Une petite souris à l’école

De nouvelles aventures pour La Petite Souris! Et pour commencer, une devinette: quel rapport y a-t-il entre un plombier et des vêtements qui ont disparu? La petite Souris, sait, elle! Mais il a fallu chercher longtemps pour comprendre…  Dernier indice: le dénominateur commun à ces deux nouvelles anecdotes, c’est… le papier toilette! Bonne lecture.

Histoires Improbables…

Inondation à l’école maternelle

Depuis quelques temps, les toilettes des maternelles sont régulièrement bouchées. Les femmes de ménage pestent. Les maîtresses expliquent à leurs élèves qu’il ne faut pas jeter autant de papier dans la cuvette. Pas simple! Les petits ont toujours tendance à dérouler le rouleau entièrement…  Or, ce jour-là, c’est le pompon. Les toilettes sont à nouveau bouchés et cette fois-ci, ça déborde, un vrai raz-de-marée, il y a de l’eau partout. Le plombier est appelé en urgence. Coupure d’eau générale, le brave artisan se rend compte que le bouchon n’est pas très loin mais qu’il a l’air très compact, comme coincé, une vraie galère. Pas le choix, va falloir démonter les tuyaux. A la fin de l’opération, qui a pris un long moment, les maîtresses n’en croient pas leurs yeux: le plombier a extirpé des canalisations plusieurs petits slips, shorts et pantalons. Mais d’où ça sort?! C’est alors qu’une maîtresse a comme une révélation. Elle est sidérée et c’est peu de le dire. Voilà des semaines qu’une maman vient régulièrement se plaindre auprès d’elle car les affaires de rechange de son fils, en petite section, disparaissent systématiquement du porte-manteau, ne restant à chaque fois qu’un sac vide. Une énigme insoluble, qui leur a valu de retourner toute l’école, de fouiller les sacs des autres enfants et d’interroger tout le monde, y compris le petit garçon en question ! Mais rien à faire, le mystère restait entier, les vêtements se volatilisaient à chaque fois et on ne les retrouvait pas. On fait venir le petit garçon qui reconnait bien, en effet, ses vêtements. Mais il n’a pas l’air particulièrement heureux de les retrouver et affiche une mine contrariée. Il finit par dire que c’est lui qui les jetait aux toilettes, chaque matin… parce qu’il n’en avait pas besoin.

Danger, pervers!

Début d’après-midi, la classe de CP est train de travailler quand le directeur déboule, la mine contrariée. Il fait signe à la jeune maîtresse de le suivre dans le couloir et en aparté, lui explique la situation:

 » Il y a un problème, va falloir faire une enquête! Les femmes de ménage ont trouvé dans les toilettes des empreintes de main couvertes de merde!!! On aurait voulu imiter la grotte de Lascaux qu’on aurait fait pareil! Il y en a  partout: sur les murs carrelés, les portes, et pas qu’un peu! Un gamin qui étale sa merde partout comme ça, c’est pas normal! La chasse d’eau n’était même pas tirée! Une puanteur ! On a déjà eu un cas semblable il y a quelques années. C’était un gosse qui avait des tendances perverses et qui nous en a fait voir de toutes les couleurs: il mettait exprès ses mains dans son caca et s’en barbouillait et il en tapissait tous les murs, un gros cas lourd!!!! Alors, on ne traine pas, je vais prévenir la psychologue scolaire et de votre côté, interrogez vos élèves, s’ils ont vu quelque chose! »

La maîtresse a tout écouté sans broncher, oscillant entre la stupeur, l’embarras et… le fou rire. Puis finit par hasarder :

« Euh... Et si ça avait plutôt un lien avec mon petit Anatole? En rentrant de cantine, il y a un quart d’heure, il est venu me voir en pleurant, il était plein de caca. Il avait la diarrhée et aux WC, il n’y avait plus de papier de toilette… Alors il s’en est mis partout! Je viens d’appeler une dame de service pour qu’elle le nettoie et j’ai aussi prévenu la maman... »

Incrédulité du directeur, qui doute encore:

 » Alors, ce n’est pas un pervers?« .

« Non, je ne crois pas… Juste une gastro…une méchante gastro… » sourit la maîtresse.

La petite souris

Rentrée des classes oblige,  La Petite Souris est de retour, fidèle au poste et heureuse de vous retrouver ! Et dans son petit cartable, de nouvelles anecdotes qu’elle a glanées ici et là! Bonne lecture!!!

 

Fête d’école

La fête d’école bat son plein, ça va bientôt être l’heure du spectacle des classes d’élémentaire. Le décors et le matériel sont en place sous le préau. Une des maîtresses vient faire les dernières vérifications lorsque perplexité: un grand-père est assis en plein sur la scène, face au public, sur l’une des chaises qui servira au spectacle. Très poliment, la maîtresse va lui expliquer qu’il ne peut pas rester là et qu’elle a besoin de la chaise pour le spectacle. Mais  le vieux monsieur, bougon, ne l’entend pas de cette oreille! Non, il ne bougera pas de sa chaise: c’est le seul endroit qui est à l’ombre et toutes les autres chaises sont déjà prises!

(Dénouement de l’histoire? Intégrer le vieux monsieur dans le spectacle n’étant pas envisageable, pas le choix, la maîtresse est vite allée chercher une autre chaise dans sa classe, a trouvé un petit coin à l’ombre sous le préau et avec beaucoup de persuasion, a réussi à faire bouger le papy…)

Un problème de colle…

(Petit instantané d’un premier jour en CP.)

« Maîtresse! Viens vite, j’ai un problèèèèèmmme! » appelle Justin,   fort désemparé. « Ma colle veut plus rentrer ! » Et pour cause ! Justin,  mains et joues généreusement tartinées de blanc, montre à l’enseignante ce qui reste de son bâton de colle: écrabouillé, aplati… et  complètement sorti de son tube jaune…

Excuse à la noix

Un lundi matin, la maman de Jonathan – short ultra moulant et talons aiguilles – demande à voir la maîtresse. Elle est « vraiment désolée mais on lui a imposé la date, vous comprenez, des mois d’attente pour avoir un rendez-vous chez ce spécialiste! Alors, est-ce  que c’est grave si son fils manque l’école jeudi prochain? »

Mercredi matin, rebelote, elle va à nouveau voir la maîtresse et confirme, toujours aussi confuse:

« Non, vraiment, rien à faire, je n’ai pas réussi à changer la date pour le spécialiste, trop compliqué! Jonathan sera donc absent demain.  »

Tant d’émoi pour un rendez-vous médical programmé, apparemment, depuis longtemps…

En classe, l’air de rien, la maîtresse demande à Jonathan si c’est pour ses lunettes qu’il doit aller voir le spécialiste demain toute la journée. Le petit garçon lève un regard étonné:

« Bah non, on va aller à Aqualand .  »

(Morale: quoi qu’il arrive, tôt ou tard, la vérité sort toujours de la bouche des enfants…)

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Bonnes vacances!

 

 

Pendant les vacances, mon blog va se mettre au vert, tout comme la Petite Souris qui rêve de dépaysement. Mais c’est pour mieux vous retrouver, à la rentrée, en pleine forme, avec pleins de nouvelles anecdotes!

En attendant, savourez chaque instant, même les petits riens et les petits bonheurs anodins du quotidien!

A très bientôt!

 

 

 

Une petite souris à l’école…

 

Les grandes vacances approchent à grands pas, le compte à rebours est lancé pour les petits comme pour les grands, dernière occasion de l’année pour la Petite Souris de feuilleter son album de souvenirs… et pour finir en beauté, de la tendresse et de l’émotion… Bonne lecture !

 

Album souvenirs (suite et fin)

L’ autoportrait de Milla.

Dans le cadre d’un travail en arts visuels, des élèves de CP font leur autoportrait à la craie grasse. Milla est une petite guyanaise arrivée depuis peu en métropole, peau noire et pleins de petites nattes sur la tête dans lesquelles tintinnabulent des perles colorées. Quand elle a fini, elle va voir sa maîtresse et montre fièrement son dessin. La maîtresse est un peu surprise :  » C’est ton visage que tu as dessiné? » La petite fille hoche la tête avec vigueur, oui, elle s’est dessinée telle qu’elle est…ou s’imagine être? Car sur la grande feuille de papier canson, Milla est une petite fille aux longs cheveux blonds comme les blés et aux yeux bleu myosotis…

Le grand frère

Alors que la classe est de sortie en ville, Antonin, 7 ans, interpelle sa maîtresse. Il est tout secoué et les mots se bousculent dans sa bouche: il vient de voir son grand frère sur le parking de l’ancien supermarché désaffecté. « Maman va pas être contente! Mon grand-frère fait plein de bêtises en ce moment! Il a même été à la police parce qu’il a volé des choses dans un magasin! Il veut plus écouter papa-maman et il crie tout le temps à la maison. Il veut plus aller au collège. Je sais pas ce qu’il fait là.  »  Ce grand frère, la Petite Souris s’en souvient très bien. Sept ans plutôt, il était dans la classe. Un petit garçon sans histoire et très discret…

Souffrance

Mamoudou a 10 ans.  Tout en muscles. Tout en sensibilité exacerbée aussi. Un écorché vif. Le trop-plein de rage, de chagrin, d’impuissance, d’injustice, il l’évacue à coups de poings. Bagarres à répétition, il pleure comme un tout petit mais cogne comme une brute, aveuglément.  Sa maîtresse accourt la première sur les lieux. Pas le choix, il faut rentrer dans l’empoignade; les deux enfants sont devenus complètement sourds et hermétiques à leur entourage. Ceinturer à bras le corps Mamadou qui sanglote, rue et vocifère, et esquiver tant bien que mal les coups. « Il a insulté ma mère!  » hurle-t-il en essayant de s’échapper, quitte à faire mal. Un collègue arrive en renfort, il est plus fort, il prend le relais.  La maîtresse en profite pour éloigner l’autre élève, nez et bouche ensanglantés. Dans son dos, Mamadou  se débat toujours.

De l’altercation, la maîtresse a hérité un beau bleu sur le bras: l’empreinte très distincte des cinq doigts de Mamadou quand il a cherché à s’échapper. Le lendemain matin, quand elle passe devant le rang, Mamadou remarque l’hématome mais ne dit rien.

C’est l’heure de la récréation, la classe se vide. Sauf Mamadou qui traine, le visage fermé. Ce n’est qu’une fois seul qu’ il décide alors de s’approcher de sa maîtresse. La mine totalement bouleversée, il fixe la marque sur le bras. Puis, au bord des larmes, bafouille:   « Pardon maîtresse. Je voulais pas te faire de mal et de peine. Pardon.  »

Fausse alerte

La récréation bat son plein depuis à peine quelques  minutes quand la sonnerie retentit soudain, insistante. Regards un peu interloqués des élèves qui regagnent malgré tout docilement le préau, pour se ranger. « Fausse alerte » crie alors l’une des maîtresses,  « Vous pouvez encore jouer un peu, ce n’est pas l’heure! » C’était juste Liam, le petit trisomique de la classe d’ULIS qui a sonné. Parfois, Liam aime bien faire des blagues et ce n’est pas la première fois! Ah ouf, tant mieux! Et tous les élèves de s’égailler à nouveau, soulagés et… habitués. Sacré Liam!

 

 

 

 

Une petite souris à l’école… le retour.

Déjà la fin d’une année scolaire qui se profile, de quoi plonger Une petite souris à l’école dans ses souvenirs. Toujours aux premières loges, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle en aura vu passer, des élèves (une curieuse et parfois surprenante espèce…)

Or, la Petite souris a une mémoire d’éléphant et un tempérament un peu maniaque de rat de bibliothèque. Elle a soigneusement tout consigné dans son album de souvenirs…

Aujourd’hui, elle a décidé d’ouvrir l’album à la rubrique… « Les Gratinés » (Et non, il n’est pas question de fromage…)

Impunité

Emile, 7 ans, a une tête d’ange et on lui donnerait le bon dieu sans confession… Fatale erreur ! Particulièrement asocial, il accumule les problèmes de comportement et d’incivilité à l’école. Ce jour-là en classe, il insulte copieusement sa petite voisine ( de  gros jurons dont je vous ferai grâce…). La maîtresse, indignée, lui demande de présenter  ses excuses à la petite fille. La classe entière est toute ouïe et retient son souffle. Emile refoule des larmes de colère, tente de se dérober, proteste puis acculé, lâche un « je m’excuse » du bout des lèvres, avec rancoeur. Le lendemain, Emile ne vient pas à l’école. Il ne réapparait que le surlendemain avec  un mot de la maman dans le cahier de correspondance :  » Hier, mon fils n’a pas pu venir à l’école parce qu’il a été traumatisé et humilié d’avoir dû présenter des excuses devant toute la classe. » Maîtresse éberluée, c’est peu de le dire… Quant à savoir si la petite voisine, elle, a été humiliée ou pas par l’insulte (devant toute la classe), quelle importance, une broutille après tout?!

Les lunettes

Samira, 7 ans,  est une petite fille peu loquace, renfermée et souvent renfrognée. Elle n’a pas d’amis et ceux qui s’y sont risqués, (les confiants et les gentils)  y ont laissé quelques plumes, rembarrés comme des malpropres. Un jour, elle arrive à l’école avec des lunettes toutes neuves. Très contrariée à l’évidence. La maîtresse la complimente et la rassure mais peine perdue, ne reçoit en retour qu’un regard noir. Ces lunettes, elle n’en voulait pas, elle ne les aime pas et elle le fait très vite comprendre: dès lors, elle n’aura de cesse de les « perdre ». A chaque fois, les autres élèves les retrouvent dans des lieux plus incongrus les uns que les autres: derrière les WC, dans leur casier, sur le rebord d’une fenêtre dans la cour… La maîtresse finit par se fâcher. Et puis au bout de quelques semaines, Samira arrive sans lunettes,  prétendant que ses yeux sont guéris et qu’elle n’en a plus besoin. Soupçonneuse, la maîtresse vérifie dans le cartable si elles n’y sont pas à tout hasard: la petite fille a la mine des mauvais jours, qui n’augure rien de bon. Mais non, aucune trace des lunettes. Trois jours plus tard, coup de théâtre: Samira a un mot de sa maman dans le cahier de correspondance et en tendant le cahier, lâche sèchement: « Maman n’est pas contente après toi! » Allons bon???? Le mot est une véritable douche froide, totalement surréaliste: la mère à moitié hystérique « somme la maîtresse de rendre à sa fille les lunettes qu’elle a osé lui confisquer! »  « Samira, c’est une plaisanterie? Maman croit vraiment que c’est moi qui ai confisqué tes lunettes? C’est ce que tu lui as raconté? » Hochement affirmatif de la petite fille imperturbable. La maîtresse est…abasourdie. Aussitôt, branle-bas de combat: toute la classe (qui commence à devenir experte en la matière) se met à chercher les lunettes de Samira: elles sont forcément planquées quelque part. La maîtresse (échaudée) vérifie même dans son bureau, au cas où… jusqu’à ce que le petit Gaspard crie tout ébahi: « Elles sont dans mon cartable! Je te jure, c’est pas moi, maîtresse! Je les ai pas prises…! » Bien sûr que non, Gaspard n’y est absolument pour rien. Il suffit pour ça de regarder le visage hostile de Samira qui n’a pas bronché.  Le soir, la maîtresse remet les lunettes en mains propres à la mère et lui explique toute l’histoire. Mais telle mère telle fille. La femme écoute sans broncher, la mine méprisante, l’air de dire  » raconte ce que tu veux, tu ne me l’as fait pas! » et puis lui arrachant les lunettes des mains, tourne les talons sans un au revoir ni un merci.

Au Paradis

Cette anecdote  remonte à une dizaine d’années, quand on pouvait encore ouvrir  les fenêtres en grand dans les classes par fortes chaleurs…C’était avant…Walter.

Walter, 9 ans, présente (lui aussi ) de sérieux problèmes de comportement.  Il lance des bordées de jurons à la cantonade  pour le plaisir de voir les mines offusquées de ses camarades. Pousse sa table et sa chaise avec fracas dans le but d’écraser tous les rangs  de devant. Quand un élève écrit au tableau, il se lève  brusquement en brandissant son crayon comme un couteau pour faire mine de le poignarder. Puis retourne  à sa place en courant. Parfois il saisit sans crier gare  le cahier d’un voisin et gribouille dessus. S’amuse à donner des coups de pieds dans les cartables, à faire tomber tous les manteaux, à shooter dans la poubelle. Les sanctions tombent les unes après les autres, ça glisse sur lui. Un jour, après une énième provocation, la maîtresse lui dit qu’ il restera  en classe avec elle pendant une partie de la récréation. Walter n’est pas d’accord, évidemment. En un bond, il se saisit alors d’une chaise, grimpe dessus  et fait mine d’ouvrir le fenêtre pour sortir par là, coûte que coûte. Or la classe est au premier étage. Les élèves crient, paniqués et la maîtresse  le rattrape un peu rudement. La mère est  convoquée dès le soir même. Elle arrive en retard, nonchalamment, en remorquant son fils goguenard. Une chaise est mise à sa disposition face à la maîtresse et au directeur. Enorme et flasque, elle s’affale dessus en la faisant craquer sous son poids. Puis elle écoute, yeux mi-clos, apathique, l’interminable liste de plaintes de la maîtresse.  Aucune réaction de sa part sauf de temps en temps une espèce de grognement difficile à interpréter… Arrive  l’épisode de la fenêtre.  Et là miracle! La voilà qui entrouvre les yeux, l’air subitement réveillée. Elle se tourne vers son fils qui n’a pas cessé de glousser en douce. Et d’une grosse voix elle s’exclame alors:  « Mais t’es pas fou  Walter? Quand on se tue, on peut plus aller au paradis!!! »

(Après cet incident, toutes les fenêtres de l’école furent réglées en sorte qu’elles ne puissent plus être qu’entrebâillées, même par fortes chaleurs. Mesure préventive oblige. )

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Du côté des maitresses par le petit bout de la lorgnette…


Comme promis, voici de nouvelles petites anecdotes en forme de clins d’oeil du côté des maîtresses par le petit bout de la lorgnette!  Où il est cette fois-ci question de logique un peu déroutante, de réflexe malencontreux et de pleins d’autres choses encore!  Bonne lecture!

 

A comme C’est dans l’Air du temps

Une classe de CE1 en visite dans un château fort. Le guide montre aux élèves différents dessins dont l’un représentant un chevalier. Il leur demande de nommer les différentes parties qu’ils reconnaissent tous assez facilement: le bouclier, l’épée… Mais quand il s’agit de désigner  l’armure, gros silence parmi les élèves. Bah alors? Pourtant, on l’a dit et redit? On en a déjà parlé, c’est bête comme tout! C’est une ar……. Une petite voix claironne alors: « C’est un gilet pare balle? »

D comme Déformation professionnelle

Parfois, en fin de journée, avec la fatigue, il arrive que la main de la maîtresse fonctionne en mode automatique. Gare alors aux impairs! Ce jour-là, quelques cahiers de correspondance attendent sur le bureau: des mots de parents à lire et auxquels il faut répondre un peu dans l’urgence. Quand soudain, dans le tas, surgit une faute d’orthographe, qui clignote comme un gyrophare : « merçie beaucoup »!  Merci avec un  ç  et un e à la fin??!!!  Ni une ni deux, la main super bien dressée réagit au quart de tour: elle attrape  le stylo rouge, barre et corrige ! Hop! Voilà! Mission accomplie ! La main est contente d’elle. Mais je vous laisse imaginer la tête de la maîtresse quand elle réalise soudain sa bévue… ainsi que sa piètre et désastreuse tentative pour rattraper (vainement) le coup avec un peu de Blanco…Aïe aïe aïe…

L comme Logique???

Des élèves de CE1 sont en train d’apprendre qu’il faut mettre un au nom quand celui-ci est au pluriel, sans oublier que le nom et son déterminant doivent être toujours accordés. Par exemple, une fleur deviendra des fleurs au pluriel. La maîtresse a bien répété, expliqué, montré. La classe assure, solennelle  : « Oui, maîtresse, on n’oubliera pas le S!!! » Et tout le monde de se mettre au travail dans son cahier. Puis vient le moment de la correction. Et là, grosse surprise pour la maîtresse: ça oui, il n’y a pas à dire, les élèves n’ont pas oublié le sacro saint S! Et chez certains, Un chat est devenu Uns chats et la poule est devenue las poules (Olé!!!)!

S comme Sacerdoce

Exceptionnellement, il arrive que le mari de la maîtresse pose une journée de RTT pour accompagner  leur enfant en sortie scolaire. ça sera sympa: juste un petit groupe d’enfants à encadrer sur des ateliers sportifs, puis une balade et un pique-nique bucolique…  Mais de retour de la (longue) sortie,  le mari de la maîtresse a perdu un peu de sa vaillance et de son enthousiasme: il avoue même avoir la tête en quatre épisodes!! Epuisé, rétamé, complètement cuit. Allongé sur le canapé. Et admiratif: comment sa femme fait-elle pour supporter un tel bruit toute la journée?!! Voilà un métier qu’il ne pourrait pas faire! Et le mari de décrire les caprices de Jordan, les colères de Louanne, Adrien qui n’en a fait qu’à sa tête, Justin qui n’écoutait aucune consigne, les disputes à gérer, le bruit et l’agitation omniprésents. Oreille compatissante de l’épouse, hummmm,  mais jubilation secrète :  hé oui… et  comme ça fait du bien à entendre…!

PS: L’occasion ici de remercier les parents qui se rendent disponibles pour accompagner les sorties car ce sont souvent les mêmes et sans eux, ce ne serait pas possible…

 

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Du côté des maîtresses, par le petit bout de la lorgnette…

Bonjour à tous! Du côté des maîtresses vues par le petit bout de la lorgnette revient cette semaine avec trois nouvelles anecdotes: et pour commencer une histoire de GROS sous! Bonne lecture et bon WE ensoleillé j’espère…

 

 

J comme Jackpot !

(Ou comment apprendre aux enfants la notion de l’argent…)

Ce matin, en classe, Jules, 7 ans annonce tout fier qu’il a perdu une dent et montre le trou dans sa bouche. Pour l’occasion, la petite souris lui a glissé 2 euros sous son oreiller. 2 euros, c’est généralement le forfait pratiqué. Aussi, lorsque vient le tour de Marc annonçant qu’il a perdu lui aussi une dent et que la petite souris, pour la peine, lui a mis un billet de 20 euros sous l’oreiller, spontanément c’est un tollé dans la classe. Mines stupéfaites,  murmures désapprobateurs, « 20 euros!!!! », la classe est littéralement ébahie, jusqu’à ce qu’un copain scandalisé lâche tout haut ce que tout le monde pense tout bas: « 20 euros, c’est trop pour la petite souris…c’est pas normal! »  C’est sûr, que ça fait cher la dent, songe la maîtresse qui en son for intérieur, ne peut s’empêcher de calculer la somme gagnée au final ! A ce rythme, c’est même carrément le jackpot ! Quant à la petite souris qui passait par là, n’en parlons pas, elle a frôlé la syncope…

O comme Orchidée

Des CM2, en classe verte dans le Vercors, au mois de mai. La majorité n’a encore jamais quitté son quartier : Paris, Porte de la Chapelle, le périphérique, les grandes tours, le béton partout. Alors autant dire que lorsque les enfants découvrent tout cet espace, grandiose, la montagne, sa flore et sa faune, c’est  une révélation. Au cours d’une randonnée,  la maîtresse explique qu’on n’a pas le droit de cueillir certaines fleurs,   surtout les orchidées, car elles sont protégées.  « Des orchidées? Comme celles qu’on trouve chez Jardiland? » « Non… pas tout à fait! » A quatre pattes dans les hautes herbes, le nez collé  sur les fleurs, les élèves écoutent les explications de la maîtresse avec attention. Il faut dire qu’ils se trouvent au milieu d’une quantité et d’une variété impressionnante d’orchidées sauvages à faire pâlir tous les botanistes. Toutes plus belles et délicates les unes que les autres. Et parmi elles, la mythique, rarissime, sublime « Sabot de Venus ».  LA PERLE RARE. Et alors que la maîtresse leur explique qu’on peut encourir une amende si on en cueille, une voix toute excitée retentit subitement dans leur dos. C’est Mohamed, qui déboule en brandissant tout fier un bouquet de fleurs :  » Maîtresse, je t’ai fait un bouquet! C’est pour toi! » Oooohhhhh Mohameeeeeed…… Ce jour-là la maîtresse faillit en tomber à la renverse. ça oui, Mohamed avait fait un magnifique bouquet… d’orchidées, dont une Sabot de Vénus…

O comme Oups

Ah, il n’y a pas à dire, parfois,  certaines répliques d’enfants valent leur pesant d’or, de par de leur spontanéité … Vendredi soir, avant de quitter l’école, Kevin est tout fier de dire à sa maîtresse qu’il va aller pêcher dimanche avec son pépé. Un événement attendu depuis longtemps. Le lundi matin, au moment de l’accueil, la maitresse lui demande donc s’il a attrapé beaucoup de poissons. « Bah en fait, j’y suis pas allé, maîtresse. Pépé avait trop bu… » Oups…

 

 

 

Silence… pour cause d’écriture.

Petite chronique "clin d'oeil"...

Ouh la la, je me rends compte que je n'ai rien écrit sur mon blog depuis le 18 avril... 
Bon, j'ai une bonne excuse, je suis en pleine écriture d'une nouvelle histoire et c'est difficile de mener tout de front! 

Concernant ce futur roman, c'est encore prématuré pour vous en dévoiler le sujet, (désolée, je suis  un peu superstitieuse!)  et il faudra donc patienter  pour en savoir plus...

Mais comme je suis quelqu'un qui croit aux signes et qui est sensible aux clins d'oeil que nous réserve parfois la vie, j'avais envie de vous faire part de ce signe troublant qui m'est arrivé récemment ... 
Ou la découverte, faite complètement par hasard, des magnifiques photographies de l'artiste russe Margarita Kareva,  mettant en scène des contes traditionnels... 
... jusqu'à ce que je tombe littéralement en arrêt sur celle-ci, envoûtante et sublime,  incarnant exactement mon personnage féminin!


Et voilà, vous saurez au moins que mon éventuel prochain roman se déroulera au Moyen Age ...

(Et bientôt, promis, de nouvelles anecdotes...)

 

 

Du côté de l’objectif

Voici une nouvelle photographie, en noir & blanc cette fois-ci, prise en contre-jour alors que le ciel menaçait, quelque part en Haute-Provence… Je l’adore pour tout ce qu’elle « raconte » et laisse imaginer. Elle pourrait presque illustrer le nouveau roman que je suis en train d’écrire. Un voyage dans le temps.

 


Vestiges émouvants

Il était une fois un village médiéval tout en haut d'une colline escarpée, placé là comme pour dominer la plaine et tutoyer le ciel. 
Dire que des familles vivaient autrefois sur ces terres arides et sauvages, isolées du reste du monde! Le monastère de Ganagobie était tout proche et le son des cloches rythmait alors les journées.
Et puis un jour, les unes après les autres, les familles sont parties vivre dans la plaine plus hospitalière. A moins que le village ne se soit éteint? C'étaient en des temps troublés, à cette époque où la peste, les famines et les guerres de religion étaient de grandes faucheuses.
Le village déserté a fini par sombrer dans l'oubli et la végétation a repris ses droits, effaçant peu à peu toute trace humaine ou presque. Ne restent que ces remparts en pierres sèches, érodés par le temps, dont la grandeur de jadis gît à ses pieds, pierres retournant à la terre.

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Une petite souris à l’école

 

C’est quand même pratique d’être une petite souris, parce qu’on est toujours aux premières loges. Cette semaine, c’était la photo de classe à l’école. L’événement ! Le jour à ne pas manquer! La grande affaire! Alors vous aussi, souriez!!! (Et bonne lecture…)

 

Photo de classe

Aujourd’hui la petite souris a bien rigolé (en douce bien sûr, comme toujours!) car c’était LE  jour de photo de classe.

L’occasion de sortir le grand jeu, attention à la métamorphose! Chemise blanche avec cravate ou noeud papillon assortis,  têtes tartinées de gel où dressées d’épis conquérants. Du côté des filles, jolies robes et  belles coiffures. Mais est-ce que tout ça résistera aux sauts de cabri et à la surexcitation générale? Pas sûr… Et puis, il y a ceux qui ont oublié qu’il y avait la photo et qui tombent des nues (hé oui, il y en a toujours) ! Erreur fatale,  la grosse déconfiture, le drame! Ils sont venus en jogging ou avec le t-shirt qui a justement une tache qui ne part pas au lavage, pas de chance, on ne voit que ça, est-ce qu’un copain pourrait prêter son pull pour cacher?!

D’abord la photo de groupe. On a de la chance, il fait beau, on la fait dehors! Rapidement, la maîtresse réajuste les tenues débraillées, coiffe les mèches rebelles, replace les barrettes. Il faudra sourire naturellement, hein? Pas de grimace, pas de posture à la Quasimodo, de doigt dans le nez au mauvais moment, ni d’oreilles de lapin dans le dos du copain…Tout le monde prend la pose, on arrête de ricaner et de regarder les voisins, on bombe le torse, mais pas trop quand même, on n’oublie pas non plus de respirer. Le banc au premier plan est bancal et fait balançoire. Mais faut plus bouger! Alors on garde  l’équilibre, coûte que coûte!

Vient ensuite les photos individuelles ou avec frère et soeur. On est déjà moins emballé. Faut dire que c’est un peu le défilé-supplice. Faut passer chacun à son tour, comme à la confesse, sauf que côté intimité et discrétion… on repassera! On se dandine, on rougit sous les regards des copains-copines hilares. Le photographe insiste: il veut de beaux sourires alors on fait ce qu’on peut: sourire édenté un peu crispé, voire légèrement carnassier, rictus grimaçant, posture toute bossue ou tordue, comment se mettre? Comment se tenir? Est-on vraiment obligé de faire la photo avec son frère et sa soeur? (parce que c’est quand même un peu la honte…) Et le photographe qui dit: « on garde les yeux ouverts, on me fait un beau sourire, je veux voir TOUTES vos dents! » Alors, ça se met à loucher avec ferveur, un sourire figé plaqué aux lèvres, du 100% naturel digne d’une publicité pour dentifrice! C’est tellement drôle, la petite souris n’en peut plus de se retenir! Elle se dit que pour certains, c’est impossible, les parents ne reconnaitront pas leurs rejetons!

(Finalement, la classe s’est trouvée beaucoup plus ressemblante sur cette « photo-ci » où chacun s’est représenté tel qu’il était vraiment, au naturel, au quotidien, quoi….)

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