Du côté de l’objectif…

 

 

L’hiver commence à donner des signes de faiblesses, le printemps se profile lentement à l’horizon, il y a des signes qui ne trompent pas… Avec cette nouvelle photographie, je vous invite dans un monde où la magie existerait encore, comme en ces temps lointains où les hommes vénéraient et invoquaient Dame nature. 

 



Lieu enchanté

C'est un endroit secret et mystérieux, qui ne se dévoile que quelques jours par an. Pour avoir la chance de contempler ce miracle, il ne faut pas avoir peur de marcher longtemps, de quitter le sentier et de se laisser juste guider par le son de l'eau. Une mélodie vive et cristalline qui emplit tout le sous-bois.

On dirait une rivière à fées. Un lieu magique habité par des ondines. Dans les mythes d'autrefois, on attribuait l'alimentation en eau des torrents et des fontaines aux larmes des ondines. Ceux-ci se tarissaient dès qu'une de ces fées se sentait offensée. Il était alors coutume de jeter diverses offrandes dans les eaux, tels que des guirlandes de fleurs, des épingles ou des tessons de bouteilles, qui étaient pour les ondines de véritables trésors miroitant dans l'eau.

Le réveil de ce torrent éphémère dépend en fait de la résurgence qui l'alimente en amont. De grosses pluies sont tombées toute la semaine dernière. La résurgence a fini par déborder, libérant ses eaux tumultueuses du haut des falaises.

Le sous-bois résonnera pendant plusieurs jours du bruit de la petite rivière dévalant ses pentes, avant que celle-ci ne se tarisse, jusqu'aux prochaines grosses pluies hivernales. Il faudra alors à nouveau patienter pour espérer y apercevoir, peut-être, une ondine peignant sa longue chevelure d'or.

PS: Le nom de l'endroit est gardé volontairement secret à la demande du photographe, car fragile et donc à préserver...


 

Pour découvrir d’autres photos et textes, cliquez sur le lien ici !!!

 

Du côté des maîtresses, par le petit bout de la lorgnette

 

Voici une nouvelle  anecdote, qui pourrait être rangée à la lettre L ou C, c’est selon, dans l’abécédaire consacré  aux maitresses vues par le petit bout de la lorgnette. En effet, pour le titre j’ai hésité: j’ai finalement choisi  « La maitresse sentimentale » mais cela pourrait être aussi: « Comment arnaquer la petite souris ».

A vous de choisir! Et bien sûr, comme d’habitude, rien que de l’authentique et du vécu… Bonne lecture!

 

La maîtresse sentimentale

La maîtresse avait une bague qu’elle chérissait particulièrement. Oh rien d’extrêmement précieux, juste un anneau en argent serti de petits brillants et surmonté d’un petit losange en faux? vrai? ivoire – ça, elle ne l’avait jamais su. Non, toute sa valeur était sentimentale. C’était sa grand-mère qui la lui avait offerte pour ses seize ans, une  bague ancienne, joliment rétro, une bague que sa grand-mère portait  dans les années 30.

Un jour, alors que la maîtresse rentrait de récréation avec ses élèves, ce fut le gros choc: le petit morceau en vrai/faux ivoire avait disparu, laissant un trou à la place. Consternation totale: il avait en effet tendance à branler un peu ces derniers temps. Il avait dû tomber quand elle avait enlevé ses gants. Mais il était si petit, autant dire qu’elle ne le retrouverait jamais.

Au même instant, des cris retentirent du côté des portes-manteaux, une vraie foire d’empoigne entre quatre ou cinq garçons qui se ruaient à quatre pattes sur le carrelage.

L’instinct, l’intuition, appelez-ça comme vous voulez, mais la maîtresse sut presque instantanément de quoi il en retournait et son sang ne fit qu’un tour. Elle fendit l’attroupement juste à temps pour entendre:

« C’est quoi ce truc? Hé ! J’ai trouvé une dent! »

 » Montre-là! Je veux voir! »

« Oh donne la moi! Tu crois que si je la mets sous mon oreiller, la petite souris viendra? »

« Mais ça va pas? La petite souris, elle est pas folle, elle verra bien que c’est pas ta dent! T’as même pas de trou dans ta bouche! »

La maîtresse leur tomba dessus comme une tornade: « Donnez-moi ça! Mais non, ce n’est pas une dent, n’importe quoi! » , tachant de contenir la petite voix indignée en elle qui hululait : « rendez-moi la bague de ma grand-mère, bas les pattes, vous allez finir par la perdre pour de bon!!! »

A regret, les garçons tendirent leur trophée et la maîtresse s’en empara dignement. ça, une dent? Non mais, n’importe quoi! Fin de l’incident, sujet clos. Et soupir de soulagement de la maîtresse, tout finissait pas si mal.

Un peu plus tard dans la journée, lorsque la maîtresse se retrouva seule, elle sortit de sa poche le petit morceau écru et la bague estropiée. Elle les considéra avec des yeux tendres mais lucides aussi, réalisant après coup tout le comique de la situation : SA bague adorée n’était que de la pacotille,  la colle vieille  de 80 ans avait fini par céder, et le petit morceau d’ivoire se révélait être juste du plastique ou de la résine. Dans le fond bien sûr, ça lui importait peu. Sa valeur n’avait jamais été là. Mais  elle ne la remit plus jamais, à l’école tout au moins: trop peur que les enfants ne s’écrient:  » Oh mais c’est la dent qu’on avait trouvé! »

 

 

 

Quand l’écriture rencontre la photographie…

Dans la famille Chavy, je demande…le photographe!

Cela faisait longtemps que je voulais écrire des textes inspirés de photographies, un art que j’admire.

Quand la photographie et l’écriture se rencontrent…

Deux regards unis pour exprimer un même désir : une revendication à la contemplation,  à la rêverie pour ralentir la course du temps, voire l’arrêter juste un instant.

Une photographie pour contempler l’infiniment petit, l’infiniment beau, l’infiniment simple, l’évident et l’indicible; et capturer un instant d’éternité.

Un texte  pour se laisser  porter par les mots …

Pour découvrir la première photographie et son petit texte associé, je vous invite à cliquer sur ma nouvelle rubrique « Dans l’objectif!« 

Bonne balade…

La petite fille dans le train…

 

Hiver ! Grand froid et microbes en maraude… Un temps à rester chez soi, au chaud, sous la couette avec un bon livre, non?

La  petite histoire que je vais vous raconter parle de livres justement. Elle m’a été rapporté par mon amie Claire Zucchelli-Romer, (auteur de superbes et poétiques albums jeunesse pop-up que je vous recommande d’ailleurs vivement, dont Souffle! et  Percussion aux éditions Milan, pour voir, cliquez sur le lien en rouge!)

Lors d’un voyage en train, Claire eut pour voisines une maman et sa petite fille de deux/trois ans. Pour occuper l’enfant, la maman lui lisait un album. Mais la fillette n’avait à l’évidence rien à faire de l’histoire et écoutait d’une oreille distraite. Non, tout ce qui l’intéressait, c’était corner le petit bout des pages qui étaient à portée de ses doigts. Et sa maman à chaque fois de la reprendre : « Tu abimes le livre, arrête ça, sinon, je ne lis plus l’histoire et je la range. » Mais rien à faire: la maman reprenait le fil de sa lecture et la petite… ses pliages méthodiques. Au bout d’un énième avertissement plus qu’agacé, la maman mit à exécution sa menace et rangea l’album:  » Tu es en train de l’abimer, ce n’est pas fait pour ça un livre, alors on arrête, tant pis. » Et le livre malmené  disparut dans le sac-refuge. Et  la petite fille se mit à vomir.

Coïncidence plutôt cocasse, non, cette petite fille qui vomit  pile au moment où sa mère lui confisque l’album martyrisé?! Comme une révolte inconsciente et légitime de toute sa petite personne.

Anecdote qui pourrait passer pour anodine en apparence mais qui soulève pourtant quelques questions: à quoi ça sert un livre? Comment le traiter et l’utiliser?  Quel sort lui réserver? Objet sacré ou au contraire à désacraliser? Certains albums sont tellement beaux et paraissent si fragiles qu’on aurait presque envie de les mettre dans des vitrines, comme des objets précieux. En côtoyant ses lecteurs, Claire Zucchelli a fait ce constat: si les enfants s’approprient très vite le livre-objet, tout à leur exploration sensorielle, spontanée et  dénuée de tout scrupule, leurs parents et les adultes en général sont à l’inverse beaucoup plus timorés, respectueux ou soucieux de ne pas abîmer, n’osant pas trop manipuler de peur de déchirer. Or aussi fragile soit-il, un livre n’est-il pas fait aussi pour être touché, plié, corné, déchiré, réparé, recollé ou re-scotché, preuve qu’il a vécu et qu’il a été au contraire aimé et parcouru, voire goûté,  léché, humé, reniflé? Car qui dit que la lecture ne serait qu’une affaire de vue après tout? Quand j’étais enfant, la première chose que je faisais, avant de commencer un nouveau livre, c’était d’en sentir les pages! Et pour preuve qu’on s’attache peut-être plus aux livres un peu cabossés et qui ont bien vécu: lorsque j’ai dû faire du tri dans la quantité affolante de livres-albums qu’avaient mes enfants devenus grands, spontanément, je n’ai conservé que ceux qui avaient une âme, les rabâchés mille et une fois, les tâchés de chocolat, les mordillés et ceux qui conservaient encore des traces de petites quenottes. Parce qu’un livre, c’est bien plus qu’une simple histoire, non? Et ça peut se dévorer au sens propre comme au sens figuré…

Sur ce, je vous souhaite pleins de belles lectures, installés au chaud et douillettement de préférence et un bon voyage! Et surtout, n’oubliez pas d’affûter tous vos sens!!! A bientôt!

 

 

Un super article sur mon roman « Le choix d’une vie » !!

 

 

Bonjour à tous!

J’ai eu une jolie surprise ce matin en tombant un peu par hasard sur le blog littéraire Bouquin en scène qui a parlé de mon dernier roman « Le choix d’une vie« . Si vous êtes curieux de lire ce commentaire et de découvrir ce blog par la même occasion, voici le lien: http://www.bouquinenscene.fr/archives/2016/11/03/34516882.html.

Je voudrais remercier l’auteur pour ce bel article, car c’est grâce à ce genre de commentaire qu’une histoire trouve ses lecteurs et prend tout son sens.

Je suis toujours surprise et touchée de voir comment des lecteurs de tous horizons s’approprient une histoire. C’est comme une renaissance perpétuelle. Chacun suit sa propre mélodie intérieure et intime. La magie de la lecture.

A bientôt…

Une nouvelle année…

ça y est, 2016 a rejoint le cortège des années passées…

Sentiments ambivalents, cela m’a toujours paru étrange de fêter la nouvelle année. Un jour particulier entourés de ceux qu’on aime pour célébrer…le temps qui passe. Contempler depuis le promontoire étroit de l’instant présent, la fugace vision du chemin déjà parcouru, pareil à une rivière  dont la source s’éloigne chaque jour un peu plus, une rivière tantôt calme tantôt tumultueuse, avec ses méandres, ses petits et grands tourbillons, ses périodes de sécheresse et ses crues, ses passages souterrains et ses résurgences inattendues. Et puis, aux douze coups de minuit, contempler l’avenir et son mystérieux horizon. Se tenir tout en haut d’une cascade, prendre son souffle et se préparer au grand saut vers l’inconnu. Vient alors le moment des voeux partagés, échangés. Rêves de fraternité, d’amour et de paix, les pieds ancrés, une fois n’est pas coutume, dans l’instant présent, une accalmie que l’on s’accorde, une halte?

Premier jour de l’an, le rituel des voeux prend parfois des allures de prescription médicale, distribution générale pour tous: une petite gélule de bonheur, une autre de bonne santé et une autre encore pour l’amour. Avec ça, nous devrions être parés pour replonger dans le bain bouillonnant de la vie, qui reviendra plus vite qu’on ne le pense, emportés par le courant. Car la vie galope et n’attend pas…

Alors, soyons ambitieux, rêveurs, fous, nous n’avons qu’une vie après tout ! Sauter dans le vide. Tomber et se relever.  Pleurer et rire. Ecouter sa petite voix intérieure. Oser. Foncer. Provoquer la chance. Aimer. Dire je t’aime. Veiller. Protéger. Voyager, voyages immobiles et voyages vers d’autres horizons. S’ouvrir aux autres. Oublier la peur. Dormir. Rêver les yeux ouverts. Lire. Ecrire. Musarder. Regarder les fleurs pousser, la course des nuages. Se réchauffer au soleil. Se laisser bercer par le bruit des vagues. Respirer. Apprendre. Ecouter. S’émerveiller. Contempler.Vivre.

 

Belle année 2017 à vous tous…

 

En cours d’écriture…

board-953151__180

« Le lecteur peut être considéré comme le personnage principal du roman, à égalité avec l’auteur, sans lui, rien ne se fait. »        Citation d’Elsa Triolet

Avant toute chose, je voudrais  remercier tous les lecteurs qui m’ont fait des retours si chaleureux et positifs sur mon dernier roman Le choix d’une vie. Les ventes ont très bien démarré, mieux que je n’osais l’espérer ou l’imaginer, même! Merci ! Je croise les doigts pour que cela continue!

Ces derniers temps, je me fais un peu plus discrète sur mon blog. Pas d’inquiétude, c’est juste que je suis en pleine période d’écriture. La naissance d’une nouvelle histoire demande beaucoup de temps, de silence, de persévérance et de contemplation. Un jour on écrit juste une  ligne ; le lendemain, plusieurs paragraphes arrivent tout seuls, comme si ça coulait de source. Ce qui a été écrit un jour peut être détricoté le lendemain. Mais ça avance et ça se construit, lentement mais sûrement.

Une jolie citation de Orhan Pamuk (La valise de mon père) définit assez bien, en ce qui me concerne, le travail d’écrivain: « Pour moi le secret du métier d’écrivain réside non pas dans une inspiration d’origine inconnue mais dans l’obstination et la patience. Une jolie expression turque, creuser un puits avec une aiguille, me semble avoir été inventée pour nous autres écrivains« .

Quant à l’origine de l’inspiration, si mystérieuse et si fragile: une simple petite étincelle suffit parfois. Ecrire, c’est rêver éveillé.

A très bientôt, promis!!!

Les petits philosophes en herbe… Une nouvelle rubrique!

images-copieLorsque les élèves réfléchissent ensemble sur la vie, ils font souvent de la philosophie sans le savoir… D’où une idée de nouvelle rubrique, consacrée à ces mots d’enfants: Les Petits Philosophes en herbe. 

Pouvoir débattre en classe sur un thème donné ou à propos d’une situation vécue, est avant tout l’occasion pour les élèves  d’apprendre à s’écouter mais aussi à donner son opinion et à exprimer ses émotions. Le bâton de parole circule alors de main en main, s’improvisant parfois micro imaginaire, donnant le courage nécessaire pour prendre la parole devant les autres. Très vite, tous les enfants se prennent « au jeu ». Et dès la première séance, ce joli constat: il n’y a pas d’âge pour philosopher.

Ce jour-là, la classe revenait de sa première séance de piscine. Si pour beaucoup, piscine rime avec plaisir et joie, pour d’autres, c’est l’appréhension qui domine, voire la peur. Certains avaient même mal au ventre depuis la veille au soir. Quelques uns ont pleuré. Du coup, la classe a débattu sur le sujet suivant: Qu’est-ce que la peur? Pourquoi a-t-on peur?

Pour découvrir ce grand moment de réflexion collective, je vous invite sur ma nouvelle rubrique Les petits philosophes en herbe (dans la page professeur des écoles et…écrivain). Bonne lecture (et bonne réflexion…)

 

 

« Le choix d’une vie »

le-choix-d-une-vie

Premiers échos depuis la sortie de mon roman, merci infiniment pour vos messages adorables, touchants, rassurants !!!

« Le choix d’une vie » est une fiction bien sûr. Mais l’histoire m’a été inspirée par un fait authentique. Dans mon dernier article, je vous promettais de vous en raconter l’origine. Alors, pour découvrir l’histoire dans l’histoire, l’élément déclencheur qui m’a inspiré ce roman, je vous propose d’aller découvrir ma nouvelle page Le choix d’une vie. Bonne lecture et à bientôt!