Bonnes vacances!

 

 

Pendant les vacances, mon blog va se mettre au vert, tout comme la Petite Souris qui rêve de dépaysement. Mais c’est pour mieux vous retrouver, à la rentrée, en pleine forme, avec pleins de nouvelles anecdotes!

En attendant, savourez chaque instant, même les petits riens et les petits bonheurs anodins du quotidien!

A très bientôt!

 

 

 

Une petite souris à l’école…

 

Les grandes vacances approchent à grands pas, le compte à rebours est lancé pour les petits comme pour les grands, dernière occasion de l’année pour la Petite Souris de feuilleter son album de souvenirs… et pour finir en beauté, de la tendresse et de l’émotion… Bonne lecture !

 

Album souvenirs (suite et fin)

L’ autoportrait de Milla.

Dans le cadre d’un travail en arts visuels, des élèves de CP font leur autoportrait à la craie grasse. Milla est une petite guyanaise arrivée depuis peu en métropole, peau noire et pleins de petites nattes sur la tête dans lesquelles tintinnabulent des perles colorées. Quand elle a fini, elle va voir sa maîtresse et montre fièrement son dessin. La maîtresse est un peu surprise :  » C’est ton visage que tu as dessiné? » La petite fille hoche la tête avec vigueur, oui, elle s’est dessinée telle qu’elle est…ou s’imagine être? Car sur la grande feuille de papier canson, Milla est une petite fille aux longs cheveux blonds comme les blés et aux yeux bleu myosotis…

Le grand frère

Alors que la classe est de sortie en ville, Antonin, 7 ans, interpelle sa maîtresse. Il est tout secoué et les mots se bousculent dans sa bouche: il vient de voir son grand frère sur le parking de l’ancien supermarché désaffecté. « Maman va pas être contente! Mon grand-frère fait plein de bêtises en ce moment! Il a même été à la police parce qu’il a volé des choses dans un magasin! Il veut plus écouter papa-maman et il crie tout le temps à la maison. Il veut plus aller au collège. Je sais pas ce qu’il fait là.  »  Ce grand frère, la Petite Souris s’en souvient très bien. Sept ans plutôt, il était dans la classe. Un petit garçon sans histoire et très discret…

Souffrance

Mamoudou a 10 ans.  Tout en muscles. Tout en sensibilité exacerbée aussi. Un écorché vif. Le trop-plein de rage, de chagrin, d’impuissance, d’injustice, il l’évacue à coups de poings. Bagarres à répétition, il pleure comme un tout petit mais cogne comme une brute, aveuglément.  Sa maîtresse accourt la première sur les lieux. Pas le choix, il faut rentrer dans l’empoignade; les deux enfants sont devenus complètement sourds et hermétiques à leur entourage. Ceinturer à bras le corps Mamadou qui sanglote, rue et vocifère, et esquiver tant bien que mal les coups. « Il a insulté ma mère!  » hurle-t-il en essayant de s’échapper, quitte à faire mal. Un collègue arrive en renfort, il est plus fort, il prend le relais.  La maîtresse en profite pour éloigner l’autre élève, nez et bouche ensanglantés. Dans son dos, Mamadou  se débat toujours.

De l’altercation, la maîtresse a hérité un beau bleu sur le bras: l’empreinte très distincte des cinq doigts de Mamadou quand il a cherché à s’échapper. Le lendemain matin, quand elle passe devant le rang, Mamadou remarque l’hématome mais ne dit rien.

C’est l’heure de la récréation, la classe se vide. Sauf Mamadou qui traine, le visage fermé. Ce n’est qu’une fois seul qu’ il décide alors de s’approcher de sa maîtresse. La mine totalement bouleversée, il fixe la marque sur le bras. Puis, au bord des larmes, bafouille:   « Pardon maîtresse. Je voulais pas te faire de mal et de peine. Pardon.  »

Fausse alerte

La récréation bat son plein depuis à peine quelques  minutes quand la sonnerie retentit soudain, insistante. Regards un peu interloqués des élèves qui regagnent malgré tout docilement le préau, pour se ranger. « Fausse alerte » crie alors l’une des maîtresses,  « Vous pouvez encore jouer un peu, ce n’est pas l’heure! » C’était juste Liam, le petit trisomique de la classe d’ULIS qui a sonné. Parfois, Liam aime bien faire des blagues et ce n’est pas la première fois! Ah ouf, tant mieux! Et tous les élèves de s’égailler à nouveau, soulagés et… habitués. Sacré Liam!

 

 

 

 

Une petite souris à l’école… le retour.

Déjà la fin d’une année scolaire qui se profile, de quoi plonger Une petite souris à l’école dans ses souvenirs. Toujours aux premières loges, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle en aura vu passer, des élèves (une curieuse et parfois surprenante espèce…)

Or, la Petite souris a une mémoire d’éléphant et un tempérament un peu maniaque de rat de bibliothèque. Elle a soigneusement tout consigné dans son album de souvenirs…

Aujourd’hui, elle a décidé d’ouvrir l’album à la rubrique… « Les Gratinés » (Et non, il n’est pas question de fromage…)

Impunité

Emile, 7 ans, a une tête d’ange et on lui donnerait le bon dieu sans confession… Fatale erreur ! Particulièrement asocial, il accumule les problèmes de comportement et d’incivilité à l’école. Ce jour-là en classe, il insulte copieusement sa petite voisine ( de  gros jurons dont je vous ferai grâce…). La maîtresse, indignée, lui demande de présenter  ses excuses à la petite fille. La classe entière est toute ouïe et retient son souffle. Emile refoule des larmes de colère, tente de se dérober, proteste puis acculé, lâche un « je m’excuse » du bout des lèvres, avec rancoeur. Le lendemain, Emile ne vient pas à l’école. Il ne réapparait que le surlendemain avec  un mot de la maman dans le cahier de correspondance :  » Hier, mon fils n’a pas pu venir à l’école parce qu’il a été traumatisé et humilié d’avoir dû présenter des excuses devant toute la classe. » Maîtresse éberluée, c’est peu de le dire… Quant à savoir si la petite voisine, elle, a été humiliée ou pas par l’insulte (devant toute la classe), quelle importance, une broutille après tout?!

Les lunettes

Samira, 7 ans,  est une petite fille peu loquace, renfermée et souvent renfrognée. Elle n’a pas d’amis et ceux qui s’y sont risqués, (les confiants et les gentils)  y ont laissé quelques plumes, rembarrés comme des malpropres. Un jour, elle arrive à l’école avec des lunettes toutes neuves. Très contrariée à l’évidence. La maîtresse la complimente et la rassure mais peine perdue, ne reçoit en retour qu’un regard noir. Ces lunettes, elle n’en voulait pas, elle ne les aime pas et elle le fait très vite comprendre: dès lors, elle n’aura de cesse de les « perdre ». A chaque fois, les autres élèves les retrouvent dans des lieux plus incongrus les uns que les autres: derrière les WC, dans leur casier, sur le rebord d’une fenêtre dans la cour… La maîtresse finit par se fâcher. Et puis au bout de quelques semaines, Samira arrive sans lunettes,  prétendant que ses yeux sont guéris et qu’elle n’en a plus besoin. Soupçonneuse, la maîtresse vérifie dans le cartable si elles n’y sont pas à tout hasard: la petite fille a la mine des mauvais jours, qui n’augure rien de bon. Mais non, aucune trace des lunettes. Trois jours plus tard, coup de théâtre: Samira a un mot de sa maman dans le cahier de correspondance et en tendant le cahier, lâche sèchement: « Maman n’est pas contente après toi! » Allons bon???? Le mot est une véritable douche froide, totalement surréaliste: la mère à moitié hystérique « somme la maîtresse de rendre à sa fille les lunettes qu’elle a osé lui confisquer! »  « Samira, c’est une plaisanterie? Maman croit vraiment que c’est moi qui ai confisqué tes lunettes? C’est ce que tu lui as raconté? » Hochement affirmatif de la petite fille imperturbable. La maîtresse est…abasourdie. Aussitôt, branle-bas de combat: toute la classe (qui commence à devenir experte en la matière) se met à chercher les lunettes de Samira: elles sont forcément planquées quelque part. La maîtresse (échaudée) vérifie même dans son bureau, au cas où… jusqu’à ce que le petit Gaspard crie tout ébahi: « Elles sont dans mon cartable! Je te jure, c’est pas moi, maîtresse! Je les ai pas prises…! » Bien sûr que non, Gaspard n’y est absolument pour rien. Il suffit pour ça de regarder le visage hostile de Samira qui n’a pas bronché.  Le soir, la maîtresse remet les lunettes en mains propres à la mère et lui explique toute l’histoire. Mais telle mère telle fille. La femme écoute sans broncher, la mine méprisante, l’air de dire  » raconte ce que tu veux, tu ne me l’as fait pas! » et puis lui arrachant les lunettes des mains, tourne les talons sans un au revoir ni un merci.

Au Paradis

Cette anecdote  remonte à une dizaine d’années, quand on pouvait encore ouvrir  les fenêtres en grand dans les classes par fortes chaleurs…C’était avant…Walter.

Walter, 9 ans, présente (lui aussi ) de sérieux problèmes de comportement.  Il lance des bordées de jurons à la cantonade  pour le plaisir de voir les mines offusquées de ses camarades. Pousse sa table et sa chaise avec fracas dans le but d’écraser tous les rangs  de devant. Quand un élève écrit au tableau, il se lève  brusquement en brandissant son crayon comme un couteau pour faire mine de le poignarder. Puis retourne  à sa place en courant. Parfois il saisit sans crier gare  le cahier d’un voisin et gribouille dessus. S’amuse à donner des coups de pieds dans les cartables, à faire tomber tous les manteaux, à shooter dans la poubelle. Les sanctions tombent les unes après les autres, ça glisse sur lui. Un jour, après une énième provocation, la maîtresse lui dit qu’ il restera  en classe avec elle pendant une partie de la récréation. Walter n’est pas d’accord, évidemment. En un bond, il se saisit alors d’une chaise, grimpe dessus  et fait mine d’ouvrir le fenêtre pour sortir par là, coûte que coûte. Or la classe est au premier étage. Les élèves crient, paniqués et la maîtresse  le rattrape un peu rudement. La mère est  convoquée dès le soir même. Elle arrive en retard, nonchalamment, en remorquant son fils goguenard. Une chaise est mise à sa disposition face à la maîtresse et au directeur. Enorme et flasque, elle s’affale dessus en la faisant craquer sous son poids. Puis elle écoute, yeux mi-clos, apathique, l’interminable liste de plaintes de la maîtresse.  Aucune réaction de sa part sauf de temps en temps une espèce de grognement difficile à interpréter… Arrive  l’épisode de la fenêtre.  Et là miracle! La voilà qui entrouvre les yeux, l’air subitement réveillée. Elle se tourne vers son fils qui n’a pas cessé de glousser en douce. Et d’une grosse voix elle s’exclame alors:  « Mais t’es pas fou  Walter? Quand on se tue, on peut plus aller au paradis!!! »

(Après cet incident, toutes les fenêtres de l’école furent réglées en sorte qu’elles ne puissent plus être qu’entrebâillées, même par fortes chaleurs. Mesure préventive oblige. )

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Du côté des maitresses par le petit bout de la lorgnette…


Comme promis, voici de nouvelles petites anecdotes en forme de clins d’oeil du côté des maîtresses par le petit bout de la lorgnette!  Où il est cette fois-ci question de logique un peu déroutante, de réflexe malencontreux et de pleins d’autres choses encore!  Bonne lecture!

 

A comme C’est dans l’Air du temps

Une classe de CE1 en visite dans un château fort. Le guide montre aux élèves différents dessins dont l’un représentant un chevalier. Il leur demande de nommer les différentes parties qu’ils reconnaissent tous assez facilement: le bouclier, l’épée… Mais quand il s’agit de désigner  l’armure, gros silence parmi les élèves. Bah alors? Pourtant, on l’a dit et redit? On en a déjà parlé, c’est bête comme tout! C’est une ar……. Une petite voix claironne alors: « C’est un gilet pare balle? »

D comme Déformation professionnelle

Parfois, en fin de journée, avec la fatigue, il arrive que la main de la maîtresse fonctionne en mode automatique. Gare alors aux impairs! Ce jour-là, quelques cahiers de correspondance attendent sur le bureau: des mots de parents à lire et auxquels il faut répondre un peu dans l’urgence. Quand soudain, dans le tas, surgit une faute d’orthographe, qui clignote comme un gyrophare : « merçie beaucoup »!  Merci avec un  ç  et un e à la fin??!!!  Ni une ni deux, la main super bien dressée réagit au quart de tour: elle attrape  le stylo rouge, barre et corrige ! Hop! Voilà! Mission accomplie ! La main est contente d’elle. Mais je vous laisse imaginer la tête de la maîtresse quand elle réalise soudain sa bévue… ainsi que sa piètre et désastreuse tentative pour rattraper (vainement) le coup avec un peu de Blanco…Aïe aïe aïe…

L comme Logique???

Des élèves de CE1 sont en train d’apprendre qu’il faut mettre un au nom quand celui-ci est au pluriel, sans oublier que le nom et son déterminant doivent être toujours accordés. Par exemple, une fleur deviendra des fleurs au pluriel. La maîtresse a bien répété, expliqué, montré. La classe assure, solennelle  : « Oui, maîtresse, on n’oubliera pas le S!!! » Et tout le monde de se mettre au travail dans son cahier. Puis vient le moment de la correction. Et là, grosse surprise pour la maîtresse: ça oui, il n’y a pas à dire, les élèves n’ont pas oublié le sacro saint S! Et chez certains, Un chat est devenu Uns chats et la poule est devenue las poules (Olé!!!)!

S comme Sacerdoce

Exceptionnellement, il arrive que le mari de la maîtresse pose une journée de RTT pour accompagner  leur enfant en sortie scolaire. ça sera sympa: juste un petit groupe d’enfants à encadrer sur des ateliers sportifs, puis une balade et un pique-nique bucolique…  Mais de retour de la (longue) sortie,  le mari de la maîtresse a perdu un peu de sa vaillance et de son enthousiasme: il avoue même avoir la tête en quatre épisodes!! Epuisé, rétamé, complètement cuit. Allongé sur le canapé. Et admiratif: comment sa femme fait-elle pour supporter un tel bruit toute la journée?!! Voilà un métier qu’il ne pourrait pas faire! Et le mari de décrire les caprices de Jordan, les colères de Louanne, Adrien qui n’en a fait qu’à sa tête, Justin qui n’écoutait aucune consigne, les disputes à gérer, le bruit et l’agitation omniprésents. Oreille compatissante de l’épouse, hummmm,  mais jubilation secrète :  hé oui… et  comme ça fait du bien à entendre…!

PS: L’occasion ici de remercier les parents qui se rendent disponibles pour accompagner les sorties car ce sont souvent les mêmes et sans eux, ce ne serait pas possible…

 

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Du côté des maîtresses, par le petit bout de la lorgnette…

Bonjour à tous! Du côté des maîtresses vues par le petit bout de la lorgnette revient cette semaine avec trois nouvelles anecdotes: et pour commencer une histoire de GROS sous! Bonne lecture et bon WE ensoleillé j’espère…

 

 

J comme Jackpot !

(Ou comment apprendre aux enfants la notion de l’argent…)

Ce matin, en classe, Jules, 7 ans annonce tout fier qu’il a perdu une dent et montre le trou dans sa bouche. Pour l’occasion, la petite souris lui a glissé 2 euros sous son oreiller. 2 euros, c’est généralement le forfait pratiqué. Aussi, lorsque vient le tour de Marc annonçant qu’il a perdu lui aussi une dent et que la petite souris, pour la peine, lui a mis un billet de 20 euros sous l’oreiller, spontanément c’est un tollé dans la classe. Mines stupéfaites,  murmures désapprobateurs, « 20 euros!!!! », la classe est littéralement ébahie, jusqu’à ce qu’un copain scandalisé lâche tout haut ce que tout le monde pense tout bas: « 20 euros, c’est trop pour la petite souris…c’est pas normal! »  C’est sûr, que ça fait cher la dent, songe la maîtresse qui en son for intérieur, ne peut s’empêcher de calculer la somme gagnée au final ! A ce rythme, c’est même carrément le jackpot ! Quant à la petite souris qui passait par là, n’en parlons pas, elle a frôlé la syncope…

O comme Orchidée

Des CM2, en classe verte dans le Vercors, au mois de mai. La majorité n’a encore jamais quitté son quartier : Paris, Porte de la Chapelle, le périphérique, les grandes tours, le béton partout. Alors autant dire que lorsque les enfants découvrent tout cet espace, grandiose, la montagne, sa flore et sa faune, c’est  une révélation. Au cours d’une randonnée,  la maîtresse explique qu’on n’a pas le droit de cueillir certaines fleurs,   surtout les orchidées, car elles sont protégées.  « Des orchidées? Comme celles qu’on trouve chez Jardiland? » « Non… pas tout à fait! » A quatre pattes dans les hautes herbes, le nez collé  sur les fleurs, les élèves écoutent les explications de la maîtresse avec attention. Il faut dire qu’ils se trouvent au milieu d’une quantité et d’une variété impressionnante d’orchidées sauvages à faire pâlir tous les botanistes. Toutes plus belles et délicates les unes que les autres. Et parmi elles, la mythique, rarissime, sublime « Sabot de Venus ».  LA PERLE RARE. Et alors que la maîtresse leur explique qu’on peut encourir une amende si on en cueille, une voix toute excitée retentit subitement dans leur dos. C’est Mohamed, qui déboule en brandissant tout fier un bouquet de fleurs :  » Maîtresse, je t’ai fait un bouquet! C’est pour toi! » Oooohhhhh Mohameeeeeed…… Ce jour-là la maîtresse faillit en tomber à la renverse. ça oui, Mohamed avait fait un magnifique bouquet… d’orchidées, dont une Sabot de Vénus…

O comme Oups

Ah, il n’y a pas à dire, parfois,  certaines répliques d’enfants valent leur pesant d’or, de par de leur spontanéité … Vendredi soir, avant de quitter l’école, Kevin est tout fier de dire à sa maîtresse qu’il va aller pêcher dimanche avec son pépé. Un événement attendu depuis longtemps. Le lundi matin, au moment de l’accueil, la maitresse lui demande donc s’il a attrapé beaucoup de poissons. « Bah en fait, j’y suis pas allé, maîtresse. Pépé avait trop bu… » Oups…

 

 

 

Silence… pour cause d’écriture.

Petite chronique "clin d'oeil"...

Ouh la la, je me rends compte que je n'ai rien écrit sur mon blog depuis le 18 avril... 
Bon, j'ai une bonne excuse, je suis en pleine écriture d'une nouvelle histoire et c'est difficile de mener tout de front! 

Concernant ce futur roman, c'est encore prématuré pour vous en dévoiler le sujet, (désolée, je suis  un peu superstitieuse!)  et il faudra donc patienter  pour en savoir plus...

Mais comme je suis quelqu'un qui croit aux signes et qui est sensible aux clins d'oeil que nous réserve parfois la vie, j'avais envie de vous faire part de ce signe troublant qui m'est arrivé récemment ... 
Ou la découverte, faite complètement par hasard, des magnifiques photographies de l'artiste russe Margarita Kareva,  mettant en scène des contes traditionnels... 
... jusqu'à ce que je tombe littéralement en arrêt sur celle-ci, envoûtante et sublime,  incarnant exactement mon personnage féminin!


Et voilà, vous saurez au moins que mon éventuel prochain roman se déroulera au Moyen Age ...

(Et bientôt, promis, de nouvelles anecdotes...)

 

 

Du côté de l’objectif

Voici une nouvelle photographie, en noir & blanc cette fois-ci, prise en contre-jour alors que le ciel menaçait, quelque part en Haute-Provence… Je l’adore pour tout ce qu’elle « raconte » et laisse imaginer. Elle pourrait presque illustrer le nouveau roman que je suis en train d’écrire. Un voyage dans le temps.

 


Vestiges émouvants

Il était une fois un village médiéval tout en haut d'une colline escarpée, placé là comme pour dominer la plaine et tutoyer le ciel. 
Dire que des familles vivaient autrefois sur ces terres arides et sauvages, isolées du reste du monde! Le monastère de Ganagobie était tout proche et le son des cloches rythmait alors les journées.
Et puis un jour, les unes après les autres, les familles sont parties vivre dans la plaine plus hospitalière. A moins que le village ne se soit éteint? C'étaient en des temps troublés, à cette époque où la peste, les famines et les guerres de religion étaient de grandes faucheuses.
Le village déserté a fini par sombrer dans l'oubli et la végétation a repris ses droits, effaçant peu à peu toute trace humaine ou presque. Ne restent que ces remparts en pierres sèches, érodés par le temps, dont la grandeur de jadis gît à ses pieds, pierres retournant à la terre.

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Une petite souris à l’école

 

C’est quand même pratique d’être une petite souris, parce qu’on est toujours aux premières loges. Cette semaine, c’était la photo de classe à l’école. L’événement ! Le jour à ne pas manquer! La grande affaire! Alors vous aussi, souriez!!! (Et bonne lecture…)

 

Photo de classe

Aujourd’hui la petite souris a bien rigolé (en douce bien sûr, comme toujours!) car c’était LE  jour de photo de classe.

L’occasion de sortir le grand jeu, attention à la métamorphose! Chemise blanche avec cravate ou noeud papillon assortis,  têtes tartinées de gel où dressées d’épis conquérants. Du côté des filles, jolies robes et  belles coiffures. Mais est-ce que tout ça résistera aux sauts de cabri et à la surexcitation générale? Pas sûr… Et puis, il y a ceux qui ont oublié qu’il y avait la photo et qui tombent des nues (hé oui, il y en a toujours) ! Erreur fatale,  la grosse déconfiture, le drame! Ils sont venus en jogging ou avec le t-shirt qui a justement une tache qui ne part pas au lavage, pas de chance, on ne voit que ça, est-ce qu’un copain pourrait prêter son pull pour cacher?!

D’abord la photo de groupe. On a de la chance, il fait beau, on la fait dehors! Rapidement, la maîtresse réajuste les tenues débraillées, coiffe les mèches rebelles, replace les barrettes. Il faudra sourire naturellement, hein? Pas de grimace, pas de posture à la Quasimodo, de doigt dans le nez au mauvais moment, ni d’oreilles de lapin dans le dos du copain…Tout le monde prend la pose, on arrête de ricaner et de regarder les voisins, on bombe le torse, mais pas trop quand même, on n’oublie pas non plus de respirer. Le banc au premier plan est bancal et fait balançoire. Mais faut plus bouger! Alors on garde  l’équilibre, coûte que coûte!

Vient ensuite les photos individuelles ou avec frère et soeur. On est déjà moins emballé. Faut dire que c’est un peu le défilé-supplice. Faut passer chacun à son tour, comme à la confesse, sauf que côté intimité et discrétion… on repassera! On se dandine, on rougit sous les regards des copains-copines hilares. Le photographe insiste: il veut de beaux sourires alors on fait ce qu’on peut: sourire édenté un peu crispé, voire légèrement carnassier, rictus grimaçant, posture toute bossue ou tordue, comment se mettre? Comment se tenir? Est-on vraiment obligé de faire la photo avec son frère et sa soeur? (parce que c’est quand même un peu la honte…) Et le photographe qui dit: « on garde les yeux ouverts, on me fait un beau sourire, je veux voir TOUTES vos dents! » Alors, ça se met à loucher avec ferveur, un sourire figé plaqué aux lèvres, du 100% naturel digne d’une publicité pour dentifrice! C’est tellement drôle, la petite souris n’en peut plus de se retenir! Elle se dit que pour certains, c’est impossible, les parents ne reconnaitront pas leurs rejetons!

(Finalement, la classe s’est trouvée beaucoup plus ressemblante sur cette « photo-ci » où chacun s’est représenté tel qu’il était vraiment, au naturel, au quotidien, quoi….)

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Une petite souris à l’école…

 

Une petite souris à l’école est de retour, pour vous parler d’anniversaire et plus particulièrement de Charlotte, une petite fille que personne n’invitait jamais… Une histoire vraie, pour faire réfléchir les petits comme les grands… Bonne lecture!

 

Les anniversaires

Souvent dans les cours d’école, on assiste à des distributions d’invitations pour des anniversaires. C’est alors la ruée autour du héros du jour qu’on supplie et cajole: qui fera partie des élus?! Puis chacun s’égaille en brandissant son Sésame, triomphant et tout excité à l’idée du programme prévu : fête et goûter dans un grand parc ludique, ou alors bowling, ou encore anniversaire à MacDo! (Impossible ici d’ailleurs de ne pas faire ce  constat un peu troublant: de moins en moins de goûters d’anniversaire tout simples à la maison, mais  une surenchère, à celui qui fera l’anniversaire le plus original, toutes considérations financières mises à part, ceci relevant d’un autre débat…)

Charlotte a 8 ans. Cette fois encore,  pas d’invitation pour elle. C’est pas faute pourtant d’avoir gravité autour de l’attroupement, dans l’espoir de… peut-être…avec un peu de chance…au cas où…  Mais non. Toutes les invitations ont été distribuées, faut se rendre à l’évidence, il n’y en avait pas pour elle. Alors elle se met un peu à l’écart et regarde les heureux invités avec envie.

La sonnerie retentit, la maîtresse  peine à ramener le calme et à rassembler le rang. Elle fait ranger les invitations. Charlotte s’approche d’elle et confie : « Ils ont de la chance! Moi, on ne m’invite jamais. »     « Même pas  tes copines? »  s’enquiert la maîtresse.  Charlotte hausse les épaules avec perplexité: « J’en ai pas. Personne ne veut jouer avec moi. Et je ne sais pas pourquoi. »

C’est vrai qu’au moment des récréations, Charlotte est souvent seule. De loin, la maîtresse l’observe qui  va  de groupe en groupe, en tentant des approches, tout sourire. Mais à chaque fois on la rembarre, plus ou moins gentiment. La plupart du temps, Charlotte encaisse  sans se plaindre. Elle s’assoit dans un coin et se contente de regarder, à défaut de participer. Mais lorsque la solitude a pesé plus que d’ordinaire, c’est auprès de sa maîtresse qu’elle cherche du réconfort et à qui elle confie son désarroi: « J’ai été toute seule en récréation aujourd’hui, personne n’a voulu jouer avec moi… ».

La maîtresse s’en va alors parler avec les groupes de copines déjà constitués. Les réactions sont variées et pas toujours tendres: « Oh, bah oui mais faut dire qu’ elle nous colle tout le temps, on en a marre nous à la longue! Elle nous embête! Et puis, il n’y a plus de place dans notre jeu, tous les rôles sont pris! Elle peut aller voir les autres aussi, il n’y a pas que nous quand même dans la cour!  » Les « rejetants » devenant presque toujours les victimes, à bien les écouter.

La maîtresse persiste: aucun enfant ne devrait jamais se retrouver seul et exclu dans une cour d’école. Le sujet est évoqué en classe. Sur le moment, tous les élèves sont sensibles à la solitude ou au sentiment de rejet d’un de leur pair. Au plus profond d’eux-mêmes, ils sentent bien que c’est dur et injuste. Et la majorité promet de bon coeur d’y remédier. Mais le temps passe, et les vieilles habitudes reviennent au galop.

Et puis, un matin, au moment du « quoi de neuf », Charlotte prend  la parole: « Samedi, c’était mon anniversaire. J’ai donné pleins d’invitations (elle cite plusieurs noms de la classe, une petite dizaine.) J’ai attendu. Mais personne n’est venu. Je ne sais pas pourquoi. »

Silence de mort dans la classe. Les concernés se tortillent un peu sur leur chaise, tristes ou gênés. Quelques uns se  justifient, un peu abruptement pour certains: « occupés ou pas là, ou encore prévenus trop tard, c’est pas de leur faute,  ils n’avaient pas de temps pour acheter un cadeau et puis c’était leurs parents qui ne voulaient pas! » Personne cependant n’a pris la peine de téléphoner pour dire qu’il ne pourrait pas venir.

La petite souris, elle, est horrifiée. Elle imagine Charlotte qui a dû attendre et espérer pour rien, à côté du gâteau qu’elle avait dû faire avec sa mère… Le chagrin que cela a dû être…  Et pourtant, pas rancunière pour deux sous, Charlotte annonce que pour l’occasion, elle a quand même amené des bonbons afin de les partager avec tout le monde ! A la vue des paquets,  la classe  entière jappe de plaisir et de reconnaissance, toute gène subitement (et déjà) envolée…  Curieusement, il n’y a plus que des amis dans la classe. « Dis, c’est quoi comme bonbons, Charlotte? Trop bien, mes préférés! T’es trop gentille! »

Et Charlotte de retrouver le sourire.

Finalement, c’est peut-être la Petite Souris qui a été le plus ébranlée dans l’histoire ! Si seulement cette mésaventure pouvait servir de leçon de vie à ces petits élèves. Apprendre à se mettre à la place de l’autre, ce serait déjà ça de gagné.  Elle n’a jamais aimé ces grandes distributions d’invitations dans les cours d’école. Certes,  c’est pratique et à première vue l’occasion idéale. Tout comme il est normal et naturel de ne  pas inviter toute la classe ni  d’aimer tout le monde, évidemment. Elle-même reconnait ne pas être super super copine avec la souris indélicate qui s’amuse à faire des trous partout  dans le potager de l’école, ça non. Mais bon, un peu plus d’empathie et de retenue ne ferait pas de mal parfois.  Et pour les enfants, c’est avec ce genre d’histoire que l’apprentissage du respect d’autrui  se construit…ou pas.

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Du côté de l’objectif…

Après la grisaille persistante de ces derniers jours, grand besoin d’évasion, pas vous? Et pour cela, rien de tel que la promesse d’un soleil couchant…

Nouvelle photographie, nouveau texte… 

 

Océan minéral...


Sur le mont Chiran, il y a un observatoire astronomique.  Mais  il n'est pas forcément nécessaire d'avoir la tête dans les étoiles pour se sentir tout petit et émerveillé. 
Sensation grisante d'être sur le toit du monde, l'immensité du ciel au-dessus de soi. Les nuées qui se teintent d'or. 
Partout où porte le regard, l'illusion d'une mer démontée avec ses vagues impressionnantes, figées dans leur élan.
Un océan minéral, à perte de vue.
Alors, il y a ce désir, vieux comme l'humanité: aller voir au-delà de l'horizon. Et comme les explorateurs d'autrefois, oser l'aventure, lâcher les amarres. 

(Commentaires du photographe: Cette photographie a été prise entre chien et loup - à cet instant magique où le soleil couchant cisèle les silhouettes des montagnes. Camaïeu de gris infinis, le paysage qui se fond peu à peu dans l'obscurité tandis que le ciel s'embrase.)

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