Du côté de l’objectif…

Après la grisaille persistante de ces derniers jours, grand besoin d’évasion, pas vous? Et pour cela, rien de tel que la promesse d’un soleil couchant…

Nouvelle photographie, nouveau texte… 

 

Océan minéral...


Sur le mont Chiran, il y a un observatoire astronomique.  Mais  il n'est pas forcément nécessaire d'avoir la tête dans les étoiles pour se sentir tout petit et émerveillé. 
Sensation grisante d'être sur le toit du monde, l'immensité du ciel au-dessus de soi. Les nuées qui se teintent d'or. 
Partout où porte le regard, l'illusion d'une mer démontée avec ses vagues impressionnantes, figées dans leur élan.
Un océan minéral, à perte de vue.
Alors, il y a ce désir, vieux comme l'humanité: aller voir au-delà de l'horizon. Et comme les explorateurs d'autrefois, oser l'aventure, lâcher les amarres. 

(Commentaires du photographe: Cette photographie a été prise entre chien et loup - à cet instant magique où le soleil couchant cisèle les silhouettes des montagnes. Camaïeu de gris infinis, le paysage qui se fond peu à peu dans l'obscurité tandis que le ciel s'embrase.)

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Miamouuuurrrrr (Une histoire de chat…)




Cela ne vous aura pas échappé, le printemps commence à s'installer, la nature qui se réveille, les fleurs, les oiseaux, ça fait trop du bien ... et il y a les chats. 
Donc, une fois n'est pas coutume, cet article ne parlera ni d'enfants ni de mon actualité littéraire mais... de chat! Bonne lecture!

 

Miamooooouuurrr.... (c'est sensé être un miaulement)

Grosse inquiétude ce jour-là en voulant prendre ma voiture: le chat de nos voisins s'est vautré juste derrière mes pneus et semble très mal en point: poils ternes, une petite tête toute chiffonnée, yeux mi-clos, complètement flagada et surtout des miaulements plaintifs comme il n'a jamais fait. Que se passe-t-il ? Est-il malade? A-t-il avalé quelque chose de nocif, mal quelque part? Je le caresse et il me répond avec un miaulement à déchirer l'âme qui semble dire (clairement dans ma tête d'humaine) : "aaaahhhhh si tu savais...comme j'agonise...comme je souffre...." Bah alors! Et moi qui dois m'en aller, s'il ne bouge pas, je vais l'écraser! Je mets le moteur en route pour lui faire comprendre qu'il serait bien de se déplacer un peu et je redescends pour vérifier s'il a compris. (Manquerait plus que j'écrase le chat de nos voisins!)

Mais ce gros bêta n'a pas bougé d'un pouce, au contraire, il semble plus désespéré que jamais, redoublant de miaulements à vous briser le coeur (et moi pauvre humaine, j'entends: "non, laisse-moi, pas grave, ne fais pas attention à moi, c'est la fin de toute façon, je le sens...") Me voilà bien, je ne savais pas que les chats pouvaient avoir des tendances suicidaires!

Alors, hop, je le soulève comme un gros paquet tout mou et amorphe. Je commence vraiment à être inquiète, c'est qu'on s'attache à ces petites bêtes et lui, on le connait depuis tout petit quand il essayait d'escalader le grillage pour nous rejoindre et qu'il dégringolait systématiquement en faisant un roulé-boulé. Je le dépose avec précaution  loin de ma voiture. Avachi, il m'adresse un espèce de miaulement accablé, "je suis tellement triste...si tu savais...." puis, sidérée, je le vois qui se lève lentement et titube , pareil à un zombie, chaque mouvement esquissé au ralentis comme s'il était perclus de rhumatismes, épuisé, au bout du rouleau, prêt à s'écrouler! Et ces petits miaulements qui me racontent maintenant: "aïe ouille, trop tard...c'est fini..." pour aller se recoucher... pile derrière ma voiture!

Je commence à échafauder diverses stratégies (devrais-je carrément le déposer sur son paillasson devant chez lui? )  Lorsque subitement, un autre miaulement aussi lancinant  me fait redresser la tête. Saperlipopette! Un autre mourant dans mon jardin? Je découvre alors la tête d'une adorable petite chatte angora qui nous lorgne, cachée derrière les feuilles d'iris, tout aussi alanguie que mon grand malade! Alors là, c'est la révélation, la lumière qui jaillit dans ma tête!   Ce que je pensais être une douloureuse agonie (hum!) serait une  sérénade amoureuse, un gros numéro de charme?!

De fait, nos deux tourtereaux s'observent en chats de faïence, à distance respectable. Ce sacré Fifi, quel gentleman, si respectueux des convenances! En amoureux transi, il redouble d'éloquence et maintenant, comme une évidence,  j'entends: "Tu es trop belle, quel poil soigneux...et ces si beaux yeux bleus, je m'y noie, je m'y perds...moi qui ne suis hélas qu'un gros matou orange...pas digne d'une reine comme toi..." Et la belle de minauder sur le même ton, toute pâmée: "je suis gênée, je ne sais pas...je me tâte...on ne se connait pas trop encore...et je suis si timide". (Bon, oui, je sais, pure extrapolation d'humaine, je m'emballe, mais on se croirait tellement dans les Aristochats!)

Incroyable! Notre Fifi qui est amoureux; il est pourtant coupé et moi, je croyais (naïvement?) que cela le rendait indifférent à la gente féminine!

Hé bien, que nenni, mais faut dire aussi qu'elle est drôlement jolie cette petite chatte... Et comme dirait ma fille, qui va maintenant les écouter dès qu'ils se font la sérénade  (toujours sous les pneus de ma voiture, leur coin favori, allez savoir pourquoi): "Dis donc, c'est drôlement dur l'amour..."

 

Du côté des maîtresses, par le petit bout de la lorgnette…

 

 

Voici cette semaine de nouvelles petites anecdotes (toujours aussi authentiques!)  à ranger aux lettres E, H et M dans l’ABECEDAIRE « des maitresses vues par le petit bout de la lorgnette »! Où quand les quiproquos prêtent à sourire… 

 

 

E comme Esprit mal tourné, es-tu là?

Ceci est une petite anecdote un peu malicieuse arrivée récemment à une collègue, enseignante et directrice d’une école maternelle.  Au moment du conseil d’école, elle présente aux parents les divers projets et interventions prévus cette année. Pour finir, elle annonce toute fière, qu’ils accueilleront aussi  la visite d’un professeur du conservatoire,  Mr Untel qui viendra dans les classes pour présenter son cor aux élèves.  A peine a-t-elle fini sa phrase, qu’elle réalise le quiproquo. Mais déjà des parents de glousser et elle de rougir:  « Commet ça? Monsieur Untel vient présenter son corps?! » Mais qu’est-ce qu’on enseigne en maternelle à nos enfants? Pressée de rattraper sa bévue, la collègue enchaine alors précipitamment: « Euh, je voulais dire qu’il vient présenter son instrument!« . Gros éclats de rire pleins de sous-entendus, la pauvre enseignante qui s’empêtre, de plus en plus rouge:  « Oh mais vous avez compris, il vient présenter son instrument de musique, qui est un cor, voilà! »

H comme l’Hélicoptère est passé!

Quand on est maîtresse, on peut parfois vraiment vraiment vraiment tomber des nues… L’anecdote se déroule dans une école du quartier de la Goutte d’Or à Paris. Samira, 8 ans, annonce toute contente à sa maîtresse qu’elle vient d’avoir un petit frère, dernier d’une fratrie de quatre enfants déjà, mais le premier garçon aussi, d’où cette grande joie. Elle continue: Il est arrivé samedi dernier! Mes parents sont allés le chercher à l’hôpital parce que c’est là qu’on distribue les bébés. Ah… Distribuer? Comment ça? Samira explique alors que ses parents ont commandé le petit frère sur catalogue. La maitresse est de plus en plus perplexe et se demande si elle a bien tout compris: « Sur catalogue? Mais… Tu n’as pas vu si maman avait un gros ventre ces derniers temps? » La petite secoue la tête en riant, l’air de trouver la réflexion de sa maîtresse très drôle et bizarre aussi: Bah non!  (C’est vrai aussi, quelle idée, franchement?) « Mais…  maman a quand même été à l’hôpital? » insiste la maîtresse qui a décidé d’enfiler ses gros sabots. Oui, parce que les livraisons de bébés se font par hélicoptère, sur le toit de l’hôpital! explique patiemment la petite. Ah ! La maîtresse un peu sidérée réalise enfin: dans certaines familles, apparemment, l’hélicoptère a remplacé les cigognes, les choux et les roses… Normal, il faut bien vivre avec son temps ! Enfin, c’est se demander, quand même? De quoi rester sans voix, non?

M comme Menace

Une fois n’est pas coutume, les maîtresses étant souvent aussi des mamans, voilà une petite anecdote qui déroge un peu à la règle, mais à peine… Ce soir-là, à la sortie des classes, une maman (qui est donc aussi maîtresse) récupère sa petite fille très inquiète. D’emblée, l’enfant explique son tourment: les parents de son copain Arthur ont dit à celui-ci que s’il n’était pas sage à l’école et s’il ne travaillait pas bien, hé bien « ils l’enverraient dans un endroit horrible où on abandonne les enfants« !  Ah, tiens! Ces parents auraient-ils par hasard brandi la menace d’envoi en pension? Et dans la tête d’un enfant plein d’imagination, pension rimant peut-être avec … orphelinat??? Allez savoir!  Quelle histoire! La maman tente donc de rassurer et de relativiser,  mais sa petite fille insiste, vraiment alarmée: « Mais tu ne te rends pas compte! Arthur a eu une croix dans le orange aujourd’hui! Ses parents vont pas être contents du tout! Dis maman, tu  veux pas adopter Arthur?  »

 

 

Du côté de l’objectif…

 

Bonjour à tous! Voici une nouvelle photo qui m’a particulièrement touchée et inspirée, par sa poésie, sa mélancolie aussi.

Alors bien sûr, j’aurais pu imaginer et raconter la scène pas très glorieuse d’un abandon volontaire: une histoire qui se passerait dans les années 60,  un propriétaire indélicat pressé de se débarrasser d’un vieux véhicule devenu encombrant, et qu’il aurait emmené, ni vu ni connu, dans ce lieu perdu loin de toute habitation. Cinquante ans plus tard, qui saurait dire à qui ce vieux tacot appartenait autrefois?

Mais non. J’ai préféré me laisser porter par ce que pouvait raconter cette vieille carcasse. Et voici ce que j’ai « entendu »…

 

Par un étrange  et ironique mimétisme, une vieille épave  a adopté les couleurs géologiques des « ruffes » ( roche rouge dont la couleur est due à la présence d’oxyde de fer, remontant à la fin de l’ère primaire, entre 280 et 225 millions d’années) comme si elle cherchait à se fondre  dans le paysage et gagner en honorabilité, culpabilisant d’avoir été abandonnée sans égard au milieu de cette nature  majestueuse. Depuis quand est-elle là? Quelle est son histoire? Plus personne ne sait, comme si elle n’avait jamais existé. Tôle arrachée, moteur éventré, elle se la joue alors caméléon, petit à petit digérée, grignotée, érodée.  Carcasse de métal  qui n’a, hélas, que la rouille pour se camoufler.
PS: cette photographie a remporté l'adhésion des suffrages lors d'une exposition. 

photographie: Dominique Chavy Texte: Isabelle Chavy

 

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Du côté de l’objectif…

 

Je ne sais pas vous, mais toute cette pluie et ce vent me donnent des envies furieuses de printemps. Or, il se trouve que les premiers amandiers fleurissent déjà, là-bas dans le sud! Un signe qui ne trompe pas! Voici une nouvelle photographie ( de mon photographe préféré!) accompagnée d’un petit texte, histoire de s’accorder un petit moment d’évasion…

 

Lumière diffuse d'un ciel gris de fin d'hiver.  
Quelque part en Provence,  un majestueux amandier en fleur se dresse. Isolé, exposé à tous les vents, mais tenant bon. Ses délicats pétales rose pâle frémissent comme le voile de ces mariées d'autrefois. On se demande d'où il puise une telle vitalité. 
Il est l'arbre Sentinelle, l'arbre Gardien, annonciateur du printemps qui sera bientôt là. 
Tant que les amandiers seront en fleur...

Du côté de l’objectif…

 

 

L’hiver commence à donner des signes de faiblesses, le printemps se profile lentement à l’horizon, il y a des signes qui ne trompent pas… Avec cette nouvelle photographie, je vous invite dans un monde où la magie existerait encore, comme en ces temps lointains où les hommes vénéraient et invoquaient Dame nature. 

 



Lieu enchanté

C'est un endroit secret et mystérieux, qui ne se dévoile que quelques jours par an. Pour avoir la chance de contempler ce miracle, il ne faut pas avoir peur de marcher longtemps, de quitter le sentier et de se laisser juste guider par le son de l'eau. Une mélodie vive et cristalline qui emplit tout le sous-bois.

On dirait une rivière à fées. Un lieu magique habité par des ondines. Dans les mythes d'autrefois, on attribuait l'alimentation en eau des torrents et des fontaines aux larmes des ondines. Ceux-ci se tarissaient dès qu'une de ces fées se sentait offensée. Il était alors coutume de jeter diverses offrandes dans les eaux, tels que des guirlandes de fleurs, des épingles ou des tessons de bouteilles, qui étaient pour les ondines de véritables trésors miroitant dans l'eau.

Le réveil de ce torrent éphémère dépend en fait de la résurgence qui l'alimente en amont. De grosses pluies sont tombées toute la semaine dernière. La résurgence a fini par déborder, libérant ses eaux tumultueuses du haut des falaises.

Le sous-bois résonnera pendant plusieurs jours du bruit de la petite rivière dévalant ses pentes, avant que celle-ci ne se tarisse, jusqu'aux prochaines grosses pluies hivernales. Il faudra alors à nouveau patienter pour espérer y apercevoir, peut-être, une ondine peignant sa longue chevelure d'or.

PS: Le nom de l'endroit est gardé volontairement secret à la demande du photographe, car fragile et donc à préserver...


 

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Du côté des maîtresses, par le petit bout de la lorgnette

 

Voici une nouvelle  anecdote, qui pourrait être rangée à la lettre L ou C, c’est selon, dans l’abécédaire consacré  aux maitresses vues par le petit bout de la lorgnette. En effet, pour le titre j’ai hésité: j’ai finalement choisi  « La maitresse sentimentale » mais cela pourrait être aussi: « Comment arnaquer la petite souris ».

A vous de choisir! Et bien sûr, comme d’habitude, rien que de l’authentique et du vécu… Bonne lecture!

 

La maîtresse sentimentale

La maîtresse avait une bague qu’elle chérissait particulièrement. Oh rien d’extrêmement précieux, juste un anneau en argent serti de petits brillants et surmonté d’un petit losange en faux? vrai? ivoire – ça, elle ne l’avait jamais su. Non, toute sa valeur était sentimentale. C’était sa grand-mère qui la lui avait offerte pour ses seize ans, une  bague ancienne, joliment rétro, une bague que sa grand-mère portait  dans les années 30.

Un jour, alors que la maîtresse rentrait de récréation avec ses élèves, ce fut le gros choc: le petit morceau en vrai/faux ivoire avait disparu, laissant un trou à la place. Consternation totale: il avait en effet tendance à branler un peu ces derniers temps. Il avait dû tomber quand elle avait enlevé ses gants. Mais il était si petit, autant dire qu’elle ne le retrouverait jamais.

Au même instant, des cris retentirent du côté des portes-manteaux, une vraie foire d’empoigne entre quatre ou cinq garçons qui se ruaient à quatre pattes sur le carrelage.

L’instinct, l’intuition, appelez-ça comme vous voulez, mais la maîtresse sut presque instantanément de quoi il en retournait et son sang ne fit qu’un tour. Elle fendit l’attroupement juste à temps pour entendre:

« C’est quoi ce truc? Hé ! J’ai trouvé une dent! »

 » Montre-là! Je veux voir! »

« Oh donne la moi! Tu crois que si je la mets sous mon oreiller, la petite souris viendra? »

« Mais ça va pas? La petite souris, elle est pas folle, elle verra bien que c’est pas ta dent! T’as même pas de trou dans ta bouche! »

La maîtresse leur tomba dessus comme une tornade: « Donnez-moi ça! Mais non, ce n’est pas une dent, n’importe quoi! » , tachant de contenir la petite voix indignée en elle qui hululait : « rendez-moi la bague de ma grand-mère, bas les pattes, vous allez finir par la perdre pour de bon!!! »

A regret, les garçons tendirent leur trophée et la maîtresse s’en empara dignement. ça, une dent? Non mais, n’importe quoi! Fin de l’incident, sujet clos. Et soupir de soulagement de la maîtresse, tout finissait pas si mal.

Un peu plus tard dans la journée, lorsque la maîtresse se retrouva seule, elle sortit de sa poche le petit morceau écru et la bague estropiée. Elle les considéra avec des yeux tendres mais lucides aussi, réalisant après coup tout le comique de la situation : SA bague adorée n’était que de la pacotille,  la colle vieille  de 80 ans avait fini par céder, et le petit morceau d’ivoire se révélait être juste du plastique ou de la résine. Dans le fond bien sûr, ça lui importait peu. Sa valeur n’avait jamais été là. Mais  elle ne la remit plus jamais, à l’école tout au moins: trop peur que les enfants ne s’écrient:  » Oh mais c’est la dent qu’on avait trouvé! »

 

 

 

Quand l’écriture rencontre la photographie…

Dans la famille Chavy, je demande…le photographe!

Cela faisait longtemps que je voulais écrire des textes inspirés de photographies, un art que j’admire.

Quand la photographie et l’écriture se rencontrent…

Deux regards unis pour exprimer un même désir : une revendication à la contemplation,  à la rêverie pour ralentir la course du temps, voire l’arrêter juste un instant.

Une photographie pour contempler l’infiniment petit, l’infiniment beau, l’infiniment simple, l’évident et l’indicible; et capturer un instant d’éternité.

Un texte  pour se laisser  porter par les mots …

Pour découvrir la première photographie et son petit texte associé, je vous invite à cliquer sur ma nouvelle rubrique « Dans l’objectif!« 

Bonne balade…

La petite fille dans le train…

 

Hiver ! Grand froid et microbes en maraude… Un temps à rester chez soi, au chaud, sous la couette avec un bon livre, non?

La  petite histoire que je vais vous raconter parle de livres justement. Elle m’a été rapporté par mon amie Claire Zucchelli-Romer, (auteur de superbes et poétiques albums jeunesse pop-up que je vous recommande d’ailleurs vivement, dont Souffle! et  Percussion aux éditions Milan, pour voir, cliquez sur le lien en rouge!)

Lors d’un voyage en train, Claire eut pour voisines une maman et sa petite fille de deux/trois ans. Pour occuper l’enfant, la maman lui lisait un album. Mais la fillette n’avait à l’évidence rien à faire de l’histoire et écoutait d’une oreille distraite. Non, tout ce qui l’intéressait, c’était corner le petit bout des pages qui étaient à portée de ses doigts. Et sa maman à chaque fois de la reprendre : « Tu abimes le livre, arrête ça, sinon, je ne lis plus l’histoire et je la range. » Mais rien à faire: la maman reprenait le fil de sa lecture et la petite… ses pliages méthodiques. Au bout d’un énième avertissement plus qu’agacé, la maman mit à exécution sa menace et rangea l’album:  » Tu es en train de l’abimer, ce n’est pas fait pour ça un livre, alors on arrête, tant pis. » Et le livre malmené  disparut dans le sac-refuge. Et  la petite fille se mit à vomir.

Coïncidence plutôt cocasse, non, cette petite fille qui vomit  pile au moment où sa mère lui confisque l’album martyrisé?! Comme une révolte inconsciente et légitime de toute sa petite personne.

Anecdote qui pourrait passer pour anodine en apparence mais qui soulève pourtant quelques questions: à quoi ça sert un livre? Comment le traiter et l’utiliser?  Quel sort lui réserver? Objet sacré ou au contraire à désacraliser? Certains albums sont tellement beaux et paraissent si fragiles qu’on aurait presque envie de les mettre dans des vitrines, comme des objets précieux. En côtoyant ses lecteurs, Claire Zucchelli a fait ce constat: si les enfants s’approprient très vite le livre-objet, tout à leur exploration sensorielle, spontanée et  dénuée de tout scrupule, leurs parents et les adultes en général sont à l’inverse beaucoup plus timorés, respectueux ou soucieux de ne pas abîmer, n’osant pas trop manipuler de peur de déchirer. Or aussi fragile soit-il, un livre n’est-il pas fait aussi pour être touché, plié, corné, déchiré, réparé, recollé ou re-scotché, preuve qu’il a vécu et qu’il a été au contraire aimé et parcouru, voire goûté,  léché, humé, reniflé? Car qui dit que la lecture ne serait qu’une affaire de vue après tout? Quand j’étais enfant, la première chose que je faisais, avant de commencer un nouveau livre, c’était d’en sentir les pages! Et pour preuve qu’on s’attache peut-être plus aux livres un peu cabossés et qui ont bien vécu: lorsque j’ai dû faire du tri dans la quantité affolante de livres-albums qu’avaient mes enfants devenus grands, spontanément, je n’ai conservé que ceux qui avaient une âme, les rabâchés mille et une fois, les tâchés de chocolat, les mordillés et ceux qui conservaient encore des traces de petites quenottes. Parce qu’un livre, c’est bien plus qu’une simple histoire, non? Et ça peut se dévorer au sens propre comme au sens figuré…

Sur ce, je vous souhaite pleins de belles lectures, installés au chaud et douillettement de préférence et un bon voyage! Et surtout, n’oubliez pas d’affûter tous vos sens!!! A bientôt!

 

 

Un super article sur mon roman « Le choix d’une vie » !!

 

 

Bonjour à tous!

J’ai eu une jolie surprise ce matin en tombant un peu par hasard sur le blog littéraire Bouquin en scène qui a parlé de mon dernier roman « Le choix d’une vie« . Si vous êtes curieux de lire ce commentaire et de découvrir ce blog par la même occasion, voici le lien: http://www.bouquinenscene.fr/archives/2016/11/03/34516882.html.

Je voudrais remercier l’auteur pour ce bel article, car c’est grâce à ce genre de commentaire qu’une histoire trouve ses lecteurs et prend tout son sens.

Je suis toujours surprise et touchée de voir comment des lecteurs de tous horizons s’approprient une histoire. C’est comme une renaissance perpétuelle. Chacun suit sa propre mélodie intérieure et intime. La magie de la lecture.

A bientôt…