. Elle m’a bien fait rire… parce que c’est tellement ça! Et vaut mieux en rire qu’en pleurer, non?) 

Et pour finir, quelques petits savoureux échanges…

Un élève à sa maîtresse: « Je vais demander à maman qu’elle te fasse renvoyer! »

Une mère à l’enseignant de sa fille en CM2:  » Elle part complètement en vrille à la maison, faites quelque chose bon sang!!!! »

 

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Une petite souris à l’école

De nouvelles aventures pour La Petite Souris! Et pour commencer, une devinette: quel rapport y a-t-il entre un plombier et des vêtements qui ont disparu? La petite Souris, sait, elle! Mais il a fallu chercher longtemps pour comprendre…  Dernier indice: le dénominateur commun à ces deux nouvelles anecdotes, c’est… le papier toilette! Bonne lecture.

Histoires Improbables…

Inondation à l’école maternelle

Depuis quelques temps, les toilettes des maternelles sont régulièrement bouchées. Les femmes de ménage pestent. Les maîtresses expliquent à leurs élèves qu’il ne faut pas jeter autant de papier dans la cuvette. Pas simple! Les petits ont toujours tendance à dérouler le rouleau entièrement…  Or, ce jour-là, c’est le pompon. Les toilettes sont à nouveau bouchés et cette fois-ci, ça déborde, un vrai raz-de-marée, il y a de l’eau partout. Le plombier est appelé en urgence. Coupure d’eau générale, le brave artisan se rend compte que le bouchon n’est pas très loin mais qu’il a l’air très compact, comme coincé, une vraie galère. Pas le choix, va falloir démonter les tuyaux. A la fin de l’opération, qui a pris un long moment, les maîtresses n’en croient pas leurs yeux: le plombier a extirpé des canalisations plusieurs petits slips, shorts et pantalons. Mais d’où ça sort?! C’est alors qu’une maîtresse a comme une révélation. Elle est sidérée et c’est peu de le dire. Voilà des semaines qu’une maman vient régulièrement se plaindre auprès d’elle car les affaires de rechange de son fils, en petite section, disparaissent systématiquement du porte-manteau, ne restant à chaque fois qu’un sac vide. Une énigme insoluble, qui leur a valu de retourner toute l’école, de fouiller les sacs des autres enfants et d’interroger tout le monde, y compris le petit garçon en question ! Mais rien à faire, le mystère restait entier, les vêtements se volatilisaient à chaque fois et on ne les retrouvait pas. On fait venir le petit garçon qui reconnait bien, en effet, ses vêtements. Mais il n’a pas l’air particulièrement heureux de les retrouver et affiche une mine contrariée. Il finit par dire que c’est lui qui les jetait aux toilettes, chaque matin… parce qu’il n’en avait pas besoin.

Danger, pervers!

Début d’après-midi, la classe de CP est train de travailler quand le directeur déboule, la mine contrariée. Il fait signe à la jeune maîtresse de le suivre dans le couloir et en aparté, lui explique la situation:

 » Il y a un problème, va falloir faire une enquête! Les femmes de ménage ont trouvé dans les toilettes des empreintes de main couvertes de merde!!! On aurait voulu imiter la grotte de Lascaux qu’on aurait fait pareil! Il y en a  partout: sur les murs carrelés, les portes, et pas qu’un peu! Un gamin qui étale sa merde partout comme ça, c’est pas normal! La chasse d’eau n’était même pas tirée! Une puanteur ! On a déjà eu un cas semblable il y a quelques années. C’était un gosse qui avait des tendances perverses et qui nous en a fait voir de toutes les couleurs: il mettait exprès ses mains dans son caca et s’en barbouillait et il en tapissait tous les murs, un gros cas lourd!!!! Alors, on ne traine pas, je vais prévenir la psychologue scolaire et de votre côté, interrogez vos élèves, s’ils ont vu quelque chose! »

La maîtresse a tout écouté sans broncher, oscillant entre la stupeur, l’embarras et… le fou rire. Puis finit par hasarder :

« Euh... Et si ça avait plutôt un lien avec mon petit Anatole? En rentrant de cantine, il y a un quart d’heure, il est venu me voir en pleurant, il était plein de caca. Il avait la diarrhée et aux WC, il n’y avait plus de papier de toilette… Alors il s’en est mis partout! Je viens d’appeler une dame de service pour qu’elle le nettoie et j’ai aussi prévenu la maman... »

Incrédulité du directeur, qui doute encore:

 » Alors, ce n’est pas un pervers?« .

« Non, je ne crois pas… Juste une gastro…une méchante gastro… » sourit la maîtresse.

La petite souris

Rentrée des classes oblige,  La Petite Souris est de retour, fidèle au poste et heureuse de vous retrouver ! Et dans son petit cartable, de nouvelles anecdotes qu’elle a glanées ici et là! Bonne lecture!!!

 

Fête d’école

La fête d’école bat son plein, ça va bientôt être l’heure du spectacle des classes d’élémentaire. Le décors et le matériel sont en place sous le préau. Une des maîtresses vient faire les dernières vérifications lorsque perplexité: un grand-père est assis en plein sur la scène, face au public, sur l’une des chaises qui servira au spectacle. Très poliment, la maîtresse va lui expliquer qu’il ne peut pas rester là et qu’elle a besoin de la chaise pour le spectacle. Mais  le vieux monsieur, bougon, ne l’entend pas de cette oreille! Non, il ne bougera pas de sa chaise: c’est le seul endroit qui est à l’ombre et toutes les autres chaises sont déjà prises!

(Dénouement de l’histoire? Intégrer le vieux monsieur dans le spectacle n’étant pas envisageable, pas le choix, la maîtresse est vite allée chercher une autre chaise dans sa classe, a trouvé un petit coin à l’ombre sous le préau et avec beaucoup de persuasion, a réussi à faire bouger le papy…)

Un problème de colle…

(Petit instantané d’un premier jour en CP.)

« Maîtresse! Viens vite, j’ai un problèèèèèmmme! » appelle Justin,   fort désemparé. « Ma colle veut plus rentrer ! » Et pour cause ! Justin,  mains et joues généreusement tartinées de blanc, montre à l’enseignante ce qui reste de son bâton de colle: écrabouillé, aplati… et  complètement sorti de son tube jaune…

Excuse à la noix

Un lundi matin, la maman de Jonathan – short ultra moulant et talons aiguilles – demande à voir la maîtresse. Elle est « vraiment désolée mais on lui a imposé la date, vous comprenez, des mois d’attente pour avoir un rendez-vous chez ce spécialiste! Alors, est-ce  que c’est grave si son fils manque l’école jeudi prochain? »

Mercredi matin, rebelote, elle va à nouveau voir la maîtresse et confirme, toujours aussi confuse:

« Non, vraiment, rien à faire, je n’ai pas réussi à changer la date pour le spécialiste, trop compliqué! Jonathan sera donc absent demain.  »

Tant d’émoi pour un rendez-vous médical programmé, apparemment, depuis longtemps…

En classe, l’air de rien, la maîtresse demande à Jonathan si c’est pour ses lunettes qu’il doit aller voir le spécialiste demain toute la journée. Le petit garçon lève un regard étonné:

« Bah non, on va aller à Aqualand .  »

(Morale: quoi qu’il arrive, tôt ou tard, la vérité sort toujours de la bouche des enfants…)

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Bonnes vacances!

 

 

Pendant les vacances, mon blog va se mettre au vert, tout comme la Petite Souris qui rêve de dépaysement. Mais c’est pour mieux vous retrouver, à la rentrée, en pleine forme, avec pleins de nouvelles anecdotes!

En attendant, savourez chaque instant, même les petits riens et les petits bonheurs anodins du quotidien!

A très bientôt!

 

 

 

Une petite souris à l’école…

 

Les grandes vacances approchent à grands pas, le compte à rebours est lancé pour les petits comme pour les grands, dernière occasion de l’année pour la Petite Souris de feuilleter son album de souvenirs… et pour finir en beauté, de la tendresse et de l’émotion… Bonne lecture !

 

Album souvenirs (suite et fin)

L’ autoportrait de Milla.

Dans le cadre d’un travail en arts visuels, des élèves de CP font leur autoportrait à la craie grasse. Milla est une petite guyanaise arrivée depuis peu en métropole, peau noire et pleins de petites nattes sur la tête dans lesquelles tintinnabulent des perles colorées. Quand elle a fini, elle va voir sa maîtresse et montre fièrement son dessin. La maîtresse est un peu surprise :  » C’est ton visage que tu as dessiné? » La petite fille hoche la tête avec vigueur, oui, elle s’est dessinée telle qu’elle est…ou s’imagine être? Car sur la grande feuille de papier canson, Milla est une petite fille aux longs cheveux blonds comme les blés et aux yeux bleu myosotis…

Le grand frère

Alors que la classe est de sortie en ville, Antonin, 7 ans, interpelle sa maîtresse. Il est tout secoué et les mots se bousculent dans sa bouche: il vient de voir son grand frère sur le parking de l’ancien supermarché désaffecté. « Maman va pas être contente! Mon grand-frère fait plein de bêtises en ce moment! Il a même été à la police parce qu’il a volé des choses dans un magasin! Il veut plus écouter papa-maman et il crie tout le temps à la maison. Il veut plus aller au collège. Je sais pas ce qu’il fait là.  »  Ce grand frère, la Petite Souris s’en souvient très bien. Sept ans plutôt, il était dans la classe. Un petit garçon sans histoire et très discret…

Souffrance

Mamoudou a 10 ans.  Tout en muscles. Tout en sensibilité exacerbée aussi. Un écorché vif. Le trop-plein de rage, de chagrin, d’impuissance, d’injustice, il l’évacue à coups de poings. Bagarres à répétition, il pleure comme un tout petit mais cogne comme une brute, aveuglément.  Sa maîtresse accourt la première sur les lieux. Pas le choix, il faut rentrer dans l’empoignade; les deux enfants sont devenus complètement sourds et hermétiques à leur entourage. Ceinturer à bras le corps Mamadou qui sanglote, rue et vocifère, et esquiver tant bien que mal les coups. « Il a insulté ma mère!  » hurle-t-il en essayant de s’échapper, quitte à faire mal. Un collègue arrive en renfort, il est plus fort, il prend le relais.  La maîtresse en profite pour éloigner l’autre élève, nez et bouche ensanglantés. Dans son dos, Mamadou  se débat toujours.

De l’altercation, la maîtresse a hérité un beau bleu sur le bras: l’empreinte très distincte des cinq doigts de Mamadou quand il a cherché à s’échapper. Le lendemain matin, quand elle passe devant le rang, Mamadou remarque l’hématome mais ne dit rien.

C’est l’heure de la récréation, la classe se vide. Sauf Mamadou qui traine, le visage fermé. Ce n’est qu’une fois seul qu’ il décide alors de s’approcher de sa maîtresse. La mine totalement bouleversée, il fixe la marque sur le bras. Puis, au bord des larmes, bafouille:   « Pardon maîtresse. Je voulais pas te faire de mal et de peine. Pardon.  »

Fausse alerte

La récréation bat son plein depuis à peine quelques  minutes quand la sonnerie retentit soudain, insistante. Regards un peu interloqués des élèves qui regagnent malgré tout docilement le préau, pour se ranger. « Fausse alerte » crie alors l’une des maîtresses,  « Vous pouvez encore jouer un peu, ce n’est pas l’heure! » C’était juste Liam, le petit trisomique de la classe d’ULIS qui a sonné. Parfois, Liam aime bien faire des blagues et ce n’est pas la première fois! Ah ouf, tant mieux! Et tous les élèves de s’égailler à nouveau, soulagés et… habitués. Sacré Liam!